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# Commentaire de l'équipe Gestion - août 2026
- URL: https://blog.yomoni.fr/commentaire-de-lequipe-gestion-aout-2026/
- Published: 2026-09-23T14:44:58.000Z
- Updated: 2026-09-23T14:44:58.000Z
- Author: Equipe Gestion
- Tags: Actualités économiques, Culture et Économie

*“Rien n’est moins spectaculaire qu’un fléau et, par leur durée même, les grands malheurs sont monotones” (Albert Camus)*  
  
Depuis le déclenchement du conflit en Iran en février, le consensus est clair : il est crucial que les prix de l'énergie ne s'installent pas durablement sur des niveaux élevés. Or, plus de six mois après le début des hostilités, les phases d'accalmie et de reprise ne cessent de se succéder sans qu'aucune issue durable ne se dessine. Et pourtant, les marchés actions semblent s'être habitués à la situation, alors même que l'inflation reste durablement élevée. Dans La Peste, Albert Camus écrivait que « rien n'est moins spectaculaire qu'un fléau et, par leur durée même, les grands malheurs sont monotones ». Si le déclenchement d'un conflit est spectaculaire, sa durée finit par en banaliser les effets, et il semblerait que les investisseurs se soient effectivement accommodés de cette nouvelle réalité.

Aux États-Unis, pas de surprise sur le front de l'inflation et de la croissance. Le core PCE et le PCE total ressortent tous deux stables à respectivement 3,3 % et 3,7 %, soit bien au-dessus des objectifs des banquiers centraux. De même, la deuxième estimation de la croissance confirme une progression de 1,5 % en rythme annualisé contre 2,1 % au premier trimestre. Pas de surprise non plus sur l'inflation en zone euro, dont la publication définitive confirme un passage de 2,8 % en juin à 2,9 % en juillet et une inflation sous-jacente qui progresse de 2,4 % à 2,5 %.

Du côté des banques centrales, il n'existait, en août, plus réellement de doute sur le fait que la BCE relèvera ses taux en septembre. L'événement particulièrement attendu était le symposium de Jackson Hole, qui réunit chaque année les banquiers centraux. Kevin Warsh était au centre de l'attention : c'était son premier Jackson Hole en tant que président de la Fed. Warsh a ainsi déclaré que l'inflation restait trop élevée et a suggéré que la banque centrale pourrait devoir relever ses taux dans les mois à venir. Les probabilités de hausse des taux dès septembre ont augmenté dans la foulée.

Dans ce contexte, les actions internationales ont affiché une performance solide de +1,8 % en euros (+2,7 % en devises locales). Les actions japonaises progressent de +2,6 % en euros, suivies par les actions émergentes (+2,5 %). Les actions américaines affichent une performance en ligne avec l'indice mondial (+1,8 %) tandis que les actions de la zone euro ne gagnent que +0,9 % sur le mois.  
Côté obligataire, les obligations mondiales parviennent à afficher une performance proche de zéro, les taux étant restés élevés aux États-Unis et ayant monté en zone euro.  

**Positionnement :**

Les tensions s'accumulent sur les marchés, et c'est la situation sur les taux d'intérêt qui paraît la plus préoccupante. Nous atteignons des niveaux de taux longs qui pourraient provoquer un mouvement auto-entretenu de hausse et contraindre les banques centrales à intervenir pour soulager la situation.

Dans ce contexte, nous avons décidé la semaine dernière, avant la réunion de la banque centrale américaine, de maintenir notre positionnement très légèrement prudent. Ainsi, dans notre profil P6 équilibré, investi en moyenne à 50 % en ETF actions et à 50 % en ETF obligataires, la position sur les actions reste limitée à 47,5 % et par conséquent à 52,5 % sur les produits liés aux taux d'intérêt.

Concernant le positionnement actions, nous maintenons notre surpondération aux actions américaines et notre sous-pondération aux actions de la zone euro. L'incertitude sur l'issue du conflit en Iran et le détroit d'Ormuz semble en effet grandir. La fermeture de l'oléoduc Est-Ouest, qui transportait quotidiennement environ 5 % de la production mondiale de pétrole, a fait suite à des attaques de drones lancés depuis le territoire irakien, non revendiquées à ce stade. Les Houthis ont par ailleurs pris le contrôle de l'île de Perim, à l'entrée du détroit de Bab el-Mandeb, menaçant ainsi un second point de passage stratégique. La zone euro reste plus fragile face à un conflit qui dure, notamment en raison des prix de l'énergie et du gaz.

Dans les profils non-ESG, nous conservons notre surexposition aux valeurs de la santé, qui apporte de la diversification à notre poche actions. Nous ajoutons de plus une légère surexposition aux valeurs liées au secteur de l'énergie. Cette position a pour but d'agir en protection supplémentaire dans le cas où la situation se dégraderait davantage. En raison de la plus forte volatilité de ces actions dans le contexte actuel, cette surexposition ne représente que la moitié de celle sur le secteur de la santé.

Enfin, sur la partie obligataire de nos profils diversifiés, nous avons réduit de moitié notre pari tactique sur les obligations souveraines de la zone euro et remplacé celle-ci pour moitié par des obligations mondiales et pour l'autre moitié par des obligations à taux variable, afin de réduire la duration du portefeuille. Nous continuons de penser qu'il est pertinent de détenir davantage de duration sur la zone qui nous paraît la plus fragile économiquement, mais nous préférons réduire l'exposition aux obligations françaises alors que les discussions budgétaires vont s'intensifier et que le spread de la France vis-à-vis de l'Allemagne vient de dépasser 1 %.

La décision unanime de la Fed de relever ses taux directeurs de 25 points de base la semaine dernière nous conforte dans notre analyse : Kevin Warsh entend préserver la crédibilité de la banque centrale dans sa lutte contre l'inflation. Au-delà de la politique monétaire, nous continuons de penser que dans le cas où les taux longs continueraient de monter de manière excessive, le président de la Fed et le secrétaire au Trésor Scott Bessent utiliseraient tous les moyens à leur disposition afin de maintenir la soutenabilité de la dette américaine.