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# Commentaire de l'équipe Gestion - septembre 2026
- URL: https://blog.yomoni.fr/commentaire-de-lequipe-gestion-septembre-2026/
- Published: 2026-10-15T13:26:12.000Z
- Updated: 2026-10-15T13:26:12.000Z
- Author: Equipe Gestion
- Tags: Actualités économiques, Culture et Économie

> “La répétition fait la réputation” (Marcel Bleustein Blanchet - Fondateur de Publicis)

En Bourse, le mois de septembre a une très mauvaise réputation. Depuis 1950, le S&P 500 a perdu 0,7 % en moyenne en septembre. C’est le pire mois de l’année et l’indice n’a fini en hausse que 44 % du temps, le taux le plus bas de tous les mois. Comme le disait Marcel Bleustein-Blanchet, « la répétition fait la réputation ». Mais, cette année, la déception est venue non pas du côté des actions, mais du côté des obligations. On a en effet observé une flambée globale des rendements, alimentée notamment par l’inflation persistante, la bonne tenue de la croissance mondiale et les fortes émissions de dettes obligataires dans le domaine de l’intelligence artificielle. Les taux 10 ans américains sont ainsi passés sur le mois de 4,76 % à 5,29 %, les taux 10 ans allemands de 3,32 % à 3,58 % et le spread OAT-Bund, mesurant le risque spécifique français, a atteint 1,3 %.

Aux États-Unis, tout va bien du côté de l’emploi. Les créations de postes, attendues à 55 000, s’établissent finalement à 162 000, et le chiffre de juillet a été révisé d’une destruction de 23 000 postes à une création de 21 000\. L’inflation s’est établie conformément aux attentes à 3,4 % en rythme annuel et 2,4 % pour l’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie). En zone l’estimation de la croissance au deuxième trimestre a été révisée en hausse à 0,6 % contre 0,4 % précédemment. De plus, l’inflation d’août a de son côté été révisée à la baisse à 3,2 % contre 3,3 %, de même que l’inflation sous-jacente à 2,4 % contre 2,5 % en juillet.

Du côté des banques centrales, comme anticipé, la Fed et la BCE ont toutes deux relevé leurs taux directeurs de 0,25 %. Pourtant, la situation économique des deux zones reste très différente. Aux États-Unis, la vigueur du marché de l’emploi avait retiré le dernier argument pouvant militer pour la patience, sachant que la banque centrale elle-même ne voit l’inflation revenir à sa cible de 2 % qu’en 2029\. En zone euro, plus impactée par la hausse des prix de l’énergie, les hausses de taux sont justifiées par la volonté d’éviter les fameux « effets de second tour » qui, pour l’instant, ne se matérialisent pas.  
  
Dans ce contexte, les actions internationales ont de nouveau affiché une performance positive de +1,3 % en euros (-1,1 % en devises locales). Les actions japonaises progressent de +4 % en euros, suivies par les actions américaines (+2 %) et les actions émergentes (+1,8 %). En revanche, les actions de la zone euro reculent de -1,9 %. Côté obligataire, la hausse des taux longs pèse sur les obligations mondiales, en repli de -1,8 %.  

**Positionnement :**

Nous avons maintenu nos positions inchangées en conservant, dans nos profils diversifiés, un positionnement très légèrement prudent. Ainsi, dans notre profil P6 équilibré, investi en moyenne à 50 % en ETF actions et à 50 % en ETF obligataires, la position sur les actions reste limitée à 47,5 % et par conséquent à 52,5 % sur les produits liés aux taux d’intérêt.

Concernant le positionnement actions, nous avons maintenu notre surpondération aux actions américaines et notre sous-pondération aux actions de la zone euro, ce qui a été bénéfique sur le mois de septembre.

Dans les profils non-ESG, nous conservons notre surexposition aux valeurs de la santé, qui apporte de la diversification à notre poche actions, ainsi que notre légère surexposition au secteur de l’énergie. Ces deux secteurs ont évolué positivement au cours du mois, mais un peu moins que les indices mondiaux, encore une fois tirés par les valeurs technologiques. Ces deux positions, santé et énergie, ont vocation à protéger le portefeuille : la première offre un profil plus défensif en termes de valorisation, la seconde vise à compenser en partie l’impact d’un éventuel nouveau blocage des approvisionnements au Moyen-Orient, scénario que nous ne pouvons malheureusement toujours pas totalement exclure.

Enfin, sur la partie obligataire de nos profils diversifiés, nous continuons de penser qu’il est pertinent de détenir davantage de duration que les indices de référence dans la zone euro, plus fragile économiquement, même si nous restons relativement prudents sur la France. Les taux semblent marquer une pause et il en est de même pour le spread (écart de taux sur les emprunts) de la France vis-à-vis de l’Allemagne.

Les niveaux de taux longs, notamment aux États-Unis, deviennent relativement intéressants, d’autant plus dans un climat où le marché actions est en passe d’afficher une quatrième année consécutive de performance supérieure à 10 %. Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel et, l’espérance de rendement moyen des actions étant historiquement inférieure aux performances de ces dernières années, des investisseurs pourraient basculer une partie de leurs placements en obligations, ce qui contribuerait à soulager la tension sur les taux d’intérêt.

Concernant le cas français, le risque spécifique devrait difficilement s’alléger alors que les discussions budgétaires ne font que débuter et que la campagne présidentielle va progressivement monter en puissance. Néanmoins, nous sommes à des niveaux de spread techniques sur lesquels les assureurs et les banques françaises devraient être plus enclins à augmenter leur détention, disposant de temps longs et la France étant loin d’une situation de difficulté de paiement.

Notre prochain mouvement pourrait nous conduire à remonter le niveau de risque. Nous entrons de plain-pied dans la période de résultats trimestriels et l’attention des investisseurs pourrait s’éloigner des sujets géopolitiques et macroéconomiques pour se concentrer sur la microéconomie. Les entreprises ont surpris positivement au deuxième trimestre, tant par leurs résultats, malgré l’incertitude et l’inflation énergétique, que par leurs perspectives.