“Appliquez vous à garder en toute chose le juste milieu” Confucius
Il est d’usage d’attendre un rally de fin d’année en décembre.
Cette année, l’environnement semblait favorable, notamment avec une Fed plus accommodante. Et pourtant, les marchés ont finalement évolué dans un registre d’équilibre avec des données macroéconomiques solides contrebalancées par des signaux de banques centrales plus incertains. Dans ce contexte, les marchés ont visiblement suivi le conseil de Confucius : « Appliquez-vous à garder en toute chose le juste milieu. »
Aux États-Unis, le chiffre prévisionnel du PIB au troisième trimestre surprend nettement à la hausse, avec une croissance de 4,3 % contre 3,3 % attendu et 3,8 % au deuxième trimestre, tirée par une consommation robuste. Cela intervient pourtant toujours dans un contexte de confiance des ménages toujours dégradée, comme en témoigne l’indice du Conference Board, publié à 89,1. En zone euro, l’inflation de novembre surprend légèrement à la hausse mais demeure contenue et proche de la cible, tandis que la croissance se maintient à 1,4 % après 1,5 % au deuxième trimestre.
Du côté des banques centrales, l’ambiance est plus contrastée. La Fed a de nouveau abaissé ses taux de 0,25 %, mais cette décision est loin d’avoir fait l’unanimité : trois des douze votants s’y sont opposés. Une telle absence de consensus est rare et interroge sur la trajectoire monétaire pour 2026. Si la BCE, comme prévu, a opté pour le statu quo, la Banque du Japon a relevé ses taux directeurs de 0,25 % à 0,75 %, une décision présentée comme un tournant historique. Cette hausse, qui a eu tendance à pousser les taux longs japonais à la hausse, était largement anticipée et n’a pas provoqué de tension majeure sur les marchés, mais elle continue d’alimenter les interrogations.
Au final, les marchés actions internationaux terminent le mois à l’équilibre : −0,08 % en euros (+1,1 % en devises locales), le dollar cédant 1,3 % sur le mois et portant son repli face à l’euro à 13,4 % sur l’année. Les actions de la zone euro progressent de 2,7 %, tandis que les marchés émergents s’adjugent 1,8 % en euros. Les actions japonaises reculent de −0,5 %, et les actions américaines de −1,1 % en euros. Les taux d’intérêt ont légèrement augmenté sur la période, ce qui a pesé sur les obligations. Du côté des matières premières, l’or progresse d’environ +4 %, tandis que le pétrole recule de −3,7 %.
Concernant nos allocations, nous sommes restés constructifs pour cette fin d’année et avons abordé le début de l’année dans la même tonalité. Notre profil équilibré (P6) reste ainsi légèrement surpondéré en actions, avec une allocation cible de 55 % en actions et 45 % en obligations.
Sur la poche actions, nous avons maintenu notre légère sous-pondération des expositions européennes au profit des autres zones, en particulier des actions américaines. Nous conservons également notre biais baissier sur le dollar et maintenons une couverture de change portée à 55 %, soit 5 points au-dessus d’une position neutre à 50 %.
Nous conservons enfin notre sur-exposition aux valeurs mondiales de la santé, un segment longtemps délaissé, moins exigeant en valorisation, et qui contribue à améliorer la diversification du portefeuille.
Sur la poche obligataire, nous restons confiants dans notre positionnement : une légère réduction de la duration et une préférence pour les obligations d’entreprises de maturité courte en USD, couvertes contre le risque de change. Ce choix reste cohérent avec notre scénario d’assouplissement monétaire outre-Atlantique. Par ailleurs, la Cour suprême n’a toujours pas tranché sur la légalité des hausses de droits de douane décidées par Donald Trump. Si elle s’y opposait finalement, cela pourrait modifier les anticipations de politique économique et, potentiellement, exercer une pression à la hausse sur les taux longs.
