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Perspectives & actualités : 12 au 16 janvier 2026

Perspectives & actualités : 12 au 16 janvier 2026

Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?

Source : @Bloombeg LP

Donald Trump souhaite jeter un froid arctique sur l’Europe

  • Samedi, Donald Trump a accentué la pression dans son combat pour acquérir le Groenland. 
  • Il a ainsi annoncé l’application de nouveaux droits de douane de 10 % à partir du 1er février sur le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande, soit les huit pays ayant envoyé des militaires au Groenland. Il prévoit en outre de porter ces droits à 25 % le 1er juin si aucun accord sur l’acquisition du Groenland n’est trouvé. Ces mesures s’ajouteraient aux 15 % de droits de douane acceptés par les européens (mais non encore ratifiés) sur leurs exportations vers les États-Unis, ainsi qu’aux 10 % qui s’appliquent déjà au Royaume-Uni.
  • On notera que le président américain se laisse une fenêtre de négociation, avec près de deux semaines avant la première hausse. La menace rappelle le « Liberation Day » de l’an dernier, mais avec une subtilité : elle cible désormais des États spécifiques, et non plus le marché unique dans son ensemble.
  • Pour mettre en œuvre ces droits, la Maison-Blanche pourrait de nouveau tenter de recourir à l’International Emergency Economic Powers Act, alors même que l’avis de la Cour suprême sur le précédent train de tarifs se fait attendre. À défaut, l’administration pourrait actionner la section 122, mais celle-ci limite les droits à 15 % pendant 150 jours, et vise surtout les déficits graves de balance des paiements — un cas de figure peu adapté ici.
  • Dans ce dossier groenlandais on peut néanmoins percevoir un changement de registre de la part du Président américain : la rhétorique insiste davantage désormais sur une logique transactionnelle et de pression économique, l’achat étant présenté comme l’issue « naturelle » d’un rapport de force. Il semble désormais moins être question d’une menace militaire, même si la communication laisse volontairement planer l’ambiguïté sur l’éventail des options,.

Quels impacts à prévoir pour les marchés financiers ?

  • Les marchés américains sont fermés ce lundi 19 janvier pour le Martin Luther King Day ; la tendance se lira surtout à partir de mardi. L’élément clé sera la réaction européenne. À ce stade, les capitales paraissent soudées et pourraient mobiliser l’instrument anti-coercition, qui autorise une palette de représailles (exclusion d’appels d’offres publics, restrictions d’investissements, amendes sectorielles, notamment sur le numérique). L’Europe pourrait également envisager d’agir via la fiscalité des services numériques ou, plus sensible, via la gestion de ses réserves en bons du Trésor américain.
  • Les entreprises les plus exposées seraient celles qui exportent le plus vers les États-Unis. Pour mémoire, la structure des exportations françaises vers les États-Unis reste concentrée : l’aéronautique et le spatial dominent (~20 %), devant le luxe (~16%), puis un noyau agro-alimentaire/boissons (~10%) et santé/pharmacie (~9%).
    Machines et équipements, chimie/plastiques forment deux blocs comparables, complétés par l’électrique/électronique et les instruments de précision, les transports hors aéronautique et les métaux.
  • À court terme, le point de vigilance sera peut-être moins les actions que le dollar et les taux longs américains. L’an passé, l’envolée du 10 ans avait favorisé une pause et l’ouverture de discussions. 

Reste une question : y a-t-il réellement matière à négocier ?

Macroéconomie 🔎

  • Aux États-Unis, l’inflation globale est restée stable en décembre à 2,7 %, comme prévu. L’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) est elle aussi stable à 2,6 %, alors qu’un léger rebond à 2,7 % était attendu.
  • Les prix à la production progressent un peu plus qu’escompté en novembre (+3,0 % contre +2,7 % attendu).
  • Les ventes au détail de décembre accélèrent de +0,6 % (attendu +0,5 %).
    L’indice manufacturier de la Fed de Philadelphie rebondit fortement, de –8,8 à +12,6 (consensus –1,6).
  • Les estimations GDPNow de la Fed d’Atlanta pointent désormais vers une croissance annualisée de 5,3 % au quatrième trimestre, suggérant une accélération de la croissance de fin d’année.
  • La production industrielle progresse, quant à elle, de près de 2 % en glissement annuel.
    Côté immobilier, les ventes de logements neufs ont été révisées et publiées avec rattrapage lié au shutdown : 738 000 en septembre puis 737 000 en octobre, après 711 000 en août — un plateau élevé malgré un poids relatif limité dans l’ensemble des transactions.
  • Au Royaume-Uni, la croissance accélère à 1,4 % (1,1 % attendu). La production manufacturière surprend positivement à +2,1 % (est. +0,4 %).
  • En zone euro, l’indice des prix à la consommation français progresse de +0,1 % sur le mois ; l’inflation ressort à 2,9 % en Espagne et 1,8 % en Allemagne.
    La production industrielle de la zone euro augmente de 2,5 % contre 2,0 % attendu, tandis que l’excédent commercial recule nettement passant de 17,9 Milliards d’euros à 9,9 Milliards.
  • En Chine, l’excédent commercial se maintient à 114,1 Milliards de dollars contre 111,68 Milliards en novembre.
    Les exportations et importations ressortent au-dessus des attentes (+6,6 % et +5,7 % en g.a.). La baisse des flux vers les États-Unis est compensée par l’Afrique, l’Amérique latine et l’Europe.

Résultats d’entreprises

  • La saison a démarré avec les banques américaines. Globalement, JPMorgan, Bank of New York Mellon, Bank of America, Morgan Stanley, BlackRock et State Street ont dépassé les attentes (à la fois en termes de chiffre d’affaires et de bénéfices par actions. Wells Fargo, Citigroup et Goldman Sachs, quant à eux, ont déçu sur le chiffre d’affaires mais fait mieux sur les bénéfices. 
  • La réaction boursière est restée en revanche plutôt contrastée, la séquence politique ayant pénalisé les établissements très exposés au crédit carte, Donald Trump évoquant un plafonnement temporaire à 10 % des taux de carte de crédit. Les acteurs davantage orientés marchés ou conservation comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, ou State Street et BlackRock, sans exposition directe au crédit carte, ont mieux profité de la séquence.
  • TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing) a publié un chiffre d’affaires et un bénéfice par actions supérieurs aux attentes ; le bénéfice du quatrième trimestre progresse de 35 % sur un an. Premier producteur mondial de puces d’IA avancées, le groupe envoie ainsi un signal favorable aux géants technologiques.

Banques centrales 💰

  • Aux États-Unis, des procureurs ont ouvert une enquête visant Jerome Powell sur les coûts de rénovation du siège de la Fed ; le président de la banque centrale a dénoncé une pression portant atteinte à l’indépendance de l’institution. L’agence de notation Fitch a rappelé qu’une politisation complète d’une banque centrale serait négative pour la note souveraine.
  • Le Beige Book fait état d’une amélioration globale de l’activité, tirée par la consommation des ménages aisés. L’emploi demeure globalement stable, avec moins de nouvelles offres ; les entreprises se concentrent sur les postes vacants. Les stocks s’érodent et les premiers effets tarifaires se diffusent via des hausses de prix pour préserver les marges.
  • La BCE, dans son bulletin économique, décrit une croissance modérée, davantage portée par les services, l’industrie et la construction restant faibles. Malgré un léger apaisement des frictions commerciales (c’était avant ce week-end !), l’environnement international demeure instable avec des risques sur les chaînes d’approvisionnement, les exportations, la confiance et le coût du financement.
    À l’inverse, la montée des dépenses de défense et d’infrastructures, ainsi que des réformes pro-productivité, pourraient soutenir plus fortement l’activité si la confiance s’améliore.

Performances 📊

  • En euros, les actions internationales ralentissent mais restent orientées positivement (+0,7 % ; +0,4 % en devises locales). Les actions japonaises poursuivent leur bon début d’année (+4,6 % en euros), devant les émergents (+2,6 %). La zone euro progresse de +0,6 %, tandis que les actions américaines cèdent légèrement (–0,05 % en euros). Par secteurs mondiaux, l’immobilier avance de +3,8 %, l’énergie de +3,4 % et l’industrie de +3,0 %. Les moins bien orientés sont la santé (–0,6 %), les télécommunications (–1,1 %) et la consommation discrétionnaire (–1,6 %).
  • Sur les marchés obligataires, on peut noter une légère tension aux États-Unis : le 10 ans passe de 4,17 % à 4,23 %. En Allemagne, le Bund 10 ans est quasi stable (2,83 % → 2,84 %), le CMS 10 ans recule de 2,88 % à 2,86 %. Le spread OAT–Bund reste contenu, sous 70 pb (69 pb). Côté matières premières, le pétrole gagne +1,25 % et l’or +2,0 %. Sur le FX, le dollar se raffermit un peu, l’euro passant de 1,1638 à 1,1599.

À suivre cette semaine 💡

  • Aux États-Unis, nous connaitrons la seconde estimation du PIB au troisième trimestre, attendue à 4,3 % et le core PCE de novembre attendu en repli à 2,7,  donneront le ton sur le couple croissance/inflation. Le marché suivra aussi l’indice du Michigan (confiance et anticipations d’inflation), ainsi que les PMI préliminaires (manufacturier, services, composite) — attendus en amélioration de part et d’autre de l’Atlantique.
  • En zone euro, inflation de décembre attendue à 2,0 % (core 2,3 %), indice ZEW, et la publication du compte rendu de politique monétaire de la BCE.
  • Au Royaume-Uni, nous aurons les chiffres du chômage, de l’inflation et des ventes au détail. 
  • Au Japon, la semaine sera également très importante avec les chiffres d’inflation et la décision de la Banque du Japon, même si le statu quo est anticipé. 
  • En Chine, le panorama sera également très complet avec la croissance, la production industrielle, les ventes au détail et la décision sur les taux préférentiels, attendus stables.
  • Enfin, côté micro-économie, la saison des résultats se poursuit avec notamment Netflix mardi, puis LVMH et Intel jeudi.

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