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Perspectives & actualités : 19 au 23 janvier 2026

Perspectives & actualités : 19 au 23 janvier 2026

Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?

Source : @Bloombeg LP

Macroéconomie 🔎

  • Aux États-Unis, la dynamique de croissance reste impressionnante. La progression du PIB du troisième trimestre a été confirmée à 4,4% en rythme annualisé, après 3,8% au deuxième trimestre, et le nowcast GDPNow de la Fed d’Atlanta pour le quatrième trimestre a été relevé à 5,4%. Dans ce contexte, l’attention se porte autant sur les “données dures” que sur les enquêtes : l’inflation mesurée par le core PCE, publiée en rattrapage après les retards liés au shutdown, a glissé de 2,8% en septembre à 2,7% en octobre, avant de revenir à 2,8% en novembre. Côté conjoncture, le flash PMI composite de S&P Global se redresse marginalement, porté par un léger mieux du manufacturier, tandis que les services surprennent surtout par leur stabilité. Enfin, le moral des ménages se redresse nettement : l’indice de confiance du Michigan remonte en janvier et les anticipations d’inflation à un an reculent, signe que la désinflation reste crédible aux yeux des ménages, même si l’horizon à cinq ans se tend légèrement.
  • En Europe, la photographie est plus contrastée. En Allemagne, l’indice ZEW du sentiment économique surprend fortement à la hausse, et les PMI flash confirment une amélioration de l’activité, avec une accélération des composantes manufacturière et services. La France, en revanche, repasse en zone de contraction : le PMI composite recule nettement, sous l’effet d’un repli marqué des services, ce qui illustre une divergence intra-européenne qui pourrait redevenir structurante si elle se prolonge.
  • Au Royaume-Uni, l’inflation remonte plus qu’attendu à 3,4% sur un an, tandis que l’inflation sous-jacente reste stable à 3,2%. Le marché du travail donne peu de signaux directionnels à court terme avec un chômage inchangé, alors que la croissance des salaires ralentit légèrement. Les ventes au détail de décembre rebondissent, ce qui suggère une consommation plus résiliente que prévu en fin d’année.
  • En Asie, le Japon enregistre un repli sensible de l’inflation en décembre qui passe de 2,9% en novembre à 2,1%. 
  • La Chine publie une croissance 2025 conforme à la cible officielle de 5%. Le chômage y reste stable, mais la progression des ventes au détail ralentit davantage que prévu, rappelant que la demande intérieure demeure un point de vigilance. Enfin, les taux de référence (taux préférentiels à un an et à cinq ans) sont restés inchangés.

Résultats d’entreprises

  • Du côté des publications, la réaction de marché a de nouveau illustré une règle simple : dans un environnement de valorisations exigeantes, “faire les attentes” ne suffit plus, et la guidance, les perspectives, devient déterminante. Ainsi, Netflix et Intel ont délivré des résultats globalement en ligne ou supérieurs au consensus, mais les perspectives et les commentaires sur la visibilité, les marges et les contraintes opérationnelles ont pesé sur la performance boursière.

Banques centrales 💰

  • Les minutes de la BCE suggèrent que le Conseil des gouverneurs pourrait faire preuve de patience. Cette posture ne doit pas être interprétée comme une hésitation à agir, mais plutôt comme la conséquence d’un contexte où l’inflation est revenue vers la cible et où les projections indiquent qu’elle devrait rester proche de ce niveau pendant plusieurs années, ce qui place la banque centrale dans une position relativement confortable au regard de son objectif principal. Jeudi matin, l’institution a publié ses priorités de supervision bancaire pour 2026 à 2028. L’accent est mis sur les risques géopolitiques et, alors que l’an dernier les exercices de résistance mettaient surtout l’accent sur l’impact des droits de douane, la BCE demande désormais aux banques d’identifier des événements géopolitiques susceptibles d’entraîner une dégradation d’environ trois points de pourcentage de leurs ratios de fonds propres.
  • Aux États-Unis, la Cour suprême s’interroge sur la légalité de la révocation, par Donald Trump, de Lisa Cook, membre du Conseil des gouverneurs de la Fed, au motif qu’elle aurait contracté un emprunt pour l’achat d’une résidence secondaire en la déclarant comme résidence principale. La Cour a été saisie en procédure d’urgence par l’administration et une décision est attendue d’ici juin. Jerome Powell a assisté à l’audience, ce qui lui a été reproché par Scott Bessent, secrétaire d’État au Trésor, qui l’accuse de politiser la banque centrale. La Fed se réunit cette semaine dans un contexte où la question de l’indépendance de l’institution revient au premier plan.
  • Comme attendu, la Banque du Japon a maintenu ses taux d’intérêt inchangés à 0,75%. Elle a également revu à la hausse ses prévisions de croissance et d’inflation. Après avoir relevé ses taux lors de la réunion précédente, elle se trouve désormais dans une phase d’observation des effets de ce resserrement. À l’approche des élections, dans un climat de hausse des dépenses publiques, les taux longs ont tendance à monter, mais il paraît difficile pour la banque centrale d’agir de manière proactive dans ce contexte. Le point clé à surveiller reste la faiblesse du yen : si celui-ci devait encore se déprécier, l’autorité monétaire pourrait vraisemblablement intervenir, potentiellement en se limitant à une action sur le marché des changes.

Performances 📊

  • En euros, les actions internationales reculent de 1,7% sur la semaine, un mouvement amplifié par l’appréciation de l’euro : en devises locales, la baisse est quasi nulle (-0,06%). L’épisode des menaces de nouveaux droits de douane autour du Groenland a, une nouvelle fois, rappelé que le dollar n’offre plus systématiquement le rôle de valeur refuge, puisqu’il se déprécie d’environ 2% face à l’euro dans un contexte d’incertitude marqué. Les actions émergentes résistent relativement bien en euros, avec une baisse limitée à 0,6%, tandis que les actions de la zone euro reculent de 1,2%. Les actions japonaises perdent 1,5% en euros et les actions américaines affichent la plus forte baisse, à -2% en euros, essentiellement du fait de la devise, le recul se limitant à -0,4% en dollars. Sur le plan sectoriel, les plus fortes baisses de la semaine concernent l’industrie (-2,6%), les financières (-3,3%) et l’immobilier (-3,5%).
  • Sur les marchés obligataires, les taux longs américains ont légèrement progressé, le 10 ans passant de 4,23% à 4,24%, après un pic à 4,31% en cours de semaine. En Allemagne, la hausse est plus marquée : le Bund 10 ans passe de 2,84% à 2,90%, tandis que le CMS 10 ans progresse de 7 points de base, de 2,86% à 2,93%. Enfin, la censure ayant été évitée, la France devrait se doter d’un budget ; dans ce contexte, le spread OAT–Bund se resserre nettement et repasse sous la barre des 60 points de base.
  • Côté matières premières, le pétrole termine la semaine en hausse  de 2,7% dans un contexte toujours dominé par les tensions géopolitiques. L’or, en revanche, s’envole de plus de 8% sur la semaine portant sa performance depuis le début de l’année autour de 13%.
  • Sur le marché des changes, le dollar recule nettement face à l’euro : l’EUR/USD passe de 1,1599 à 1,1828 sur la semaine, se rapprochant de la zone des plus hauts observés mi-septembre 2025 (autour de 1,19), des niveaux qui n’avaient plus été atteints depuis 2021.

À suivre cette semaine 💡

  • Aux États-Unis, l’attention se concentrera sur la réunion de politique monétaire de la Fed les mardi 27 et mercredi 28 janvier, avec un communiqué attendu mercredi et une conférence de presse dans la foulée. Le scénario central reste celui d’un statu quo, mais le ton du communiqué, la lecture du Comité sur l’inflation et l’activité, ainsi que les indications de trajectoire seront particulièrement scrutés.
  • Nous suivrons également plusieurs statistiques clés : les chiffres avancés des commandes de biens durables dès lundi, puis l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board mardi. Jeudi, la balance commerciale américaine de novembre sera publiée ; le consensus anticipe un déficit autour de 44,5 Md$ après 29,4 Md$ en octobre. Le même jour, les commandes à l’industrie de novembre seront également à l’agenda. Enfin, la prévision de croissance GDPNow de la Fed d’Atlanta évoluera au fil des publications macro de la semaine.
  • En Europe, le calendrier est plus léger, mais nous serons attentifs à l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne lundi.
  • Enfin, en fin de semaine, le Japon publiera l’indice des prix à la consommation de janvier ainsi qu’un ensemble de statistiques de fin de mois portant sur décembre (taux de chômage, production industrielle préliminaire et ventes au détail).
  • Côté résultats, nous serons particulièrement attentifs à LVMH et Boeing mardi, puis à Microsoft, Meta, Tesla et ASML mercredi, avant Apple jeudi.

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