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Perspectives & actualités : 9 au 13 mars 2026

Perspectives & actualités : 9 au 13 mars 2026

Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?

Source : @Bloombeg LP

Macroéconomie 🔎

  • Aux Etats-Unis, pas de surprise du côté de l'inflation. L'indice des prix à la consommation (CPI) de février s'inscrit à 2,4% en rythme annuel, parfaitement en ligne avec les attentes. L'inflation sous-jacente (core CPI) reste elle aussi stable, à 2,5%. Des chiffres qui confirment une inflation certes contenue, mais durablement installée au-dessus de la cible de 2% de la Réserve fédérale.
  • Le core PCE, la mesure d'inflation privilégiée par la Fed, s'établit à 3,1% en glissement annuel pour le mois de janvier, comme attendu, en légère accélération par rapport aux 3,0% de décembre. Un niveau qui reste nettement au-dessus de la cible de 2% de la Réserve fédérale.
  • En revanche, la deuxième estimation de la croissance du quatrième trimestre 2025 réserve une mauvaise surprise : le PIB est révisé en nette baisse, passant de 1,4% à seulement 0,7% en rythme annualisé, soit une division par deux. Les révisions à la baisse portent notamment sur les exportations, la consommation et les dépenses publiques.
  • Du côté du marché de l'emploi, le rapport JOLTS de janvier envoie un signal plus encourageant. Les nouvelles offres d'emploi progressent de 6,55 à 6,946 millions, dépassant les 6,76 millions attendus par le consensus. Un rebond bienvenu après un point bas de cinq ans atteint en décembre.
  • L'enquête préliminaire de l'Université du Michigan pour le mois de mars montre un indice de confiance des consommateurs en léger recul, passant de 56,6 en février à 55,5, un chiffre toutefois supérieur aux 55 attendus. Le détail est révélateur : les réponses collectées avant le déclenchement du conflit en Iran affichaient une amélioration, entièrement effacée par celles recueillies après le 28 février. Les anticipations d'inflation à un an se stabilisent à 3,4%, marquant la fin de six mois de repli consécutif. Les anticipations à cinq ans reculent légèrement à 3,2% contre 3,3% le mois précédent.
  • Bonne nouvelle sur le front du commerce extérieur : le déficit de la balance commerciale se réduit bien plus que prévu, passant de 72,9 milliards de dollars en décembre à 54,5 milliards en janvier, contre 66,6 milliards attendus. Les exportations bondissent de 5,5% pour atteindre un record historique à 302 milliards de dollars, tirées par l'or, les métaux précieux et le matériel informatique.
  • Les données immobilières sont en revanche contrastées. Les permis de construire reculent à 1,376 million contre 1,42 million attendu et 1,455 million en décembre. À l'inverse, les mises en chantier rebondissent à 1,487 million contre 1,34 million attendu, un signal de résilience du secteur de la construction.
  • Enfin, l'estimation du GDPNow de la Fed d'Atlanta pour le premier trimestre remonte nettement, passant de 2,1% à 2,7%, portée par la forte réduction du déficit commercial.
  • En Allemagne, les indicateurs industriels de janvier déçoivent lourdement. Les commandes à l'industrie s'effondrent de -11,1% sur le mois, très loin de la contraction de -4,2% attendue par le consensus, après un mois de décembre exceptionnellement fort (+6,4% révisé). La production industrielle recule quant à elle de -0,5% alors que les économistes tablaient sur une croissance de +1%. L'inflation allemande s'établit conformément aux attentes à +0,2% sur février, soit 1,9% en glissement annuel.
  • En France, l'inflation de février ressort à 0,9%, légèrement sous les 1% attendus. La production industrielle de janvier se contracte de -1,5%, là où le consensus tablait sur une croissance de +0,6%, un écart significatif.
  • Au Royaume-Uni, le PIB de janvier reste stable, décevant les attentes d'une croissance de +0,2%. La croissance annuelle s'établit ainsi à 0,8% contre 0,9% attendu.
  • Au Japon, bonne surprise : le PIB du quatrième trimestre progresse de +0,3%, soit trois fois plus que les +0,1% attendus par le consensus.
  • En Chine, les données de commerce extérieur cumulées de janvier et février, agrégées pour neutraliser l'effet du Nouvel An lunaire, témoignent d'une dynamique spectaculaire. L'excédent commercial atteint 213,6 milliards de dollars, bien au-delà des 177,4 milliards attendus. Les exportations bondissent de +21,8% en glissement annuel contre +7,1% attendu tandis que les importations progressent de +19,8% contre +6,3% attendu, leur rythme le plus soutenu depuis début 2022.

Banques centrales 💰

  • Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE et figure du camp des faucons, a tenu un discours étonnamment mesuré sur les risques inflationnistes liés à la flambée des prix du pétrole consécutive au conflit en Iran. Si elle reconnaît que les entreprises et les consommateurs ont appris depuis 2022 que les prix peuvent monter très rapidement et se stabiliser à des niveaux élevés, elle souligne que la situation actuelle diffère sensiblement : une partie de l'offre d'énergie pourrait revenir sur le marché, et surtout, les politiques monétaires et budgétaires sont aujourd'hui moins expansionnistes qu'elles ne l'étaient en 2022.
  • Christine Lagarde, de son côté, a réaffirmé l'engagement de la BCE dans la lutte contre l'inflation, tout en écartant le scénario d'une stagflation. Pour la présidente de l'institution, les économies européennes disposent de structures plus résilientes face aux chocs actuels, même si elle a déploré la volatilité marquée sur les marchés financiers. La BCE se réunit le 19 mars et ne devrait pas modifier ses taux directeurs. En revanche, les scénarios alternatifs pour 2026 s'orientent désormais vers une hausse des taux plutôt que vers une baisse. Les marchés évaluent la probabilité d'un relèvement à environ 30% pour la prochaine réunion.
  • Un point presse organisé en fin de semaine à la Banque de France est revenu sur le projet d'euro numérique. Pour la BCE, cet outil de souveraineté vise à offrir une alternative européenne aux systèmes de paiement à dominante américaine — Visa, Mastercard, American Express ou encore Apple Pay. Le projet avance méthodiquement : après une première étape franchie en décembre dernier auprès des États membres, les eurodéputés ont soutenu le texte par le vote de deux amendements le mois dernier. Le Parlement devrait se prononcer au cours du printemps, et la BCE souhaiterait disposer d'un pilote opérationnel dès septembre 2027 en vue d'un lancement possible en 2029.
  • Concernant la Fed, un juge a annulé une procédure lancée par l'administration Trump contre Jerome Powell. Le ministère de la Justice va faire appel de cette décision. La situation en Iran complexifie considérablement les anticipations de politique monétaire. D'un côté, la hausse du pétrole, si elle se prolonge, alimente les craintes inflationnistes et militerait plutôt en faveur d'un maintien ou d'un relèvement des taux. De l'autre, un marché de l'emploi qui montre des signes de fragilité plaiderait pour un assouplissement. Lors de son témoignage devant le Senate Banking Committee, Jerome Powell a rappelé qu'une hausse de 10 dollars du baril de pétrole équivaut approximativement à une augmentation de 0,2 point de pourcentage de l'inflation.
  • La semaine écoulée correspondait à la période de silence réglementaire précédant la réunion du FOMC, dont la décision sera annoncée le 18 mars. L'outil CME FedWatch ne prévoit plus de baisse de taux avant la fin de l'année, et même cette perspective demeure associée à une probabilité relativement faible.

  Performances 📊

  • En euros, les actions internationales progressent de +1,3%, un chiffre qui masque un recul de -1,2% en devises locales, l'essentiel du gain provenant de l'appréciation du dollar. La zone euro résiste avec une performance étale, tandis que les actions américaines reculent légèrement de -0,3% en euros et de -1,6% en dollars. Les marchés émergents souffrent un peu plus (-0,6%) et les actions japonaises accusent un repli plus marqué à -2% en euros.
  • Sur le plan sectoriel (performances en euros), l'énergie poursuit logiquement son parcours haussier avec +4,2%, suivie par les services aux collectivités (+2,3%) et la consommation courante (+0,9%). Les trois secteurs les plus pénalisés sont les valeurs financières (-1,8%), la consommation discrétionnaire (-1,7%) et l'industrie (-1,5%).
  • La tension sur les taux longs se poursuit. Le 10 ans américain passe de 4,13% à 4,29%, le 10 ans allemand de 2,86% à 2,98% et le CMS 10 ans de 2,88% à 3,01%. Les taux courts réagissent également avec vigueur : le 2 ans américain s'adjuge 17 points de base, passant de 3,56% à 3,73%. Le spread OAT-Bund poursuit sa remontée, de 65 à 69 points de base.
  • Du côté des matières premières, le pétrole connaît une semaine en montagnes russes. Après avoir flirté avec les 120 dollars le baril lundi, le cours reflue avant de rebondir et de terminer la semaine au-dessus de 100 dollars, en hausse de plus de 10% sur cinq séances. L'or, en revanche, poursuit son repli et cède près de 2%.
  • Enfin, sur le marché des changes, le dollar poursuit son redressement et s'apprécie de 1,7% face à l'euro. La paire EUR/USD perd deux « figures », passant de 1,1618 à 1,1416.

À suivre cette semaine 💡

  • L'élément central sera évidemment l'évolution du conflit avec l'Iran et du prix du pétrole. Sur le plan macroéconomique, un certain nombre de publications sont au programme. Elles auront vraisemblablement moins d'impact qu'en temps normal, mais il convient de les suivre : ces indicateurs reprendront toute leur importance dès que la situation géopolitique se stabilisera.
  • Aux États-Unis, nous surveillerons l'inflation de février ainsi que le core PCE, attendu en fin de semaine à 2,8 % contre 3,0 % précédemment. Nous prendrons également connaissance de la balance commerciale et du GDPNow de la Fed d'Atlanta.
  • En Europe, le regard se tournera vers l'Allemagne avec les commandes à l'industrie, la production industrielle et les chiffres d'inflation. L'inflation française sera publiée en fin de semaine, tandis que le Royaume-Uni communiquera ses données de croissance.
  • En Asie, nous suivrons la croissance du Japon au quatrième trimestre 2025 ainsi que l'évolution de la balance commerciale chinoise.
  • Le focus restera évidemment centré sur la situation en Iran, en particulier sur le détroit d'Ormuz et l'évolution des prix du pétrole.
  • La semaine sera également marquée par trois réunions majeures de banques centrales : la Fed (18 mars), la BCE (19 mars) et la Banque d'Angleterre. Aucun changement de politique monétaire n'est attendu, les données disponibles ne prenant pas encore en compte les premiers effets de la guerre en Iran. Les discours et conférences de presse seront néanmoins décortiqués pour déceler d'éventuels signaux sur l'orientation future des politiques monétaires.
  • Côté publications macroéconomiques, aux États-Unis, nous suivrons l'évolution de la production industrielle, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie ainsi que les permis de construire et les ventes de logements neufs de janvier.
  • En zone euro, la confirmation des chiffres d'inflation de février sera particulièrement scrutée, avec une inflation globale attendue à 1,9% (contre 1,7% en janvier) et une inflation sous-jacente à 2,4% (contre 2,2%). Nous surveillerons également l'indice ZEW du sentiment économique de mars, l'évolution des salaires et la balance commerciale de la zone.
  • Enfin, en Chine, la production industrielle, le taux de chômage et les ventes au détail, publiés en tout début de semaine, donneront la mesure de la dynamique intérieure après les solides données commerciales de la semaine passée.

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