Yomoni, gestion éclairée

En période de hausse sur les marchés, tout va bien. Vous voyez la valorisation de vos titres grimper, les dividendes et intérêts se détacher et remplir votre portefeuille… Bref, c’est la vie en rose. Or sur les marchés financiers comme dans la vie, il y a des hauts et des bas. Et si pendant les hausses les boursicoteurs se portent bien, pendant les baisses, la réalité est toute autre.

Votre portefeuille enregistre -5%. C’est un petit choc. Vous vous dites que vous ne l’aviez pas vu venir, mais que ce n’est pas trop grave, parce qu’après tout, ce n’est qu’une correction technique « saine » de courte durée pour repartir sur de bonnes bases afin d’aller chercher de nouveaux sommets ! Le marché recule pour mieux sauter.

-10% : vos visites sur les sites de bourse pour vérifier la valorisation de vos titres sont de plus en plus nombreuses. Vos mains, elles, sont nerveuses. Généralement, à ce niveau de dépréciation des actifs, vous commencez à vous inquiéter sérieusement et à remettre en doute toute votre stratégie d’investissement.

-15% et plus : là, c’est la panique et les remords. Et si seulement vous aviez shorté telle action qui présentait pourtant des signaux techniques négatifs évidents ! Si seulement vous aviez pensé à placer des ordres stop loss (vendre automatiquement à partir d’un seuil prédéfini) sur les matières premières, que vous saviez pourtant spéculatives dans cet environnement hautement volatile ! Mais après les remords, l’action. Dans ces situations-là, on observe généralement deux comportements aussi dévastateurs l’un que l’autre :

  • Vous vendez tout à la hâte, et tant pis pour les pertes;
  • Ou au contraire vous gardez tout en suivant l’adage boursier populaire « pas vendu, pas perdu ! », ce qui paralyse votre portefeuille : vous ne vendez pas vos titres tant qu’ils n’ont pas récupéré leur valeur d’avant crise, ce qui peut prendre énormément de temps.

Quelle que soit l’ampleur des pertes, ces comportements ne sont dus qu’à une seule chose : l’impréparation. Pourtant, il n’existe pas une seule mais bien plusieurs façons de bien gérer les périodes de creux de marché. Elles dépendent de votre stratégie et de votre personnalité.

Le pépère

Le pépère veut avant tout ne pas prendre trop de risques, quitte à ce que la performance en soit diminuée. De base, il n’est pas vraiment investi sur des actifs risqués. Mais s’il l’était, et bien sa stratégie consisterait à sortir progressivement du marché pour sécuriser ses avoirs dans un fonds euro. Environ 3% par an de performance sans rien risquer, le pépère se dit qu’après tout, ce n’est pas si mal, et à raison.

La source du problème du pépère sera de savoir quand sortir du marché. Pour cela, il peut placer des ordres de vente à seuil de déclenchement : dès que ses titres se dévalorisent de X%, ils sont automatiquement vendus. Cela lui permet de contrôler sa perte.

L’opportuniste

L’opportuniste considère qu’une baisse des marchés n’est pas un problème mais une opportunité. L’opportuniste alimente pendant les périodes de hausse ses livrets bancaires liquides et sans risques, et quand les soldes pointent le bout de leur nez, il en profite à fond.

Ici, la stratégie consiste à garder son sang-froid pendant la période de baisse et d’effectuer des achats massifs dès qu’un actif a un prix de revient relativement faible. C’est une stratégie audacieuse, mais il faut avoir l’expérience et les nerfs solides pour la mener à bien.

Le lisseur

Le lisseur souhaite tout concilier et garder un cap quelles que soient les conditions de marché. Sa stratégie est simple : il programme des versements réguliers sur le très long terme. En période de hausse, il profite de la valorisation (parfois spéculative) de ses actifs. En période de baisse, il acquiert des produits financiers à bon compte. En fin de compte, il aura une performance moyenne supérieure à celle des placements financiers non risqués.

Ici, la principale difficulté reste aussi d’avoir les nerfs solides pour ne pas céder à la panique lorsque les marchés piquent une crise.


Il n’y a pas de stratégie meilleure qu’une autre, il y a simplement des stratégies adaptées à certains types d’investisseurs. Néanmoins le lisseur sera bien souvent gagnant sur le long terme du fait de la stabilité de sa courbe de gains. Mais l’important, c’est d’avoir un plan d’investissement établi, clair, concis et de s’y tenir, car souvenez-vous : « c’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus. » (W. Buffet)