Yomoni, gestion éclairée

Des marchés atones au mois d’août

La profession est étonnante car la perception d’incertitude et de forts mouvements de marché qui est largement relayée par les médias financiers n’est pas visible dans les faits. Force est de constater que la volatilité effective (celle qui s’est réalisée) et la volatilité implicite (celle qui est attendue dans les cours) sont au plus bas depuis plus de dix ans. A croire que nombre d’experts financiers essaient de créer de l’événement d’une réalité banale, ferions-nous ce métier à défaut d’avoir été commentateurs sportifs ?

Inutile donc d’être disert sur le mois qui vient de s’écouler. Les principaux indices actions ont varié de +/- 1% et les obligations ont en général fait du surplace avec un léger avantage pour les entreprises au détriment des états. Calme plat également sur les monnaies et l’or, ce qui permet au dollar et à l’euro de se raffermir un peu. Heureusement, le pétrole a fait un bond de 11% et donne l’illusion que les investisseurs n’étaient pas tous absents durant les beaux jours.

Un événement a retenu notre attention: le sommet annuel des responsables de banques centrales à Jackson Hole, sombre bourgade du Wyoming. Les déclarations se sont succédées sans effet notoire sur les marchés, mais nous en tirons néanmoins deux grands messages :

  1. A court-terme, les autorités monétaires américaines (FED) préparent les marchés à une hausse des taux d’ici la fin d’année. En effet, Janet Yellen de la Fed considère qu’une remontée des taux semble à nouveau pertinente avec la dissipation des risques post-Brexit, à la condition que les statistiques des deux prochains mois confirment la bonne tenue de l’activité.
  2. A long-terme, les banquiers centraux se cherchent un travail ! Les experts monétaires se déclarent perplexes sur l’impact de leurs propres politiques monétaires sur ces cinq dernières années. Jusqu’ici, on militait pour un dosage plus intensif, aujourd’hui on remet en cause la posologie elle-même. Les taux négatifs par exemple, ne semblent plus être un exemple à suivre.

Analyses & données

La volatilité des marchés, c’est un peu comme la hauteur des vagues en haute mer. Elle reflète l’agitation des marchés, à la baisse comme à la hausse. La volatilité réalisée est calculée à partir des variations de marché qui ont eu lieu, et l’implicite est calculée à partir du prix que les investisseurs offrent pour s’en protéger (elle est donc en moyenne supérieure). Pour l’instant, on constate donc une mer très calme…