Yomoni, gestion éclairée

Certains défauts ôtent aux épargnants toute chance de succès financier. Et comme, même ceux qui ne croient pas avoir une âme admettent l’existence de leur compte en banque, voici les sept péchés capitaux des épargnants.

La gourmandise

Le gourmand veut tout, tout de suite. Mais épargner et placer son argent, ça voudrait dire contrôler ses dépenses maintenant pour qu’il lui reste de l’argent pour plus tard. Or ce glouton ne prévoit pas, il ne pense pas à l’avenir. Et comme la cigale, il se trouve fort dépourvu quand la bise est venue. La solution est simple : le gourmand devrait en garder un peu pour plus tard au lieu de consommer tout, tout de suite.

L’avarice

L’avare ne veut jamais perdre d’argent. Plutôt laisser des billets sous un matelas que de mettre cet argent sur un placement financier qui risque de perdre de la valeur, même temporairement. L’avare peut épargner beaucoup, mais sans rien placer. Des décennies plus tard il n’a donc que ce qu’il a mis de côté, il n’a pas bénéficié de la croissance économique ni des intérêts composés. L’avare qui accumule mais sans faire fructifier son argent est bien mal payé pour ses sacrifices. Il devrait chercher un placement qui ne perd pas d’argent sur la durée au lieu d’exiger de ne jamais perdre.

La paresse

Le paresseux remet à plus tard : pas la peine d’épargner tout de suite, rien se sert de placer cet argent dès maintenant … Il ne réfléchit pas non plus à comment placer son argent. Et comme il remet toujours à plus tard ce premier placement, il n'acquiert jamais d'expérience en la matière. Il suit le mouvement, ou plutôt l’absence de mouvement. Vient la retraite, et il n’a toujours pas commencé à s’y préparer. Manifestement, le paresseux gagnerait à commencer dès maintenant à épargner, à investir et à comprendre.

La colère

Le colérique réagit trop vivement. Il ne peut pas avoir de stratégie de long terme vu que très vite il va tout balancer. Il vend toutes ses actions après une chute de la Bourse (ce qui est souvent le pire moment en plus). Placer de l’argent est une entreprise de longue haleine ; or le colérique procède par à-coups erratiques, sans continuité. La solution est limpide : le coléreux devrait établir une stratégie de long terme et s’y tenir, sans laisser son tempérament tout mettre à terre.

La luxure

Le luxurieux n’est attiré que par ce qui est sexy. Beaucoup de placements financiers sont aguicheurs et promettent beaucoup. Mais ces placements d’un soir n’ont pas forcément les qualités requises pour être des partenaires financiers sur la durée. Le luxurieux devrait, aux allumeurs, préférer les compagnons fidèles et fiables.

L’envie

L’envieux jalouse ceux qui ont gagné beaucoup. Quand il entend que les cours de la Bourse ou de l’immobilier ont triplé en une demi-douzaine d’années, l’envieux s’intéresse soudain à ces placements. Évidemment commencer à investir après plusieurs années de hausse signifie généralement acheter cher — les derniers arrivés sont les premiers déçus. Comme il imite toujours avec beaucoup de retard, l’envieux saute dans le train en marche… juste avant que celui-ci ne déraille. L’envieux gagnerait à se méfier des modes, surtout si c’est pour les suivre à contretemps.

L’orgueil

L’orgueilleux sait mieux que les autres et va gagner plus que les autres. Il ne diversifie pas, parce que diversifier signifie ne pas savoir quoi choisir. L’orgueilleux sait. Diversifier signifie aussi ne pas prendre de risques inutiles, mais l’orgueilleux n’en n’a cure. Parce que ce qui compte n’est pas seulement d’avoir assez d’argent pour assurer sa retraite ou pour acheter un appartement : il faut aussi qu’il ait l’impression d’être la cause du succès plutôt que la hausse des marchés. Les placements sont alors moins une question d’argent que d’ego. L’orgueilleux ferait bien d’essayer de faire grossir son compte en banque plutôt que ses chevilles.