Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?
Source : @Bloombeg LP
Macroéconomie
- L’emploi va très bien aux Etats-Unis. L’économie américaine a créé 172 000 emplois en mai contre 85 000 attendus et 179 000 en avril (chiffre révisé à la hausse puisqu’il n’était « que » de 115 000 précédemment). Comme attendu, le taux de chômage reste stable à 4,3%. Le rapport Jolts des nouvelles offres d’emploi du mois d’avril traduit un marché de l’emploi plus dynamique que prévu avec 7,618 millions d’offres d’emplois contre 6,86 millions attendues et 6,887 millions en mars.
- L’indice PMI manufacturier de l’ISM en mai a été publié au-dessus des attentes à 54 contre 53,3 et 52,7 en avril. C’est la même chose pour l’indice PMI non manufacturier de l’ISM du mois de mai qui était attendu à 53,7 et qui a été finalement publié à 54,5 contre 53,6 en avril.
- Le coût unitaire de la main d’oeuvre au premier trimestre a augmenté de 1,8% aux Etats-Unis contre 2,3% attendu. En revanche la productivité du secteur non agricole ne progresse que de 0,3% contre 0,7% attendu.
- Le chiffre prévisionnel du GDPNow de la Fed d’Atlanta pour le deuxième trimestre ralentit et passe de 3,8% à 3%.
- En zone euro, l’inflation prévisionnelle du mois de mai a été publiée comme attendu à 3,2% après 3% en avril. En revanche, l’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) a été publiée à 2,5% contre 2,4% attendu et 2,2% en avril.
- Attendu en croissance de 0,8% sur un an, le PIB de la zone euro recule à +0,3%. Mais surtout le PIB du premier trimestre passe dune croissance de 0,1% à une contraction de 0,2% sur le premier trimestre, première contraction depuis fin 2022. Le PMI manufacturier du mois de mai a été confirmé légèrement supérieur au chiffre préliminaire à 51,6 contre 51,4 et 52,2 en avril. Le PMI des services du mois de mai a en revanche été confirmé bien supérieur aux attentes à 47,7 contre 46,4 pour l’indice préliminaire et 47,6 en avril. Ainsi, l’indice composite du mois de mai s’établit à 48,5, en baisse par rapport à 48,8 en avril (et révisé en hausse depuis le flash de 47,5).
- En revanche le taux de chômage du mois d’avril ressort à 6,3% contre 6,2% attendu.
- En avril, les ventes au détail en zone euro se contractent de -0,4% après une hausse de 0,8% en mars.
- En Chine, l’indice PMI manufacturier Caixin du mois de mai diminue moins qu’attendu, passant de 52,2 en avril à 51,8 en mai contre 51,4 attendu.
Banques centrales
- En zone euro, le 1er juin, la BCE a publié les résultats de son enquête consommateurs du mois d’avril, qui montrent que les anticipations d’inflation à 12 mois restent élevées à 4% avec des anticipations à 3 ans légèrement en baisse à 2,9% et à 5 ans à 2,4%. De plus, cette enquête montre que les ménages deviennent un peu plus pessimistes sur la croissance. De plus, dans un article publié le 3 juin la BCE a souligné que le choc énergétique actuel était plus mondial que celui de 2022 avec des effets indirects plus importants via les chaines de valeur. Néanmoins, l’institution rappelle également que les conditions initiales sont différentes puisque l’inflation était proche de la cible avant le choc et que la demande était plus contrainte. La BCE insiste sur le besoin de surveiller les effets de second tour. Isabel Schnabel, quant à elle, a souligné que l’usage croissant des stablecoins pourrait renforcer l’hégémonie mondiale du dollar, compromettre la capacité de certaines nations à définir leur politique monétaire et même affaiblir le rôle de l’euro. En effet, la vaste majorité des stablecoins étant indexée sur le dollar américain, une croissance rapide des émissions pourrait stopper le déclin du dollar.
- Les probabilités implicites de marché sont désormais à 99 % pour une hausse des taux de 0,25 % lors de la réunion du 11 juin. D’après les marchés, la hausse des taux suivante serait de 0,25 % lors de la réunion du 10 septembre, avec une probabilité de 54,5 %.
- Le dernier Beige book de la Fed montre que l’inflation exerce une pression sur les consommateurs et les entreprises américaines. 10 des 12 districts de la Fed ont vu leur activité économique progresser à un rythme « léger à modéré » alors qu’un district a connu une légère baisse et le dernier est resté constant. Selon le Beige book, même si les perspectives des entreprises pour les six prochains mois restent globalement inchangées, le sentiment de marché est impacté par l’incertitude et le ralentissement des dépenses des consommateurs. Du côté des interventions publiques de présidents de la Fed, on peut noter que les discours ont plutôt été dans le sens d’un besoin de politique monétaire restrictive si l’inflation restait élevée. On peut ainsi citer les positions de Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland ou de Lorie Logan, présidente de la Fed de Dallas.
- La probabilité d’un maintien des taux par la Fed est supérieure à 95 % pour la réunion du 17 juin, et la probabilité majoritaire pour une hausse de taux oscille entre la réunion du 9 décembre 2026 et le 17 mars 2027.
Performances de la semaine
- Semaine de baisse pour les actions internationales, essentiellement sur la journée de vendredi avec des chiffres d’emploi trop bons et qui font craindre une politique de la banque centrale moins en faveur du soutien de l’économie. Ce sont les actions japonaises qui résistent le mieux sur la semaine avec une performance positive de +0,8% en euros, suivies par les actions de la zone euro qui finissent la semaine à l’équilibre. Les actions émergentes reculent de -0,7% en euros et les actions américaines reculent quant à elles de -1,3% (en euros également).
- Sur le plan sectoriel (performances en euros), les trois secteurs mondiaux les mieux orientés sont l’énergie (+3,5 %), la santé (+2,3 %) et la consommation courante (+1,3 %). À l’opposé, les télécoms reculent de −2,6 %, la technologie de −3,2 %, et la consommation discrétionnaire de −4 %.
- Du côté des obligations, les chiffres trop bons en termes de créations d’emplois ont provoqué un rebond des taux d’intérêts américains : le 10 ans américain monte de 8 points de base, passant de 4,45 % à 4,53 %, et le 30 ans remonte à 5 %. Le 10 ans allemand reprend quant à lui les 11 points de base qu’il avait perdus la semaine dernière, passant de 2,93 % à 3,04 %. Le CMS 10 ans passe de 2,99 % à 3,07 %. Le spread OAT-Bund remonte aux alentours de 66 points de base.
- Du côté des matières premières, le pétrole remonte d’environ 1 % et l’or recule d’environ 4,5 %.
- Enfin, sur le marché des changes, le dollar progresse sur la semaine et essentiellement vendredi et passe face à l’euro de 1,1640 à 1,1521.
À suivre cette semaine
- Aux États-Unis, la semaine sera marquée par l’inflation attendue à 4,2% en mai contre 3,8% en avril. Nous aurons également la balance commerciale du mois d’avril avec une réduction du déficit, les ventes de logements existants, l’évolution des prix à la production et les chiffres prévisionnels de l’indice Michigan avec les anticipations d’inflation à 1 an et à 5 ans ainsi que la confiance des consommateurs.
- En zone euro, nous attendrons la réunion de politique monétaire de la BCE. Nous suivrons également le PIB au Royaume-Uni.
- En Chine, nous aurons également l’inflation chinoise.
