Yomoni, gestion éclairée

Et voilà, le Finali Mondiali -qui rassemble chaque année les clients privilégiés de Ferrari - vient de clôturer cette saison 2016 sur le célèbre circuit de Daytona et c’est l’occasion de vous expliquer ma passion pour l’investissement dans les voitures de collection. Ils sont nombreux à sourire lorsque je deviens hystérique à l’écoute du générique de Turbo ou lorsque sur la plage je feuillette Sport Auto à défaut des Echos. Bien entendu, je trépigne lorsqu’une une nouvelle saison débute, mais je ne parle pas de Games of Throne ou The Walking Dead, mais bien de Top Gear ! Alors oui, l’automobile est vue par la majorité d’entre nous comme un poste de dépense bien trop important et un simple moyen de locomotion, mais je vais vous décrire en quelques lignes, pourquoi c’est un actif à part entière et une source potentielle de revenus.

Le phénomène d’appréciation des voitures de collection, est depuis très longtemps connu de quelques passionnés et a même fait l’objet d’une bulle spéculative qui a éclaté dans les années 90. Toutefois, chaque année, des records tombent lors de ventes aux enchères. En effet, les exemples ne sont pas rares : une Mercedes 300 SL, vendue en 1955 pour 11’000$ (soit 97’500$ aujourd’hui ajustés de l’inflation), s’est échangée à 4,6 millions de dollars lors d’une vente aux enchères. Parlant de voitures historiques, la Ferrari 250 GTO portant le numéro de châssis 3387, soit la première des 39 voitures construites à prendre la piste, a récemment été mise en vente au prix de 56,4 millions de dollars. Elle en devient (ou reste) de fait, la voiture la plus chère du monde à ce jour. Ces deux exemples très particuliers ne font pas une généralité, j’en conviens. Toutefois, l’entreprise HAGI pour Historic Automobile Group International rassemble un ensemble très large d’informations provenant directement des vendeurs et non des estimations ou suppositions faites quant aux différentes ventes. Ils regroupent pas moins de 100’000 transactions et constituent ensuite des indices reportant l’appréciation des automobiles de collections et plus spécifiquement des Mercedes, Ferrari et Porsche. Comme l’illustre le graphique ci-dessous, l’indice HAGI TOP montre une performance sur les 5 dernières années très nettement supérieure à celle d’un indice Actions global (tel que le MSCI World).


Sur les 5 dernières années, nous constatons un rendement de 162% pour les automobiles. De manière générale, l’automobile donc peut tout à fait être considérée comme un actif à part entière dans un portefeuille au même titre que le sont plus régulièrement l’art, les pièces de monnaies ou encore le vin. De plus, les voitures sont à la fin de l’année 2015 l’actif “collectible” ayant la plus forte appréciation, loin devant les pièces de monnaies ou le vin par exemple. Ces chiffres sont repris dans un rapport de Knight Frank concernant les investissements dans les “Collectible” (Art, Vins, Pièces de monnaies…).


Donc évidemment, tous ces chiffres ne seraient rien sans quelques exemples concrets. Nous pouvons alors regarder du côté des “hypercars” Ferrari et notamment du “Big Five” composé de la 288 GTO, la F40, la F50, la Enzo et maintenant la LaFerrari. Cette dernière, était vendue, en 2013, à son lancement pour la coquette somme de 1,2 millions d’Euros. La 500ème et dernière produite a été acquise pour 7 millions de dollars aux enchères lors du dernier rassemblement de Daytona il y a quelques jours seulement.

Pour ne pas citer uniquement des exemples italiens, Mclaren, la célèbre marque de Woking (Angleterre) a commercialisé un modèle extrême (comme si la version standard ne l’était pas assez) de son hypercar, la Mclaren P1 GTR limitée à 35 exemplaires. La présentation au salon de Genève a fait l’effet d’une bombe, toutefois, un détail a freiné certains acheteurs : elle ne pouvait rouler que sur circuit. C’était sans compter sur certains préparateurs, puis la marque elle-même, qui ont quelques semaines plus tard proposé des kits permettant de la rendre “Street Legal”. Il n’en fallut pas plus pour que la voiture achetée à 2,5 millions d’euros en vaille 5 millions, compensant largement le coût du kit. Il est même évoqué certaines ventes à plus de 7 millions d’euros... C’est sans aucun doute une somme démesurée, mais nous parlons de la descendante de la mythique Mclaren F1 GTR qui en 1995 pour sa première participation se plaça 1, 3, 4 et 5ème des 24 heures du Mans !

Pour finir, je vous propose un cas qui m’est cher, plus proche de nous, notre  Peugeot nationale, la 205 1.9GTI vendue neuve à 94’000 francs en 1989 (soit 14K€) qui a été cédée récemment aux enchères pour 36’000 EUR ! Un placement coup de coeur qui rapporte deux fois l’inflation, pas si mal, non ?


Si le sujet vous intéresse tout particulièrement, voici un peu de lecture parmi d’autres articles :

  • Andrews, T. & Benzing, C. (2007). The determinants of price in Internet auctions of used cars. Atlantic Economic Journal, Vol. 35, Issue 1, pp. 43-57.
  • Bergen, A. van (2009). How do classic Ferrari’s perform as a financial instrument? An investment analysis of classic Ferrari’s. (Master thesis. Tias Nimbas Business School. Tilburg, the Netherlands)
  • Cafariello, J. (2013). Investing in classic cars: Tuning a collection into cash. Wealthy Daily, [Internet] 23 October 2013. Retrieved here  [Accessed on 25-04-2014]
  • Undercoffler, D. (2013). Monterey car auctions set a record -- $301.9 million in sales. Los Angeles Times, [Internet] 19 August 2013. Retrieved here [Accessed 01-04-2014]

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[1] L’indice HAGI Top est un indice pondéré par la valeur de la valeur totale du marché des voitures classiques rares.