Vous avez déjà vu, en bas d'un écran d'info ou dans une appli, un nom d'entreprise suivi d'un chiffre et d'un petit "+2,3 %" en vert. Vous êtes-vous déjà demandé qui, exactement, avait décidé ce chiffre ?
La réponse est plus surprenante qu'elle n'en a l'air : personne ne l'a décidé. Et en même temps, des milliers de gens l'ont décidé ensemble, sans se concerter, en l'espace de quelques secondes. Aucune autorité ne pose le cours d'une action : il émerge en continu d'une négociation entre acheteurs et vendeurs. Voyons comment elle fonctionne, étape par étape, sans jargon inutile.
Une action, c'est d'abord une part d'entreprise
Avant de parler du prix, rappelons ce qu'on achète. Une action est une petite part de propriété d'une entreprise. Si une société est découpée en un million d'actions et que vous en détenez une, vous possédez un millionième de cette entreprise.
Ce qui nous intéresse ici, c'est le prix auquel cette part s'échange à un instant donné. Ce prix porte un nom : le cours. Et contrairement à ce qu'on imagine souvent, il ne se fixe pas une fois pour toutes le matin.
Le cours se fabrique en continu, pas une fois par jour
Pendant toute la durée d'ouverture de la bourse, le cours d'une action bouge sans arrêt. Il ne descend pas du ciel, et aucune commission ne se réunit pour l'arrêter. Il se forme tout seul, transaction après transaction, à partir d'une seule chose : ce que les gens sont prêts à payer pour acheter, face à ce que d'autres réclament pour vendre.
Imaginez une enchère qui ne s'arrête jamais. D'un côté, des acheteurs annoncent le prix maximum qu'ils acceptent de payer. De l'autre, des vendeurs annoncent le prix minimum auquel ils acceptent de céder leurs actions. Le cours, c'est le prix auquel ces deux camps finissent par se rencontrer. À chaque fois qu'un accord se fait, un nouveau cours s'affiche.
Le moteur du prix : le carnet d'ordres
Pour voir cette rencontre se produire, il faut regarder ce qu'on appelle le carnet d'ordres. C'est une liste, mise à jour en temps réel, qui empile d'un côté toutes les offres d'achat et de l'autre toutes les offres de vente, classées par prix.
Prenons un exemple concret et suivons-le jusqu'au bout. Une action affiche un dernier cours de 100 €. Dans le carnet, les acheteurs les plus offrants proposent 99 €. Les vendeurs les moins gourmands réclament 101 €. Tant que ces deux prix ne se touchent pas, rien ne se passe : personne n'est d'accord, le cours reste à 100 €.
Maintenant, un acheteur s'impatiente. Il ne veut pas attendre que le prix redescende et accepte de payer les 101 € demandés par un vendeur. La transaction se fait. Et à cette seconde précise, le dernier cours affiché devient 101 €. Le prix a monté, non pas parce qu'une entreprise a annoncé quoi que ce soit, mais parce qu'un acheteur a accepté un prix plus élevé.
Continuons une étape de plus. Ce vendeur à 101 € a écoulé ses actions, il disparaît du carnet. Le vendeur suivant, lui, demande 102 €. Si un autre acheteur accepte ce prix, le cours passe à 102 €. Vous voyez le mécanisme : le cours grimpe tant que des acheteurs acceptent de payer toujours plus cher pour des vendeurs de moins en moins nombreux. À l'inverse, si ce sont les vendeurs qui se pressent et acceptent de brader, le cours descend.
Ce qui pousse les gens à acheter ou à vendre
Le cours monte ou descend, donc, selon que les acheteurs ou les vendeurs sont les plus pressés. Reste une question : qu'est-ce qui rend un camp plus pressé que l'autre à un moment donné ?
Tout ce qui change l'envie de posséder l'action. De bons résultats publiés par l'entreprise donnent envie d'acheter, et les acheteurs deviennent plus offrants. Une mauvaise nouvelle, un secteur qui inquiète, une rumeur, et ce sont les vendeurs qui se bousculent pour sortir. S'ajoutent les anticipations : les acheteurs et les vendeurs ne réagissent pas qu'à ce qui s'est passé, mais à ce qu'ils imaginent du futur de l'entreprise. À chaque instant, le cours résume tout cela en un seul chiffre.
Lire une cotation sans se tromper
Quand vous regardez la fiche d'une action, vous voyez en réalité plusieurs chiffres. Maintenant que le mécanisme est clair, ils deviennent lisibles.
- Le dernier cours : le prix de la transaction la plus récente. Rien de plus, rien de moins.
- La variation en % : l'écart entre ce dernier cours et celui de la veille à la clôture. Le fameux "+2,3 %".
- Le volume : le nombre d'actions échangées dans la journée. Un volume élevé signale beaucoup d'activité sur le titre.
- La capitalisation : le cours multiplié par le nombre total d'actions. C'est la valeur que le marché attribue à l'entreprise entière à cet instant.
Trois idées fausses à abandonner
- "Le cours, c'est la vraie valeur de l'entreprise." Non. C'est ce que des gens acceptent de payer maintenant, ce qui n'est pas la même chose que sa valeur réelle (qui est de toutes façons une notion très théorique)
- "Le prix est fixé une fois par jour." Non. Il change à chaque transaction, des centaines de fois par minute sur les grandes valeurs.
- "Quelqu'un, quelque part, décide du cours." Non. Aucune autorité ne le fixe. Il émerge de la confrontation de tous les ordres et est simplement constaté par la place de marché.
Vous n’êtes pas obligés de maîtriser le carnet d’ordres pour investir en actions
Le cours d'une action n'a rien de magique : c'est le reflet instantané de ce que des milliers de gens sont prêts à payer, ici et maintenant, pour un bout d'entreprise. Pour ancrer tout ça, faites l'exercice une fois. Ouvrez la fiche d'une action que vous connaissez, repérez le dernier cours, la variation, le volume. Vous saurez désormais lire ce que chaque chiffre raconte.
Et le jour où vous investirez en actions, sachez qu'il faut une enveloppe pour les loger. Le PEA, par exemple, offre une fiscalité allégée après cinq ans. Chez Yomoni, nous proposons un PEA en gestion pilotée : les investissements sont gérés par notre équipe de gestion pour votre compte, sans que vous ayez à passer d'ordres ni à surveiller le carnet d'ordres.
Investir comporte un risque de perte en capital.
