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Perspectives & actualités : 6 au 10 juillet 2026

Perspectives & actualités : 6 au 10 juillet 2026

Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?

Source : @Bloombeg LP

Macroéconomie

  • En Allemagne, les commandes industrielles ont rebondi de 1,9 % en mai, après une baisse de 3,2 % en avril. La progression repose en partie sur de grosses commandes dans l’aéronautique, les navires, les trains et les véhicules militaires, mais atteint encore 1 % en les excluant. La production industrielle a parallèlement augmenté de 0,9 %, soutenue notamment par l’automobile. Sur trois mois, elle ne progresse toutefois que de 0,1 %, ce qui traduit davantage une stabilisation qu’un véritable redémarrage de l’industrie allemande.
  • L’inflation a été confirmée en net ralentissement dans les deux principales économies de la zone euro. En Allemagne, elle est revenue de 2,6 % à 2,3 % en juin, après 2,9 % en avril. En France, elle a diminué de 2,4 % à 1,8 %, principalement grâce au ralentissement des prix énergétiques. Ces chiffres apportent un signal favorable, même si l’évolution du pétrole reste susceptible de rapidement modifier la trajectoire.
  • Aux États-Unis, les enquêtes PMI continuent de montrer une expansion des services, mais à un rythme modéré. L’indice S&P Global est passé de 50,7 à 51,2, son plus haut niveau depuis quatre mois, grâce à l’accélération des nouvelles commandes. S&P souligne néanmoins que la croissance reste historiquement faible, que les entreprises ont continué à réduire leurs effectifs et que les pressions sur les coûts demeurent élevées sous l’effet des droits de douane et de l’énergie.
  • L’indice des services de l’ISM reste plus robuste, malgré un léger repli de 54,5 à 54 points. L’activité et les nouvelles commandes ont ralenti, mais l’emploi est repassé en expansion pour la première fois depuis quatre mois. La composante des prix recule de 71,3 à 67,7 points, tout en restant élevée. Les répondants continuent notamment de signaler des tensions liées aux tarifs douaniers, aux carburants et aux équipements nécessaires à la construction des data centers.
  • Le déficit commercial américain s’est fortement creusé, passant de 54,6 à 77,6 milliards de dollars en mai. Les exportations ont diminué de 3,2 %, tandis que les importations ont progressé de 3,3 %. Cette dégradation pourrait peser sur la contribution du commerce extérieur à la croissance du deuxième trimestre.
  • Le marché du travail reste pour sa part relativement stable. Les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage ont légèrement diminué à 215 000, un niveau qui ne signale pas de hausse importante des licenciements. Le nombre de personnes indemnisées progresse néanmoins légèrement, ce qui peut refléter un retour à l’emploi un peu moins rapide.
  • Au Japon, les salaires réels ont progressé pour un cinquième mois consécutif, mais la consommation reste irrégulière et les prix de gros accélèrent fortement. La hausse des coûts importés, alimentée par l’énergie et la faiblesse du yen, continue donc de compliquer la situation de la Banque du Japon.
  • En Chine, l’inflation a ralenti à 1 %, tandis que les prix à la production ont augmenté de 4,1 % sur un an. L’écart entre les deux indicateurs montre que la hausse des coûts des matières premières ne se traduit pas encore par un redémarrage franc de la demande intérieure. 

Banques centrales

  • Les minutes de la Fed montrent un comité plus partagé et plus restrictif que ne le suggérait la décision de maintenir les taux entre 3,50 % et 3,75 %. Quelques membres estimaient qu’une hausse aurait pu être justifiée dès juin. La Fed considère que le marché du travail reste équilibré, mais que l’inflation pourrait demeurer élevée sous l’effet de l’énergie, des droits de douane et de la vigueur des investissements liés à l’intelligence artificielle. Dans ce scénario, un nouveau resserrement monétaire serait nécessaire.
  • John Williams, président de la Fed de New York, a renforcé ce message en estimant que l’inflation restait « beaucoup trop élevée » et représentait actuellement un risque plus important que le marché du travail, qu’il juge stable. Il anticipe néanmoins un reflux des prix pétroliers, ce qui pourrait progressivement atténuer une partie des pressions inflationnistes.
  • Les minutes de la BCE confirment que la hausse de 25 points de base décidée en juin, portant le taux de dépôt à 2,25 %, a fait l’unanimité. L’institution estime qu’elle ne pouvait plus simplement faire abstraction du choc énergétique, compte tenu de sa durée et de sa transmission progressive aux prix alimentaires, aux biens et aux services. Ses projections d’inflation pour 2026 et 2027 ont ainsi été relevées, avec une inflation globale attendue au-dessus de 2 % jusqu’au premier semestre 2027. Si les effets sur les salaires restent encore limités, la BCE surveille le risque de réactions différées des ménages cherchant à compenser leur perte de pouvoir d’achat. Elle refuse néanmoins de s’engager sur une trajectoire prédéterminée, afin de conserver la possibilité d’ajuster sa politique en fonction des prix de l’énergie et de l’activité économique.

Performances de la semaine

  • La trêve entre les États-Unis et l’Iran a de nouveau volé en éclats après l’attaque de trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Washington a répondu par deux vagues de frappes les 7 et 8 juillet contre environ 170 cibles militaires iraniennes, notamment des systèmes de défense aérienne, des capacités navales et des sites de missiles et de drones. L’Iran a ensuite riposté contre des installations situées dans plusieurs pays du Golfe. Les discussions diplomatiques n’ont toutefois pas été complètement interrompues, les États-Unis réclamant principalement une garantie publique de libre circulation dans le détroit.
  • La réaction des marchés a surtout transité par le pétrole et les taux. L’annonce de la reprise des frappes a fait bondir le Brent et ravivé les incertitudes sur l'évolution de ce conflit.
  • Sur le marché des actions, les actions internationales finissent finalement dans le vert après une semaine très volatile, en progressant positivement de 0,3% en euro. Cette performance est notamment due à la bonne résilience des actions américaines qui augmentent de 1,2% en euro sur la semaine. Les actions japonaises reculent légèrement de 0,7%, alors que les actions européennes et des pays émergents se replient de 1,7% en euro.
  • D’un point de vue sectoriel, ce sont les actions du secteur de l'énergie (+3,4%) et les actions technologiques (+2,7%) qui progressent le plus, suivies de près par le secteur de la communication (+2,1%). En revanche, le secteur des matériaux reculent de 2,9% sur la semaine.
  • Sur les taux, la semaine marque une hausse des taux généralisée sur l’ensemble des zones géographiques. Le 10 ans américain dépassé 4,50% pour atteindre 4,56% vendredi soit une hausse de 9 bps environ sur la semaine. Le 10 ans allemand passe de 2,93% à 3,04% alors que le 10 ans français progresse également de 3,74% pour atteindre 3,84%. Le CMS 10 ans passe de 2,98% à 3,08%.
  • Le dollar s’est légèrement apprécié face à l’euro durant la semaine, passant de 1,1434 à 1,1412.
  • Enfin sur le marché des matières premières, le Brent a augmenté de 6% sur la semaine, se stabilisant pour le moment autour de 76$ le baril.

À suivre cette semaine

  • La semaine sera dominée par les chiffres d’inflation américains, avec les prix à la consommation puis à la production, ainsi que les ventes au détail. En Chine, le PIB du deuxième trimestre, la production industrielle et les ventes au détail permettront d’évaluer la solidité de la croissance. En zone euro, l’attention portera sur la production industrielle et l’inflation définitive de juin.
  • La saison des résultats débutera également avec les grandes banques américaines mardi, puis ASML mercredi et TSMC jeudi, dont les publications donneront de nouvelles indications sur la demande liée aux semi-conducteurs et à l’intelligence artificielle.

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