Yomoni, gestion éclairée

Comme nous l’écrivions récemment, nous ne prenons jamais de décision de gestion en fonction d’un événement politique à venir, dont l'impact sur les marchés est trop incertain. C’est pourquoi nous avions maintenu notre biais favorable aux actions en début de mois, malgré les fortes incertitudes liées aux élections américaines.

Il s’avère que ce positionnement profite de l'actualité récente, que ce soit sur le plan politique ou sanitaire.

Élections américaines : un résultat très bien accueilli par les investisseurs

Comme en 2016, les sondages ont sous-estimé la part d’électeurs républicains. La “vague bleue” attendue par de nombreux analystes politiques n’a pas eu lieu. Après un suspense intense lié aux lenteurs du dépouillement des votes par correspondance, Joe Biden a finalement remporté les élections américaines, mais sa victoire est loin d’être écrasante. Les démocrates ont certes la majorité à la Chambre (avec 220 députés contre 207 pour les républicains) mais le Sénat pourrait rester républicain (avec 50 sièges sur 100 actuellement, 2 sièges étant encore en jeu en Géorgie).

Le score de Donald Trump a encore surpris, avec un nombre de voix en nette hausse par rapport à 2016, alors qu’il avait la quasi-totalité des médias contre lui. Mais sa gestion catastrophique de la crise sanitaire aura eu raison de son succès. Les électeurs de Joe Biden sont en effet apparus prioritairement préoccupés par la santé et la gestion de l’épidémie.

Cette configuration politique d’une probable cohabitation entre démocrates et républicains, avec une marge de manœuvre plus faible pour l’exécutif, a finalement été appréciée par les investisseurs. Elle diminue en effet le risque d’une hausse significative de la fiscalité des entreprises à court terme, ou d’un renforcement drastique de la réglementation des secteurs de la technologie ou des télécommunications.

La victoire de Joe Biden est également synonyme d’un apaisement des tensions internationales, ce qui va probablement faire baisser la prime de risque politique sur les actions mondiales. A noter que Donald Trump refuse toujours d’admettre sa défaite et persiste à contester la victoire de Joe Biden. Pour prouver ses dires, le président républicain a multiplié les recours en justice, mais ceux-ci  s’amenuisent au fur et à mesure, faute de preuves. Les investisseurs ne se sont donc finalement pas inquiétés de ces recours en justice qui auraient pourtant pu provoquer une crise institutionnelle.


La course aux vaccins redonne également du moral aux investisseurs

Les bonnes nouvelles s’enchaînent sur le front des vaccins. L’alliance Pfizer/BioNTech a été la première à annoncer que son vaccin était efficace à plus de 90% pour prévenir le Covid-19. Pfizer est sur le point de demander une autorisation de commercialisation à l'Agence américaine des médicaments (FDA) et pourrait le mettre sur le marché dès le mois de décembre. Pfizer a assuré qu'il comptait produire jusqu'à 50 millions de doses dès cette année, soit assez pour protéger 25 millions de personnes. Et jusqu'à 1,3 milliard de doses en 2021.

La biotech américaine Moderna n’a pas tardé à lui emboîter le pas en annonçant des résultats similaires à quelques jours d’intervalle. Ces produits ont pour point commun de s'appuyer sur la technologie de l'ARN messager (ARNm), qui repose sur des gènes synthétiques pouvant être générés et fabriqués en quelques semaines. Ils peuvent par conséquent être produits à grande échelle plus rapidement que les vaccins classiques. Ceci marque le début de la course aux annonces de résultats entre les nombreux laboratoires pharmaceutiques qui se sont lancés dans la recherche d’un vaccin contre le Covid-19. AstraZeneca et Johnson & Johnson sont très attendus pour être les prochains à faire des annonces similaires.

Ces annonces sont naturellement une excellente nouvelle.

Même si nous ne connaissons pas encore le planning d’une vaccination possible à grande échelle, ces annonces sont en effet extrêmement encourageantes car :

  • Elles donnent de la visibilité aux investisseurs,
  • Elles permettent aux autorités gouvernementales d'organiser la sortie de crise,
  • Surtout, elles redonnent de l’daespoir aux ménages et aux professionnels des secteurs les plus affectés par la crise.

Cette actualité est favorable aux allocations de vos portefeuilles

Ces bonnes nouvelles sur les plans politique et sanitaire ont naturellement bénéficié aux actifs risqués, et aux actions en particulier. Elles font nettement baisser les risques d’une double récession globale et renforcent notre scénario central d’une reprise économique mondiale, qui se poursuit à un rythme modéré.

Dans ce contexte, nous sommes satisfaits d’avoir maintenu en début de mois des allocations procycliques dans vos portefeuilles, malgré les incertitudes qui augmentaient fortement durant tout le mois d’octobre. La surexposition aux actions, en particulier, a permis à vos portefeuilles de bénéficier du rebond récent des actions récent.

Un profil 10 par exemple progresse de plus de 8% depuis le 31 octobre (à mi-novembre), un profil 6 de près de 5%.