Yomoni, gestion éclairée

A l'approche des élections américaines, les investisseurs multiplient les scénarios pour tenter de prévoir quel sera l'impact d’une victoire de Joe Biden ou de Donald Trump. Inutile ! Selon nous, il est vain de chercher à adapter l’allocation d’un portefeuille en fonction d’un événement politique dont l’issue et les impacts sur l’économie réelle et les marchés sont imprévisibles. Explications.

Les incertitudes autour des prochaines élections américaines sont telles que nous sommes, plus que jamais, convaincus que nos choix tactiques ne doivent pas tenir compte de cet évènement politique majeur.

L’issue des résultats est incertaine

Avant la crise sanitaire du Covid-19, la bonne situation économique des Etats-Unis, qui entamaient leur onzième année consécutive de croissance, pouvait laisser présager une nouvelle victoire de Donald Trump aux prochaines élections américaines. Mais la pandémie a mis en exergue les inégalités qui ne cessent de se creuser entre l’”Amérique profonde” et les classes aisées.

La mauvaise gestion de la crise sanitaire par Donald Trump profite à son rival, Joe Biden, mais l’issue des résultats est encore incertaine.

Les sondages peuvent en effet dissimuler une majorité silencieuse, comme cela a été le cas en 2016 lors des dernières élections, ou au contraire, sous-estimer un nombre record d’abstentions.

Par ailleurs, quel que soit le vainqueur des élections présidentielles, son enjeu majeur sera d’obtenir la majorité au Sénat. Les élections américaines coïncident en effet avec le renouvellement d’un tiers des 100 sièges du Sénat. Une bascule du Sénat aux démocrates aurait des enjeux majeurs : en cas de victoire de Joe Biden, elle donnerait tous les pouvoirs au camp démocrate. Cela ouvrirait la voie à des réformes potentiellement importantes, que ce soit sur la fiscalité, la santé ou la transparence de la vie politique.

En cas de victoire de Donald Trump, une cohabitation l'obligerait à gouverner encore davantage par voie de décrets, ou à négocier.

Une contestation est possible

Le pire des scénarios n’est d’ailleurs peut-être pas de savoir qui de Donald Trump ou Joe Biden l’emportera, mais bien celui d’une contestation ou, plus généralement, d’une incertitude totale pendant un certain temps sur le « véritable » vainqueur du vote se traduisant par des risques de paralysie.

C’est ce que laisse supposer le contexte actuel : la probabilité non négligeable d’avoir un vote national différent de celui des Grands Électeurs, des rumeurs de contestation des résultats (surtout avec l’importance du vote postal) et de passation des pouvoirs contestée…

La réaction des marchés aux résultats est imprévisible

Beaucoup d’analystes essaient d’anticiper la réaction que pourraient avoir les marchés à la victoire de tel ou tel candidat.

Une victoire de Donald Trump est perçue par certains comme bénéfique pour les actions américaines, car elle serait synonyme d’une fiscalité durablement allégée pour les entreprises, contrairement à ce que prévoit le programme de son rival. D’autres pensent, qu’au contraire, une victoire de Joe Biden serait plus appréciée par les investisseurs car elle impliquerait un apaisement des tensions internationales.

Nous pensons nous que la réaction des marchés à un tel évènement politique est totalement imprévisible. La preuve en est que la plupart des analystes prédisaient qu’une victoire de Donald Trump en 2016 entraînerait un cataclysme boursier, or c’est exactement l’inverse qui s’est produit…

Nous regardons à plus long terme

Nous sommes convaincus que les élections américaines sont susceptibles de générer un surcroît de volatilité sur les marchés d’ici la fin de l’année, mais il nous semble très risqué de tenter de définir des stratégies d’investissement sur cet évènement.

Nous regardons donc à plus long terme et continuons de privilégier un scénario de reprise de l’activité économique mondiale, même si son rythme est appelé à se modérer avec le renforcement récent des mesures de distanciation sociale. Nous maintenons ainsi des vues assez constructives dans les portefeuilles, en privilégiant les actions aux obligations dans des proportions modérées.

Nous tiendrons naturellement un Comité de gestion après les élections américaines pour évaluer leur impact sur vos portefeuilles. Mais nos (éventuelles) décisions de gestion prises dans ce Comité seront toujours guidées par notre analyse de la situation macroéconomique et des risques identifiés à court terme, et non par le résultat des élections.