Yomoni : investissez mieux !

Certains placements résistent assez bien aux crises. Ce sont ces fameuses valeurs-refuge qui servent de position de repli aux investisseurs car elles ne perdent pas, ou peu de valeur en cas de crise, voire progressent.

Intéressons nous à certains de ces placements, en gardant toujours à l’esprit que, sauf mention du contraire, tous les placements mentionnés dans cet article sont soumis à des risques de perte en capital.

Avant de commencer... un petit avertissement.

Rien ne vaut la diversification ! Rechercher des placements capables de supporter une crise a du sens dans une attitude tactique, à court terme. Mais savoir louvoyer entre les crises n'est pas nécessaire pour bien gérer son patrimoine. C'est même un jeu plutôt dangereux !

Comme on le verra en conclusion, pour affronter une crise, rien ne vaut la diversification du patrimoine et l'horizon long terme. Plutôt que de chercher un placement adapté au contexte, il faut garder le cap, et éventuellement - mais sans obligation aucune - ajuster la proportion d'actifs risqués et moins risqués dans son patrimoine selon la conjoncture et ses anticipations.

Le vrai placement anti crise n'est pas un placement, c'est une attitude !

Les livrets (Livret A, LDDS…) : sécurité totale mais rendement faible

Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, Livret Jeune, LEP) sont incontestablement un havre de paix pour l’épargnant en recherche de sécurité. Ils sont garantis par la banque, puis par l’État en cas de faillite de la banque. En outre, les fonds sont majoritairement placés auprès de la Caisse des Dépôts et des Consignations, ce qui ne peut que rassurer.

La garantie d’État des livrets est complémentaire à celle du fonds de garantie des dépôts, activé en cas de faillite de la banque. Cette garantie s’applique aux dépôts bancaires (livrets non réglementés, comptes à terme, PEL…) à hauteur de 100 000 € par personne.

Même en cas de crise grave, compte tenu du retentissement politique qu’aurait une perte en capital sur les livrets, nous pouvons compter sur les gouvernements pour préserver coûte que coûte ce symbole de l’épargne populaire.

Cependant, les plafonds peuvent vous empêcher d’y placer toute votre épargne. Les livrets bancaires non réglementés peuvent prendre le relais si vous dépassez les plafonds, mais ils sont encore moins rentables et fiscalisés.

Sur les livrets, le vrai risque est l’inflation : leur taux d’intérêt est souvent inférieur au taux d’inflation. Cela signifie que les sommes qui y sont déposées subissent une érosion minime mais régulière de pouvoir d’achat. La sécurité a un coût…

Le fonds en euros de l’assurance-vie : oui, mais…

Le fonds en euros est le compartiment sécurisé en capital d’un contrat d’assurance-vie.

Le fonds en euros est un excellent placement anti-crise, et une bonne solution de repli en cas de gros temps car les sommes qui y sont déposées sont garanties par l’assureur (selon les cas, avant ou après frais de gestion).

En cas de faillite de l’assureur, vous pouvez compter sur le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) qui vous indemnisera à hauteur de 70 000 euros par déposant et par assureur, quel que soit le support (fonds en euros ou unités de compte).

Si vous êtes vraiment frileux, multiplier les souscripteurs et les assureurs peut donc multiplier la garantie.

Cependant, l’accès au fonds en euros est de plus en plus difficile, et les assureurs se montrent réticents à accepter les versements 100 % alloués au fonds en euros. Ils exigent en général une part d’unités de compte, soumises aux risques de perte en capital. Pour accéder à ce placement anti-crise, vous devez donc accepter une part de risque sur une partie de vos actifs.

Les obligations : un bon mix avec les actions

Les obligations sont des titres de dette d’entreprise ou d’État : des promesses de remboursement du capital à une date donnée, avec des paiements d'intérêts périodiques jusqu’à l’échéance.

Un bon placement anti crise ? Oui, car les obligations sont donc généralement plus stables que les actions, et sont recherchées quand les actions baissent : c’est le phénomène nommé “fuite vers la qualité” (flight to quality).

Mixer actions et obligations est donc une bonne idée. C’est la base de la construction d’un portefeuille diversifié, et cela fonctionne plutôt bien depuis des décennies. Le couple actions et obligations, en proportions variables suivant le profil de risque, est le fondement de l’allocation stratégique que Yomoni pratique dans le cadre de ses mandats d’arbitrage.

L’inflation peut impacter négativement le prix des obligations, car elle dévalorise le capital qui sera remboursé à terme. Mais ces phases d’ajustement sont transitoires et ne remettent pas en cause la valeur ajoutée des obligations dans une allocation diversifiée sur le long terme.

Les actions défensives : une volatilité moindre, mais toujours présente

Certains secteurs économiques sont plus défensifs que d’autres : les biens de grande consommation ou les services aux collectivités par exemple.

En effet, en période de crise économique, les ménages ont tendance à réduire leurs dépenses. Cependant, si l’on peut facilement réduire les dépenses dites discrétionnaires (l’achat de la voiture peut être reporté, les vacances devenir plus modestes), il est bien plus difficile de rogner sur l’alimentation de base, l'hygiène, les produits ménagers…

Pour ces raisons, les actions des entreprises de ces secteurs ont souvent une volatilité inférieure à celle du marché, et baissent généralement moins que les autres pendant les périodes de crise.

Le même raisonnement tient aussi côté entreprises : les services aux collectivités locales sont peu sensibles au cycle économique.

Bien sûr, cette observation historique couplée à une explication économique, ne représente pas une garantie que le mécanisme se reproduira dans le futur. Et cela ne signifie pas que ces valeurs sont garanties en capital ! Elles sont simplement moins risquées.

Il est très rare de trouver des actions qui montent systématiquement lorsque la bourse baisse, car l’économie est interconnectée. Cela défierait d’ailleurs la logique (que feraient ces actions lorsque la bourse monte, comme c’est le cas la majorité du temps ? Elles ne peuvent pas monter tout le temps…).

Les actions GAFAM : tout dépend de la crise !

Quid des valeurs presque insubmersibles, telles que Google et Amazon ? Certes, elles sont solides et ont très peu de chance de faire faillite, compte tenu de l’abondante trésorerie dont elles disposent. Néanmoins, l’évolution du cours des actions ne reflète pas la probabilité de faillite, mais les changements d’opinions quant aux profits futurs. Ces valeurs, aussi sûres soient-elles, sont donc elles aussi à la merci de baisses des cours si les analystes révisent à la baisse leurs anticipations, souvent déjà très ambitieuses. Elles ont rarement le droit à l’erreur.

Pendant la crise du COVID, elles ont joué le rôle d’amortisseur grâce à leur positionnement sur les échanges à distance (commerce électronique, cloud). Mais rien ne dit que la prochaine crise sera similaire…

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L’or : la valeur refuge par excellence ?

L’or est souvent perçue comme la valeur refuge par excellence. Mais attention au type d’or dont on parle !

La vraie valeur refuge, ce sont les pièces : elles sont aisément transportables et leur plus faible valeur unitaire qu’un lingot permet de s’en servir pour régler des transactions.

Une pièce d’or a gardé peu ou prou le même pouvoir d’achat depuis des siècles. Si vous pouviez payer un repas chaud et une nuit d’hôtel avec une pièce d’or au XIXe siècle, vous pouvez toujours vous payer un repas chaud et une nuit d’hôtel aujourd’hui avec la même pièce. Peu d’actifs ont la même capacité à conserver la valeur.

L’inconvénient de l’or, c’est qu’il ne rapporte rien, aucun intérêt, aucun dividende. À très long terme, il ne fera probablement pas progresser votre capital, il le maintiendra “à flot” en conservant sa valeur. C’est déjà pas mal, diront certains.

Attention aussi à l’horizon de temps : si la capacité de l’or à conserver la valeur a été démontrée au fil des siècles, à l'échelle de quelques années, l’or a déçu et a difficilement joué le rôle de valeur refuge.

Enfin, méfiez-vous des actions de mines d’or : c’est un actif spéculatif et non sécuritaire. Acheter des actions de mines d’or revient à parier sur le cours de l’or avec un effet de levier. Lorsque le cours de l’or est bas, les mines peuvent perdre de l’argent.

L’immobilier : oui pour la résidence principale

La pierre rassure…  Est-ce un placement anti crise ?

Une chose est sûre : posséder sa résidence principale est un facteur de réduction des risques. Qu’en est-il de l’investissement locatif, en direct ou via la pierre-papier (SCPI ou SIIC) ?

En cas de crise, l’immobilier n’est pas immunisé aux aléas : une crise économique pénalise la solvabilité des locataires. L’augmentation des charges d’entretien et des taxes peut créer un effet ciseau et faire chuter la rentabilité du bien rapidement.

En outre, la hausse des taux est en générale défavorable à l’immobilier : elle pénalise la capacité d’achat des nouveaux emprunteurs, et rend les rendements locatifs moins avantageux en comparaison des alternatives.

Enfin, puisque les frais de transaction sont élevés en immobilier, il est difficile de faire machine arrière. Ce n’est pas un investissement anti-crise que l’on achète lorsque l’on est inquiet et que l’on revend lorsque l’orage est passé !

Les terres agricoles : encore faut-il savoir les exploiter !

Les terres agricoles sont évidemment une réelle valeur refuge car elles répondent à l’un des besoins les plus fondamentaux : se nourrir.

À l’échelle d’un individu, un terrain n’est pas forcément évident à exploiter, mais à l’échelle d’une collectivité, la souveraineté alimentaire est un enjeu majeur de résilience.

Les fonds souverains consacrent une part de plus en plus importante de leurs actifs à l’agroalimentaire, afin de répondre à un besoin primaire et d’augmenter leur autosuffisance alimentaire lorsque les ressources du pays ne suffisent pas.

Après tout, à quoi sert l’argent si on ne peut pas se payer de quoi manger ?

Ceci étant dit, acheter des terres ou un verger en préparation d’une crise financière n’est pas accessible à tout le monde.

Les bitcoins et crypto monnaies : la grande inconnue

On ne sait pas vraiment quel est le comportement des crypto-actifs pendant les crises, car l’historique est trop court pour être représentatif. Pour l’instant, le cours des crypto-monnaies a eu sa vie propre, et a été relativement insensible aux crises économiques.

Cependant, au fil du temps, il gagne en corrélation avec le marché actions, notamment car il est sensible au volume de liquidités dans l’économie : lorsque l’argent est peu cher et rémunère peu, on est plus à même d’investir dans des actifs numériques que lorsqu’il rapporte 10% s’il est laissé en banque !

Par conséquent, il est trop tôt pour leur attribuer une qualité de valeur refuge. Une crise de liquidités, ou la fin du crédit gratuit (via la hausse des taux d’intérêt), pourrait les menacer.

Nous verrons bien !

Les “puts” et produits dérivés baissiers : avec modération et prudence

Rappelons le principe de ces produits financiers. Les puts sont des options de vente, elles garantissent un prix de vente minimum pendant une période donnée, en échange du paiement d’une prime initiale.

Par certains aspects, un put peut ressembler à une assurance à durée limitée dans le temps : vous êtes indemnisé en cas de sinistre.

Acheter des puts régulièrement pour protéger un portefeuille d’actions est très coûteux, et entame fortement la rentabilité de ce dernier (les choses étant bien faites en finance, si vous neutralisez tout le risque, vous obtenez le rendement sans risque, proche de 0).

Acheter des puts occasionnellement peut sembler une meilleure stratégie, mais encore faut-il pouvoir anticiper les crises… et au moindre tremblement des marchés, le prix des puts est le premier à réagir. Chercher à être opportuniste s’apparente donc à de la spéculation.

Il en est de même pour les trackers baissiers, qui répliquent le mouvement des indices à l’envers (montent pendant les baisses et vice-versa), parfois avec un multiplicateur. Ce ne sont pas des instruments adaptés au long terme, ils ne doivent être utilisés que de façon ponctuelle et opportuniste, et donc en spéculant sur les bons moments.

En conclusion : quel placement anti crise ?

Il n’existe pas un placement unique anti-crise (à part peut-être la résilience mentale et l’optimisme).

Chaque crise étant différente, chaque placement reste toujours vulnérable à un facteur de risque. Il existera toujours un scénario où la garantie ne sera pas au rendez-vous. Même le Llivret A peut couler : la banque peut faire faillite, le fonds de garantie des dépôts aussi, l’État français aussi, l’Euro peut ne plus rien valoir, etc. Dans ce débat, le catastrophisme aura toujours le dernier mot.

Quant à l’or, un remplaçant à ses usages industriels peut apparaître, il peut être rendu obsolète par des avatars numériques tels que les NFT, etc.

Il ne faut pas chercher à protéger l’ensemble de son portefeuille contre absolument tous les risques. C’est impossible, contre-productif et trop coûteux. Ce serait un peu comme assurer chacun des objets de sa maison contre la casse, et débourser 5000 euros par mois en primes d’assurance. Mieux vaut accepter les petits aléas de la vie.

3 conseils pour se protéger des crises sans pénaliser la rentabilité du portefeuille

Pour mieux traverser les crises, vous devez d’abord être au clair sur votre tolérance au risque. Le comportement des marchés lors de la crise du COVID l’a montré : les gagnants sont les investisseurs qui ont tenu bon sans paniquer.

Vous devez aussi définir votre horizon de temps. Si votre notaire vous demande de verser l’argent de votre achat immobilier en pleine crise, vous allez avoir un problème.

Là, ce n’est pas une question de tempérament mais d’anticipation de vos projets personnels. Pouvoir attendre est aussi une protection contre les crises !

Une fois le cadre posé, vous devez diversifier vos avoirs :

  • entre classes d’actifs (actions et obligations)
  • entre zones géographiques
  • entre enveloppes fiscales, notamment pour bénéficier des garanties des dépôts
  • entre investissements financiers et physiques (immobilier).

Avec cette organisation, vous ne serez pas totalement immunisé à la prochaine crise mais serez bien armé, mentalement et financièrement, pour la traverser sans craquer au plus mauvais moment, tout en conservant le potentiel de rentabilité de vos placements.

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Les supports d’investissement présentent des risques de perte en capital.

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