Yomoni : investissez mieux !

Dans cette Tribune, nous recevons Jérémy Tubiana de Lyxor. Lyxor est une société de gestion française qui figure parmi les leaders des ETF.

Jérémy Tubiana est responsable de la distribution France chez Lyxor ETF. Auparavant, il occupait les fonctions de gérant et de commercial auprès d'une clientèle de distributeurs français au sein de C&M Finances, société de gestion française, depuis 2009. Il a débuté sa carrière chez BNP Paribas en tant qu'assistant sales au sein des équipes Privalto puis Harewood Asset Management (aujourd'hui Theam). Jérémy est diplômé du Master 268, Banque d'Investissement et de Marché de l'Université de Paris Dauphine.


🎙️ Bonjour Jérémy, commençons par une question qui fâche. Est-ce intéressant de travailler dans le domaine de la gestion indicielle ? J’imagine que dans ta promo de fac, de nombreux jeunes diplômés se voyaient plutôt traders actifs ou stock pickers de génie à la Warren Buffett… Suivre passivement un indice ne faisant rêver personne. Alors est-ce que le métier n’est pas trop... passif ?


💬 Au contraire ! Avec les ETF, un investisseur a de nombreux choix à faire. Il doit choisir le bon ETF, la bonne classe d’actifs, la bonne zone géographique, le bon secteur…

À long terme, la performance d’un portefeuille dépend 90% à son allocation d’actifs. C’est contre-intuitif mais la sélection d’actions individuelles a un effet très minime sur la performance.

Et pour construire l’allocation d’actifs, les ETF sont des outils pouvant répondre à ce besoin : l’investissement n’est plus lié à la performance de quelques titres seulement. Cela réduit donc le risque.


🎙️ En parlant de performance, vous avez créé un  “Active-PassiveNavigator” dans lequel vous analysez la surperformance des gérants actifs, en toute transparence (voir ici).

Sans surprise, la gestion passive réalise la plupart du temps de meilleures performances que les gérants actifs. Cependant, je constate que les gérants actifs de certaines classes d’actifs (petites actions UK par exemple) ont battu à plate couture les indices récemment.

Quelle conclusion en tirer ? Les gérants actifs ont-ils finalement une valeur à apporter ?


💬 Concernant la transparence des performances, nous avons une vision pragmatique du sujet, c’est pourquoi nos équipes de recherche travaillent sur l’analyse de la performance des gérants actifs afin de trouver les classes d’actifs où ils arrivent à surperformer leur indice.

Sans surprise, les marchés les plus efficients, c’est-à-dire les plus liquides et ceux dans lesquels les prix des actifs reflètent rapidement toute l’information disponible, sont les plus compliqués à battre pour les gérants actifs.

Le meilleur portefeuille est celui qui mixera le meilleur des deux mondes, passif et actif, à condition de bien sélectionner son gérant actif et de construire la bonne allocation.

Si l’on souhaite recourir à des gérants actifs, il faut évidemment bien sélectionner son gérant… ce qui n’est pas une tâche facile : il est très difficile de repérer à l’avance le gérant qui réalisera la meilleure performance sur un marché donné. Les performances passées ne présagent pas des performances futures, on le répète sans cesse mais c’est une réalité.


🎙️ Parlons un peu du PEA, en quoi cette enveloppe fiscale profite-t-elle du développement des ETF ?


💬 Le principal véhicule d’épargne des Français est aujourd’hui l’assurance-vie. C’est une excellente enveloppe, très souple qui a de nombreux atouts, notamment pour anticiper la transmission de son patrimoine.

Pour mémoire, un contrat d’assurance-vie peut-être investi sur le fonds en euros, au capital garanti, ou sur les unités de compte, au capital non garanti maisaux perspectives possiblement meilleures. Il faut par ailleurs garder en tête que l’investissement en unités de compte est plus risqué que l’investissement en fonds euros.  Au sein de l’assurance-vie, dans un contexte de faible rendement du fonds en euros, les épargnants se tournent de plus en plus vers les unités de compte pour réaliser une allocation d’actifs adaptée à leurs projets. Cependant, ils gagneraient à envisager la même allocation en PEA.

Tout comme l’assurance-vie, le cadre fiscal du PEA est très avantageux : au bout de 5 ans de détention du plan, le PEA est exonéré d’impôt sur les plus-values. Seuls les prélèvements sociaux restent dus (17,2 %).Si vous revendez un titre et encaissez une plus-value mais que vous conservez les sommes ainsi gagnées dans le PEA (que vous les laissiez sur le compte-espèces ou que vous décidiez de les réinvestir sur un autre actif), vous ne serez pas taxé.

Mais l’avantage du PEA est qu’il est moins coûteux. La loi PACTE a plafonné les frais de cette enveloppe, et aujourd’hui les intermédiaires qui appliquent des frais de tenue de compte sont très rares. Même lorsque c’est le cas, ils sont inférieurs à ceux de l’assurance-vie.

Le PEA a gagné en intérêt grâce aux ETF, puisqu’il permet grâce à eux une vraie diversification internationale. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures mais les marchés US ont historiquement surperformé le marché de la zone euro. Ce qui montre que l’utilisation des ETF diversifiés géographiquement peut s’avérer pertinente.

Ainsi, l’achat du même tracker MSCI World sur PEA et sur un contrat d’assurance-vie, conservé à long terme, sera bien plus rentable sur le PEA. En outre, l’assurance-vie est moins souple sur le choix des supports, puisqu’on reste cantonné par le choix de l’assureur en matière d’unités de compte, alors que le PEA offre bien plus de choix : la gamme de trackers cotés sur Euronext est très complète.

Pour ces raisons, le PEA est une très bonne enveloppe pour préparer la retraite par exemple, en épargnant progressivement même des petits montants chaque mois sur des ETF. La valeur unitaire d’un ETF est faible et permet d’être immédiatement diversifié.

Attention : le PEA n’est pas intrinsèquement meilleur que l’assurance-vie, car ce sont deux produits à usage différent, mais mon propos est qu’il ne doit pas être négligé.

Les ETF présentent divers risques décrits ci-après, notamment celui de perte en capital. Les ETF sont des produits à frais réduits ; des frais de transaction peuvent toutefois être prélevés par l’intermédiaire financier.

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🎙️ Comment est-il possible de détenir des ETF répliquant des indices internationaux le MSCI World ou le Nasdaq, sur un PEA ?


💬 Le PEA impose que les actifs du fonds soient des actifs européens. C’est le cas de tous les ETF éligibles PEA : ils détiennent toujours des actions européennes. L’innovation tient ensuite à la réplication indirecte : nous obtenons la performance de l’indice recherché via des échanges de performance avec d’autres intervenants de marché.

Ce principe n’est pas nouveau et les ETF éligibles au PEA sont, comme tous les fonds proposés en France, agréés par l’Autorité des Marchés Financiers et régis par la loi européenne UCITS.

Ces ETF sont plébiscités par les investisseurs particuliers (les institutionnels ne peuvent détenir de PEA) qui souhaitent avoir accès aux marchés américains ou mondiaux, à l’immobilier coté, à l’eau, aux pays émergents, aux obligations souveraines… dans le cadre fiscal avantageux du PEA.


🎙️ Quelle solution pour les épargnants convaincus par l’attrait des ETF, mais moins autonomes ?


💬 Côté banque de détail, l’offre est très limitée. Il faut se tourner vers des réseaux indépendants, des banques en ligne ou courtiers en ligne ou des fintech pour obtenir le maximum de conseils ou, déléguer totalement la gestion en souscrivant une gestion pilotée, comme chez Yomoni.

Innovation toujours, Yomoni propose désormais un OPCVM éligible au PEA qui réplique la gestion de son mandat PEA. Cela permet quiconque d’obtenir la performance d’un PEA Yomoni tout en conservant son PEA actuel, qui peut être détenu dans une banque ou chez un courtier en ligne.

Côté conseillers en gestion de patrimoine, le marché évolue aussi. Les CGP sont parfois poussés par leurs clients à ajouter des ETF dans leurs allocations, car ils offrent une meilleure diversification et moins de frais. Il existe désormais des solutions adaptées au modèle économique des CGP, leur permettant de distribuer des allocations d’actifs en ETF, en remplacement ou en complément d’OPCVM actifs.

Tout le monde reconnaît l’attrait des ETF, mais chaque acteur doit trouver un modèle économique qui lui permette de proposer ses services.


🎙️ De nombreux particuliers se sont mis à la bourse pendant la crise du Covid. Ils cherchent surtout l’investissement direct en actions, le plaisir de se sentir actionnaire d’une entreprise, et de dénicher les pépites qui vont décoller…


💬 La sélection de titres peut être un loisir plaisant… mais on ne peut pas trouver constamment des idées d’investissement lorsque le patrimoine croît. Au-delà de plusieurs dizaines de milliers d’euros, cela devient trop risqué.

Et on en revient à notre propos initial : si la grande majorité des gérants peine à battre les indices, est-ce qu’un particulier fera mieux ?

Mais en réalité l’un n’empêche pas l’autre. Beaucoup d’institutionnels ont désormais une approche dite “cœur satellite”. C’est-à-dire une allocation “coeur” pour l’essentiel du patrimoine, par exemple 80%. Cette allocation sera placée sur un actif stratégique à long terme : le MSCI World, ou un ensemble d’indices très diversifiés.

Les 20% restants, le satellite, seront le terrain pour faire des paris plus actifs, surpondérer une zone géographique, un secteur, donner carte blanche à un gérant, ou acheter des actions en direct.


🎙️ Vous mettez en avant les ETF MegaTrends, quelle différence avec un ETF sectoriel ?


💬 Un ETF sectoriel réplique un indice parent traditionnel : les banques, l’automobile, la consommation courante, les matières premières…

Nos ETF Megatrends sont thématiques : ils offrent une exposition à des “méga-tendances” structurelles mondiales de long terme, tels que  la croissance de l’économie numérique (Digital Economy), les technologies de rupture (Disruptive Technology), le changement urbain avec la mobilité du futur (Future Mobility) et les villes intelligentes (Smart Cities) ainsi que les habitudes de consommation des Millennials (la génération Y).

Ils sont construits avec un émetteur d’indice comme MSCI qui va analyser à travers des outils utilisant l’intelligence artificielle un maximum de données pour construire un univers d’investissement cohérent.

Par exemple, l’ETF Megatrends Future Mobility comporte aussi bien des actions Nvidia et AMD (des fabricants de processeurs indispensables pour l’intelligence artificielle embarquée), Allkem (entreprise australienne qui extrait et travaille le lithium), Tesla qu’on ne présente plus, et des équipementiers automobiles.

Cet univers d’investissement sera évolutif dans le temps avec un comité d’experts qui participe à l’élaboration de l’univers. L’univers de titres est filtré ESG, ce qui permet aux ETF d’obtenir le label ISR (investissement socialement responsable).

Puisqu’ils répliquent physiquement les indices, les ETF Megatrends ne sont pas éligibles au PEA. Ils commencent cependant à être référencés dans certains contrats d’assurance-vie.


🎙️ Finissons en se projetant un peu. Les ETF sont de plus en plus utilisés par les intervenants de marché, risquent-ils un jour d’atteindre un jour un poids “trop important” ?


💬 En effet, les ETF se développent beaucoup et prennent de plus en plus de poids, tant dans les portefeuilles institutionnels que chez les investisseurs particuliers.

Cependant, en Europe les ETF ne représentent que 12 à 15% de la gestion d’actifs au global. Nous sommes encore très loin de la tendance aux États-Unis, où la part des ETF est bien plus importante.

Nous avons vécu une crise majeure avec le COVID et les ETF ont fait mieux que résister lors de la crise. Ils ont aussi démontré leur capacité à rester liquides en période de stress.


🎙️ Merci Jérémy ! Un dernier mot pour conclure ?


💬 Je voudrais revenir à l’épargne. Les Français ont beaucoup mis de côté pendant la crise du COVID, il est temps de ne pas laisser cet argent dormir sur un livret A !

Les ETF sont des produits financiers transparents, simples à comprendre et accessibles à tous quel que soit son profil de risque, des atouts de taille pour le particulier.

De manière générale, l’investissement sur les marchés financiers doit s’appréhender sur le long terme, de façon diversifiée et régulière même avec de faibles montants, et en limitant les frais.

Vous pouve retrouver Lyxor sur :

Il est important pour les potentiels investisseurs d'évaluer les risques décrits ci-dessous et dans les documentations produits disponibles sur le site lyxoretf.com

RISQUE DE PERTE EN CAPITAL : Les ETF sont des instruments de réplication : leur profil de risque est similaire à celui d’un investissement direct dans l’Indice sous-jacent. Le capital des investisseurs est entièrement à risque et il se peut que ces derniers ne récupèrent pas le montant initialement investi.

RISQUE DE REPLICATION : Les objectifs du fonds peuvent ne pas être atteints si des événements inattendus surviennent sur les marchés sous-jacents et ont un impact sur le calcul de l’indice et l’efficacité de la réplication du fonds.

RISQUE DE CONTREPARTIE : Dans le cas des ETF synthétiques, les investisseurs sont exposés aux risques découlant de l’utilisation d’un Swap de gré à gré. Conformément à la réglementation OPCVM, l’exposition à la contrepartie de Swap ne peut pas dépasser 10% des actifs totaux du fonds. Les ETF à réplication physique peuvent être exposés au risque de contrepartie s'ils ont recours au prêt de titres.

RISQUE SOUS-JACENT : L’Indice sous-jacent d’un ETF Lyxor peut être complexe et volatil. Dans le cas des investissements en matières premières, l’Indice sous-jacent est calculé par rapport aux contrats futures sur matières premières, ce qui expose l’investisseur à un risque de liquidité lié aux coûts, par exemple de portage et de transport. Les ETF exposés aux Marchés émergents comportent un risque de perte potentielle plus élevé que ceux qui investissent dans les Marchés développés, car ils sont exposés à de nombreux risques imprévisibles inhérents à ces marchés.

RISQUE DE CONCENTRATION : Certains ETF, dont les ETF thématiques et Smart Beta sélectionnent des titres actions et obligations pour leur portefeuille sur la base d’un indice d’origine de référence. Dans le cas où les règle de sélection sont particulièrement strictes, le portefeuille peut être plus concentré et le risque est réparti sur moins de titres que l’indice d’origine.

RISQUE DE CHANGE : Les ETF peuvent être exposés au risque de change s’ils sont libellés dans une devise différente de celle de l’Indice sous-jacent qu’ils répliquent. Cela signifie que les fluctuations des taux de change peuvent avoir un impact positif ou négatif sur les rendements.

RISQUE DE LIQUIDITE : La liquidité est fournie par des teneurs de marché enregistrés sur les bourses où les ETF sont cotés, en ce compris la Société Générale. La liquidité sur les bourses peut être limitée du fait d’une suspension du marché sous-jacent représenté par l’Indice sous-jacent suivi par l’ETF, d’une erreur des systèmes de l’une des bourses concernées, de la Société Générale ou d’autres teneurs de marché, ou d’une situation ou d’un événement exceptionnel(le).

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Les supports d’investissement présentent des risques de perte en capital.

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