Equipe Gestion image de profil Equipe Gestion

Commentaire de l'équipe Gestion - mars 2026

Commentaire de l'équipe Gestion - mars 2026
“Une fois qu’on a dépassé la mesure, il n’y a plus de limite” – Euripide

Le mois de mars a été marqué par le conflit en Iran. Si le déclenchement de la guerre en lui-même n'a pas constitué une surprise, c'est la réaction iranienne qui a véritablement sidéré les observateurs.

Plutôt que de circonscrire les hostilités, Téhéran a fait le choix de l'embrasement : frappes contre plusieurs pays du Moyen-Orient et, surtout, blocage du détroit d'Ormuz. Ce détroit, artère vitale du marché pétrolier mondial, n'avait jamais été fermé. Un franchissement de seuil qui donne toute sa résonance à l'avertissement d'Euripide dans Médée : « Une fois qu'on a dépassé la mesure, il n'y a plus de limite. »

Face à la flambée des cours de l'énergie, et du pétrole en particulier, les données macroéconomiques ont été reléguées au second plan. Toute l'attention s'est portée sur l'impact que ce choc d'offre peut avoir sur la croissance et l'inflation. Les prévisions ont été rapidement réactualisées : pour la zone euro, la BCE anticipe désormais une inflation à 2,6 % en 2026, contre 1,9 % dans ses projections de décembre, et une croissance ramenée à 0,9 %.

Les réactions des banques centrales sont, naturellement, au cœur de toutes les attentions d'autant que le parallèle avec 2022, où la flambée de l'énergie avait déclenché un cycle de hausse de taux historique, est dans tous les esprits. Côté Fed, le message est celui de la patience : l'institution reconnaît l'incertitude liée au choc d'offre et se dit « bien positionnée pour ajuster sa politique en fonction des données à venir ». Côté BCE, le ton est sensiblement plus ferme : la stabilité des prix reste l'objectif central et l'institution fera ce qu'il faut pour le préserver, même si les effets du choc sur les prix pourraient n'être que transitoires. Résultat : les marchés n'intégraient plus d'assouplissement significatif de la Fed avant fin 2026, et anticipaient deux à trois hausses de taux de la BCE dès le mois d'avril.

Dans ce contexte, les actions internationales finissent le mois sur une forte baisse de -4,9% en euros (-7,1% en devises locales). Les actions américaines ont relativement mieux résisté (-2,7%) sur le mois alors que les actions de la zone euro perdent -8,4%. Les actions japonaises et les actions émergentes quant à elles ont le plus souffert avec des pertes respectives en euros de -10,2% et -11%. Du côté obligataire, le retour des craintes inflationnistes a poussé les taux souverains à la hausse, entraînant une perte d'environ -2,2 % sur les obligations mondiales.

Point sur les allocations

Nous avions adapté nos allocations dès le déclenchement du conflit en Iran, le 28 février, puis ajusté de nouveau dans les premiers jours de mars face à l'escalade iranienne.

Nous sommes ainsi passés en mode défensif en abaissant le poids des actions dans les profils diversifiés. Dans un profil équilibré (P6), exposé à long terme à 50 % en actions et 50 % en obligations, nous avons ramené la poche actions à 45 %, portant les obligations à 55 %. Au sein de la poche actions, nous avons conservé la légère sous-pondération des expositions européennes, redirigée exclusivement au profit des actions américaines — les États-Unis étant exportateurs nets d'énergie. Nous avons par ailleurs clôturé notre surexposition aux valeurs mondiales de la santé.

Sur la poche obligataire, nous avons remplacé les obligations d'entreprises court terme par du cash et réduit notre exposition obligataire de 5 %, portant la poche de liquidités à 10 % dans un profil P6. Ce positionnement permet à la fois d'abaisser la sensibilité aux taux d'intérêt et de réduire le risque de crédit, dans un climat où la dette non cotée suscite de nombreuses interrogations.

La semaine dernière, la trêve surprise a provoqué un fort rebond des marchés actions. Nous avons tenu un comité d'investissement à la suite de ce rebond et décidé de maintenir notre positionnement inchangé. La réaction des marchés, qui semblait anticiper une fin rapide du conflit, nous a paru prématurée alors que les négociations n'étaient pas encore engagées. Le signal est positif, certes, mais le week-end dernier et le nouveau blocage du détroit d'Ormuz, décidé cette fois par les Américains, rappellent que l'incertitude reste entière. Surtout, on le sait depuis le début : plus que le niveau des prix de l'énergie en tant que tel, c'est la durée de cette hausse qui compte pour l'économie. Or nous entrons dans les horizons de temps où un choc prolongé commencerait à peser significativement sur la croissance.

Le prochain mouvement pour nos profils diversifiés sera vraisemblablement une remontée du niveau de risque, mais nous estimons que c'est encore prématuré. Gardons en tête que nos profils les plus offensifs (P10 en assurance-vie et PEA) restent investis à 100 % en ETF actions, ce qui leur a permis de pleinement bénéficier du rebond. 

Il est évidemment impossible d'avoir un timing parfait, sauf peut-être à faire partie du cercle restreint des proches de Donald Trump…

Obtenez votre recommandation personnalisée en moins de 2 minutes

Jusqu’à 800€ offerts avec le code AVMULTI26 pour toute 1ere souscription à une assurance-vie jusqu'au 31/03/2026. Voir conditions.

Les supports d'investissement présentent un risque de perte en capital.

Mockup Yomoni App