Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?
Source : @Bloombeg LP
Macroéconomie
- Aux Etats-Unis, les promesses de ventes de logement en avril augmentent plus qu’attendu à 1,4% contre 1% attendu. Les mises en chantier d’avril baissent moins qu’attendu, passant de 1,507 millions à 1,465 millions contre 1,42 millions attendu et les chiffres prévisionnels des permis de construire progressent légèrement plus que les attentes et passent de 1,363 millions à 1,442 millions. L’indice manufacturier de la Fed de Philadelphie du mois de mai passe en territoire négatif, passant de 26,7 à -0,4 contre des attentes à 17,6.
- L’indice PMI Composite prévisionnel américain du mois de mai reste stable à 51,7, tiré par la composante manufacturière qui passe de 54,5 à 55,3 alors qu’elle était attendue en baisse à 53,8. La composante des services résiste bien, passant de 51 à 50,9, contre des attentes à 51,1. L’indice GDP Now de la Fed d’Atlanta pour le deuxième trimestre passe de 4% à 4,3%.
- L’indice du Michigan du mois de mai montre que les anticipations d’inflation à 1 an et à 5 ans montent toutes deux à respectivement 4,8% et 3,9% contre 4,7% et 3,5% en avril. L’indice de confiance des consommateurs fait un nouveau plus bas à 44,8, en forte révision à la baisse depuis l’estimation préliminaire de 48,2 et contre 49,8 le mois dernier.
- En zone euro, pas de surprise sur le front de l’inflation en avril, confirmée à 3% contre 2,6% en mars. De même, l’inflation sous-jacente ralentit comme anticipée en passant de 2,3% en mars à 2,2% en avril.
- Le PIB allemand a été confirmé pour le premier trimestre en croissance de 0,3% contre 0,3% précédemment. Attendu en légère baisse à 84,2, l’indice IFO du climat des affaires s’améliore légèrement, passant de 84,5 à 84,9.
- En revanche, les PMI prévisionnels du mois de mai déçoivent fortement. Ils reculent et l’indice composite passe de 48,8 à 47,5, les deux composantes baissant. Ainsi la composante manufacturière passe de 52,2 à 51,4 et la composante des services de 47,6 à 46,4. La France se distingue particulièrement avec un indice composite global qui s’effondre, passant de 47,6 à 43,5. La composante des services, attendue en légère hausse, s’effondre finalement et passe de 46,5 en avril à 42,9, soit les niveaux de fin 2020, période Covid !
- Au Royaume-Uni, l’inflation ralentit en avril et s’établit à 2,8% contre 3,3% en mars et 3% attendu. Cela s’explique largement par des facteurs spécifiques et temporaires, comme la baisse des factures d’énergie domestique liée au plafonnement réglementaire, des effets de base favorables et un ralentissement de certaines composantes comme l’alimentation et les services. De même, l’inflation core passe de 3,1% à 2,5% contre 2,6% attendu.
- Le taux de chômage du mois de mars a été publié en hausse à 5% alors qu’on l’attendait stable à 4,9%. Le salaire moyen bonus compris en mars augmente légèrement plus qu’attendu avec une croissance de 4,1% contre des estimations à 3,8%. Les ventes au détail au Royaume-Uni se contractent de -1,3% en avril contre -0,6% attendu et les ventes au détail principales de -0,4% contre des estimations de -0,3%.
- Au Japon, la croissance prévisionnelle du premier trimestre s’établit à 2,1% en rythme annuel contre 1,7% attendu et 0,8% pour le dernier trimestre 2025, le chiffre ayant été révisé à la baisse puisqu’elle s’établissait jusqu’à présent à 1,3%.
- En Chine, le taux de chômage du mois d’avril a diminué plus qu’attendu. Il s’établit ainsi à 5,2% contre 5,4% en mars et 5,3% attendu. En revanche, la production industrielle en rythme annuel déçoit un peu en étant publiée en croissance de 4,1% contre 5,7% en mars et 5,9% attendu.
Résultats
- Du côté des résultats, Nvidia a une nouvelle fois battu le consensus avec 81,6 milliards de chiffre d’affaires, un record en hausse de 85% sur un an, contre une estimation moyenne autour de 79 milliards. L’entreprise a par ailleurs annoncé une prévision de chiffre d’affaires de 91 milliards pour le trimestre en cours. Elle a de plus annoncé une nouvelle autorisation de rachat d’actions de 80 milliards et le passage du dividende de 0,01 USD par action à 0,25 USD. Nvidia a réussi à conserver une marge brute de l’ordre de 75%, conforme aux attentes.
- Sa trésorerie a augmenté et est de 50 milliards sur le trimestre contre 27,4 milliards sur le premier trimestre de l’année dernière. De plus 26,4 milliards de trésorerie ont été utilisés pour de l’investissement contre 5,2 milliards l’année dernière à la même époque.
- Walmart a publié des résultats du premier trimestre supérieurs aux attentes tout en laissant inchangées ses prévisions pour l’ensemble de l’exercice. De plus, Walmart a indiqué que son résultat opérationnel avait été pénalisé par la hausse des coûts de carburant, l’entreprise ayant décidé de ne pas répercuter cet impact sur les prix de vente et d'en absorber le surplus, décision qui pourrait toutefois ne pas durer.
Banque centrale
- Les Minutes de la Fed ont confirmé un changement de tonalité important. La banque centrale américaine n’est plus simplement dans l’attente d’un retour de la désinflation avec un retour de l’inflation à 2%. En effet, plusieurs membres s’inquiètent désormais d’une inflation plus persistante, alimentée par la hausse de l’énergie ce qui pourrait rendre nécessaire un nouveau resserrement monétaire.
- Kevin Warsh a prêté serment devant Donald Trump. Ce dernier a déclaré qu’il souhaite que le président de la banque centrale américaine soit indépendant et fasse du bon travail.
- Du côté des prévisions d’évolution des taux directeurs, le marché estime désormais probable une hausse des taux directeurs de la banque centrale américaine de 0,25% lors de la réunion du 9 décembre 2026, soit une réunion plus tôt que la semaine dernière.
- En zone euro, la BCE fait face à un dilemme similaire, alors que l’inflation était revenue à la cible, mais dans un contexte de croissance plus fragile. La Commission européenne a revu ses prévisions dans un sens nettement stagflationniste, avec une croissance attendue à seulement 0,9% cette année et une inflation autour de 3%. Plusieurs responsables de la BCE reconnaissent qu’une hausse de taux pourrait être nécessaire pour préserver la crédibilité de l’institution. Christine Lagarde a également rappelé que la réponse budgétaire des Etats devait rester ciblée et temporaire, afin de ne pas compliquer davantage la tâche de la politique monétaire.
- La probabilité d’une hausse des taux directeurs de 0,25% lors de la prochaine réunion de politique monétaire le 11 juin prochain a légèrement baissé sur la semaine et est passée de 90% à 85%.
Performances de la semaine
- Semaine de nouveau positive pour les actions internationales qui progressent de +1,5% en euros (et +1,3 % en devises locales). Une fois n’est pas coutume, ce sont les actions de la zone euro qui rebondissent de +3,3%. Les actions émergentes, américaines et japonaises se tiennent ensuite dans un mouchoir de poche avec des performances respectives de +1,3%, +1,2% et +1,1%.
- Sur le plan sectoriel (performances en euros), les trois secteurs mondiaux les mieux orientés sont les services aux collectivités (+3,3%), la santé (+3,1%) et les valeurs financières (+2,3%). À l’opposé, l’énergie ne progresse que de +0,3%, la consommation est flat et les télécommunications, seul secteur mondial en baisse, reculent de -0,8%.
- Du côté des obligations, les taux se stabilisent mais restent élevés. Le 10 ans américain recule ainsi de 3 points de base, passant de 4,6 % à 4,57 %, et le 30 ans de 5,13 % à 5,08 %. Le 10 ans allemand se détend de 12 points de base et passe de 3,15 % à 3,03 %. Le CMS 10 ans passe de 3,22 % à 3,08 %. Le spread OAT-Bund est resté aux alentours des 80 points de base.
- Du côté des matières premières, le pétrole recule de près de 5 % et l’or d’environ 1 %.
- Enfin, sur le marché des changes, le dollar est resté stable et passe face à l’euro de 1,1626 à 1,1603.
À suivre cette semaine
- Semaine un peu plus calme à venir sur le front des chiffres macro-économiques. Néanmoins, même s’ils sont moins nombreux qu’à l’accoutumée, ils seront assez importants.
- Ainsi, aux Etats-Unis, nous suivrons avec attention la confiance des consommateurs du Conference Board du mois de mai attendu en baisse à 91,9 contre 92,8 en avril. Nous aurons également une actualisation des chiffres prévisionnels de la croissance au premier trimestre aux Etats-Unis avec une croissance attendue à 2% ainsi que la publication du Core PCE, indice des prix à la consommation des ménages d’avril.
- En zone euro, nous lirons avec attention le compte rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la BCE.
