Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?
Source : @Bloombeg LP
Macroéconomie 🔎
- Aux États-Unis, l’inflation en avril passe de 3,3 % à 3,8 % contre 3,7 % attendu. Cette hausse n’est cependant pas due qu’à la hausse des cours du pétrole. L’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) progresse également plus qu’attendu, passant de 2,6 % à 2,8 % contre des estimations initiales à 2,7 %.
- Les prix à la production en avril progressent quant à eux de 1,4 % contre 0,5 % attendu et 0,7 % en mars.
- Les ventes de logements existants ne progressent que légèrement au mois d’avril, passant de 4,01 millions en mars (chiffre révisé à la hausse) à 4,02 millions contre 4,05 millions attendus. Comme attendu, les ventes au détail progressent de 0,5 % en avril contre 1,6 % en mars (chiffre révisé à la baisse).
- En avril, la production industrielle a progressé de 0,7 %, soit nettement plus que les 0,3 % attendus.
- Le GDPNow de la Fed d’Atlanta ressort à 4 % contre 3,7 % attendu.
- En zone euro, comme attendue, l’inflation allemande passe de 2,7 % en mars à 2,9 % en avril. De même, pas de surprise pour l’inflation française qui passe de 1,7 % à 2,2 %. En revanche, le taux de chômage au premier trimestre en France passe de 7,9 % à 8,1 % contre 7,8 % attendu.
- La croissance prévisionnelle au premier trimestre en zone euro a été pour le moment confirmée à 0,8 % en glissement annuel, contre 1,3 % au dernier trimestre de l’année dernière.
- En mars, la production industrielle se contracte de 2,1 % en glissement annuel (contre -1,7 % attendu et -0,6 % en février), tandis qu’elle progresse légèrement de 0,2 % sur le mois.
- L’indice ZEW du sentiment économique en zone euro s’améliore en mai alors qu’on l’attendait en légère dégradation : il passe ainsi de -20,4 en avril à -9,1 contre -21,6 attendu. La tendance est identique en Allemagne, où l’indicateur passe de -17,2 à -10,2 contre -19,8 attendu.
- Au Royaume-Uni, la croissance du premier trimestre est meilleure qu’attendue et ressort à 1,1 % en rythme annuel, contre 0,8 % attendu et 1 % au dernier trimestre 2025. Attendue en contraction de -0,2 %, la production manufacturière du mois de mars progresse de 1,2 % après une contraction de 0,2 % en février.
- En Chine, l’inflation au mois d’avril, attendue en légère baisse à 0,9 % contre 1 % en mars, progresse finalement et ressort à 1,2 %. La surprise provient essentiellement des prix à la production, qui bondissent en passant de 0,5 % en mars à 2,8 % au mois d’avril, contre 1,5 % attendu.
Résultats
- La saison des résultats est bien avancée et elle est asymétrique entre les États-Unis et l’Europe. Aux États-Unis, où près de 90 % des sociétés du S&P 500 ont publié, plus de 80 % d’entre elles battent les estimations des analystes concernant les bénéfices. D’après FactSet, il faut même revenir au deuxième trimestre 2021 pour observer une telle proportion de résultats battant le consensus.
- En Europe aussi la saison de résultats est très bonne, avec une croissance des bénéfices supérieure à 10 %. Mais hors énergie, la progression n’est que de 1,5 %.
- Concernant les résultats de la semaine dernière, Cisco a signé un record absolu de chiffre d’affaires, grâce notamment aux commandes d’infrastructures IA des hyperscalers.
- Tencent publie un premier trimestre solide, avec un résultat opérationnel en hausse de 17 %.
- En revanche, l’exercice d’Alibaba a été plus mitigé : si les revenus liés à l’IA sont en très forte hausse, on a assisté à la première perte opérationnelle depuis 2021, en raison des investissements particulièrement importants sur l’intelligence artificielle et des subventions massives engagées dans le « quick commerce ».
Banques centrales 💰
- Le Sénat a confirmé Kevin Warsh comme 17e président de la Réserve fédérale américaine par un vote de 54-45, soit le plus serré de l’ère moderne. Cette marge, particulièrement faible, reflète les craintes démocrates que Warsh ne cède aux pressions de Trump pour baisser les taux rapidement. Powell restera au Board comme gouverneur, une première depuis près de 80 ans.
- Avec les chiffres d’inflation, le marché a totalement écarté l’hypothèse d’une baisse rapide des taux et anticipe désormais une probable hausse. En une semaine, le marché est passé d’une probabilité de hausse de taux de 17,9 % pour la réunion du 27 janvier 2027 à 40,9 %, contre 39,9 % pour un statu quo.
- Du côté de la BCE, Joachim Nagel, président de la Bundesbank, plaide pour une hausse des taux lors de la prochaine réunion de politique monétaire. Il a prévenu que la BCE ne considérait plus le même scénario de base et penchait désormais vers un scénario défavorable. Il redoute que la hausse des prix ne se limite pas aux carburants et rappelle qu’un choc d’offre peut mettre jusqu’à 18 mois pour affecter l’ensemble des biens. Philip Lane, le chef économiste de la BCE, a de son côté rappelé que, contrairement à 2022, ce sont en 2026 les économies asiatiques qui sont en première ligne dans le choc énergétique, car elles importent plus que l’Europe via le détroit d’Ormuz.
- Le marché est désormais à une probabilité de 90 % pour une hausse des taux de 25 points de base lors de la réunion du 11 juin 2026, et de 50,4 % pour une nouvelle hausse de 25 points de base lors de la réunion du 23 juillet 2026.
Performances 📊
- Semaine plus calme en termes de performance, mais performance néanmoins positive pour les actions internationales avec +0,7 % en euros (et -0,5 % en devises locales). Ce sont les actions américaines qui progressent le plus avec une performance de +1,4 %, les actions japonaises étant également en territoire positif avec une hausse de +0,3 % en euros. Les actions de la zone euro baissent de -0,9 % et les actions émergentes de -1,3 %.
- Sur le plan sectoriel (performances en euros), les trois secteurs mondiaux les mieux orientés sont l’énergie qui rebondit de +6,7 %, la technologie (+2,2 %) et la consommation courante (+2 %). À l’opposé, la consommation discrétionnaire recule de -1,3 %, les services aux collectivités de -1,5 % et l’immobilier de -1,6 %.
- Du côté des obligations, les taux ont fortement rebondi, notamment sur la journée de vendredi : le 10 ans américain progresse ainsi de 24 points de base, passant de 4,36 % à 4,6 %, et le 30 ans de 4,94 % à 5,13 %. Le 10 ans allemand passe de 3 % à 3,15 %. Le CMS 10 ans passe de 3,02 % à 3,22 %. Le spread OAT-Bund bondit et passe de 63 points de base à 82 points de base.
- Du côté des matières premières, le pétrole rebondit de près de 8 % et l’or recule d’un peu plus de 3,5 %.
- Enfin, sur le marché des changes, le dollar, soutenu par une anticipation grandissante de hausse des taux directeurs en raison des chiffres d’inflation, progresse nettement face à l’euro en passant de 1,1786 à 1,1626.
À suivre cette semaine
- Cette semaine, nous prendrons connaissance des chiffres prévisionnels des PMI américains et en zone euro, toujours attendus en zone d’expansion aux États-Unis et en zone de contraction en Europe.
- Aux États-Unis, nous lirons également avec attention le compte rendu de politique monétaire de la banque centrale américaine. En fin de semaine, nous prendrons connaissance de l’indice du Michigan avec l’indicateur de confiance des consommateurs et les anticipations d’inflation.
- En zone euro, nos regards seront tournés sur l’inflation, attendue à 3 % contre 2,6 % en mars, et à 2,2 % pour l’inflation core contre 2,3 % en mars. En Allemagne, nous prendrons également connaissance de la croissance au premier trimestre, ainsi que de l’indice IFO du climat des affaires.
- Enfin, au Japon, nous prendrons connaissance du PIB prévisionnel pour le premier trimestre, avec une croissance attendue en hausse de 1,7 % en rythme annuel contre 1,3 % pour le dernier trimestre 2025, ainsi que le dernier niveau d’inflation.
- Concernant les résultats d’entreprise, la semaine sera importante avec les résultats de Nvidia.
