À partir de la rentrée prochaine, tous les élèves de 4ème suivront un module d'éducation financière : gestion d'un budget, épargne, crédit, moyens de paiement, arnaques financières. Une mesure saluée par une large majorité de Français… qui reconnaissent en creux que l'école les a laissés sans repères. Nous avons interrogé les Français sur leur rapport à l'éducation financière à l'école. Les résultats dressent un constat sans appel.
Chiffres clés
- 82 % des Français sont favorables à l'enseignement de l'éducation financière dès la 4ème
- 80 % estiment que l'école ne les a pas suffisamment préparés à gérer leur argent
- 74 % pensent qu'une meilleure éducation financière à l'école leur aurait évité des erreurs
- 63 % des Français n'ont jamais, ou presque jamais, parlé d'argent en famille
- 70 % des Français jugent que les jeunes sont davantage influencés par les réseaux sociaux que par l'école ou la famille
« Des générations ont grandi sans qu'on leur parle d'argent. Ce silence, TikTok et Instagram l'ont rempli. Il est temps que l'école offre à tous les mêmes bases financières, quel que soit son milieu. »
Tom Demaison, Directeur de la communication de Yomoni
Une mesure quasi unanimement approuvée
La réforme lancée à la rentrée 2026 recueille une adhésion massive : 82 % des Français se déclarent favorables à l'introduction de l'éducation financière au collège. Seuls 5 % y sont opposés, signe d'un consensus rare sur un sujet de politique éducative.
L'école n'a pas préparé les Français à gérer leur argent
Le soutien à la réforme s'explique par un vécu personnel largement partagé : 80 % des Français estiment que l'école ne les a pas suffisamment préparés à gérer leur argent dans la vie adulte. Seuls 17 % portent un jugement positif sur leur formation financière scolaire , un chiffre qui illustre la profondeur du déficit perçu.
Budget, épargne, crédit : les priorités pédagogiques des Français
Interrogés sur les notions à enseigner en priorité, les Français placent la gestion d'un budget au quotidien largement en tête (57 %), devant la compréhension de l'épargne (45 %) et du crédit (42 %). La lutte contre les arnaques financières, enjeu croissant à l'ère numérique, arrive en quatrième position avec 39 %. Ces priorités reflètent des besoins concrets, ancrés dans le quotidien financier, bien plus que dans la théorie macro-économique.
74 % auraient évité des erreurs financières avec une meilleure éducation
Le passé parle pour la réforme : 74 % des Français estiment qu'une meilleure éducation financière à l'école leur aurait probablement ou certainement épargné des erreurs ou mauvaises décisions. Un chiffre qui donne toute sa portée à la mesure : ce n'est pas seulement une question de pédagogie, c'est une question de trajectoire de vie.
Découvert, absence d'épargne, crédit mal compris : les erreurs qui auraient pu être évitées
Parmi les erreurs identifiées, le découvert ou la mauvaise gestion du budget arrive en tête (49 %), suivi de l'absence d'épargne de précaution (47 %) et des mauvais choix de placement (31 %). La liste témoigne d'un manque de bases financières élémentaires, qui se paie dès l'entrée dans la vie adulte.
La famille, un filet de sécurité qui n'a jamais vraiment existé
L'école n'était pas seule en cause : 63 % des Français déclarent que l'argent était un sujet rarement ou jamais abordé en famille dans leur enfance. Pour 12 % d'entre eux, c'était même un tabou. Cette double absence, école et famille, explique en grande partie l'ampleur des lacunes constatées à l'âge adulte.
Les réseaux sociaux, nouveaux maîtres financiers des jeunes
Dans ce vide pédagogique, les réseaux sociaux ont pris la place. 70 % des Français estiment que les jeunes sont aujourd'hui davantage influencés par les réseaux sociaux que par l'école ou leur famille en matière d'argent et d'investissement. Un constat qui rend d'autant plus urgente une éducation financière structurée et fiable.
L'IA financière pour les jeunes : une ouverture prudente
La question de l'intelligence artificielle comme outil pédagogique fait son entrée dans le débat : 57 % des Français accepteraient qu'un jeune demande des conseils financiers à une IA, à condition que celle-ci soit encadrée ou limitée à des notions simples. 24 % estiment toutefois que le risque est trop élevé, rappelant la prudence qui entoure l'usage de ces outils par les mineurs.
Enseigner les bases de l'investissement : dès le collège pour les uns, plus tard pour les autres
Sur l'âge idéal pour aborder l'épargne longue et l'investissement, les Français se partagent entre le collège (33 %) et le lycée (31 %). Seuls 9 % jugent que cela devrait commencer dès le primaire, tandis que 14 % attendent les études supérieures. Un consensus relatif se dégage donc autour de la période 11-18 ans, précisément la fenêtre qu'ouvre la réforme de la rentrée 2026.
Une matière jugée aussi essentielle que le français ou les mathématiques
La légitimité de la finance dans le programme scolaire ne souffre guère de contestation : 84 % des Français considèrent qu'apprendre à gérer son argent est aussi important, voire plus utile, que certaines matières traditionnelles. Un tiers l'estiment même plus utile au quotidien que des disciplines actuellement enseignées. Pour 8 % seulement, les matières fondamentales doivent rester absolument prioritaires.
Les enseignants suffisamment formés ? Une majorité de Français en doute
L'adhésion à la réforme ne signifie pas qu'elle est jugée prête à l'emploi. 47 % des Français estiment que les collèges ne disposent pas d'enseignants suffisamment formés pour assurer ces cours, seuls 17 % pensent le contraire. Un quart estime que tout dépendra de la formation proposée, et 11 % souhaitent que des experts extérieurs viennent en renfort. Un signal fort sur les conditions de réussite de la mesure.
En synthèse
L'étude dessine un paysage cohérent : les Français accueillent la réforme de la rentrée 2026 avec un enthousiasme rare, nourri par un sentiment collectif d'avoir manqué de repères financiers à l'école et en famille. Les erreurs liées à ce manque (découvert, absence d'épargne, crédit mal compris) sont encore très présentes dans les mémoires. Dans ce contexte, l'irruption des réseaux sociaux comme principale source d'éducation financière pour les jeunes souligne l'urgence d'une alternative structurée et pédagogique. La réforme est attendue. Reste à la doter des moyens humains à la hauteur de l'ambition.
Méthodologie
Enquête réalisée en ligne (CAWI) du 19 au 26 mai 2026 auprès d'un échantillon représentatif de la population française. Les participants ont été recrutés et sollicités via le panel BuzzPress en France (27 700 personnes), par invitations électroniques (email) et via des canaux d'invitation sur Facebook et LinkedIn. L'échantillon a été constitué selon la méthode des quotas afin de refléter la structure de la population visée. Les résultats ont ensuite fait l'objet d'un redressement (pondération / calage sur marges) sur des variables socio-démographiques de référence (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, région), à partir des sources administratives et des données de l'INSEE. Des contrôles qualité ont été appliqués (unicité des répondants, exclusion des questionnaires incomplets ou incohérents). Données traitées conformément au RGPD.
Contacts presse
Gildas Piquet-Friboulet – gildas@buzzpress.fr – 06 19 93 58 32
Tom Demaison – tom.demaison@yomoni.fr – 06 52 11 00 03
