Adoptée en février 2026 après de très nombreux débats, la loi de finances 2026 rebat légèrement les cartes, avec un objectif affiché de réduction du déficit public et de ciblage des hauts revenus.
Si l’essentiel du cadre reste stable, plusieurs ajustements peuvent influencer vos choix d’épargne et de rémunération.
Impôt sur le revenu : revalorisation de 0,9% du barème, abattements maintenus
Le barème de l’IR est revalorisé de 0,9%
Comme chaque année, les tranches de l’impôt sur le revenu sont relevées afin d’éviter que l’inflation ne fasse mécaniquement basculer des foyers dans des tranches plus élevées alors même qu’ils n’auraient pas gagné en pouvoir d’achat.
Cette année, la revalorisation est de 0,9%, homogène sur toutes les tranches.
Ainsi, le seuil d’entrée dans l’impôt passe ainsi à 11 600 € de revenu net imposable par part, et les autres seuils (11%, 30%, 41%, 45%) sont ajustés dans les mêmes proportions.
Le barème de l’impôt sur le revenu 2026 (applicable aux revenus 2025)
| Tranches de revenus | Taux d'imposition de la tranche de revenu |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Plus de 181 917 € | 45 % |
Plafonds et abattements annexes
Plusieurs plafonds liés à l’impôt sur le revenu sont également ajustés :
- Plafond de déduction des pensions alimentaires pour un enfant majeur : 6 855 €.
- Plafond du quotient familial : 1 807 € par demi‑part.
- Avantage pour parent isolé porté à 4 262 €.
L’abattement de 10% (calqué sur l’abattement forfaitaire des frais professionnels des actifs) sur les pensions de retraite est maintenu, malgré des discussions lors des débats pour un remplacement par un abattement fixe de 2000 €.
2. Hauts revenus : contribution renforcée et pérennisée
La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), instaurée en 2025 et initialement temporaire, devient permanente tant que le déficit public reste supérieur à 3% du PIB.
Cette contribution vise à garantir un taux minimal d’imposition de 20% pour les ménages aux revenus très élevés, en s’appliquant notamment :
- À partir de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule.
- À partir de 500 000 € pour un couple.
Pour un foyer imposé essentiellement à la Flat Tax, cette contribution est destinée à combler l’écart entre la charge fiscale théorique et ce plancher de 20%.
Pour mémoire, même si le taux de la Flat Tax est de 31,4%, cette dernière se compose en 12,8% d’impôt et 18,6% de prélèvements sociaux. Les prélèvements sociaux ne sont pas considérés comme un impôt et n’entrent donc pas dans ce seuil de 20%. La taxe vise donc à combler l’écart entre 12,8% et 20%.
Exemple
Un couple qui réalise 600 000 € de plus‑values taxées au PFU et paie un taux global de 12,8% pourrait être redevable d’une CDHR pour atteindre un taux effectif d’environ 20%.
Tout dépendra de l’imposition de ses autres revenus puisque cette contribution se calcule sur le taux global d’imposition.
3. Épargne et fiscalité du capital : la flat tax grimpe, mais pas partout
CSG en hausse, PFU à 31,4%
La mesure la plus marquante pour les épargnants est la hausse de la CSG sur les revenus du capital, qui passe de 9,2% à 10,6%, faisant monter les prélèvements sociaux de 17,2% à 18,6%.
Mécaniquement, le prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou « flat tax ») passe de 30% à 31,4% (12,8% d’impôt + 18,6% de prélèvements sociaux).
Sont notamment touchés :
- Dividendes et plus‑values sur compte‑titres ordinaire.
- Gains sur PEA et PEA‑PME (exonérés d’IR après 5 ans, mais soumis aux prélèvements sociaux, désormais à 18,6%).
- Plus‑values sur actifs numériques (cryptomonnaies).
- Certains revenus patrimoniaux, par exemple la location meublée non professionnelle.
En revanche, restent exclus de cette hausse :
- Assurance‑vie et contrats de capitalisation.
- Revenus fonciers et plus‑values immobilières des particuliers.
Exemple
Sur 1 000 € de dividendes bruts en compte‑titres, le PFU passe de 300 € à 314 €, soit 14 € de fiscalité supplémentaire, pour un net qui baisse de 700 € à 686 €.
Assurance‑vie : grande gagnante de 2026
Les produits d’assurance‑vie explicitement exclus de la hausse de CSG. Les cotisations sociales restent à 17,2% sur l’assurance-vie.
En outre, le gouvernement avait envisagé d’intégrer les fonds en euros dans une forme d’« impôt sur la fortune improductive », avant de renoncer à cette piste.
Au final, tous les avantages de l’assurance-vie sont conservés :
- La fiscalité des rachats inchangée avec notamment l’abattement de 4 600 € par an (9 200 € pour un couple) après 8 ans.
- Le régime successoral extrêmement avantageux, avec 152 500 € d’abattement par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans.
L’assurance‑vie voit donc ses avantages renforcés face au compte‑titres (désormais taxé à 31,4%) et au PEA (taxé uniquement aux prélèvements sociaux après 5 ans à 18,6%).
Dans un contexte où les fonds en euros offrent en moyenne 2,5–2,8% nets de frais, supérieurs au Livret A à 1,5%,
Exemple Deux épargnants investissent chacun 50 000 € :
- L’un en fonds en euros à 2,5% net de frais via une assurance‑vie.
- L’autre sur des fonds obligataires comparables en compte‑titres à 2,5% brut.
Le premier supporte uniquement la fiscalité de l’assurance‑vie, avec possibilité d’optimiser grâce à l’abattement après 8 ans (uniquement les prélèvements sociaux à 17,2% sur les gains), tandis que le second subit le PFU à 31,4% sur les gains.
PER : coup de frein après 70 ans, davantage de souplesse avant
Le plan d’épargne retraite (PER) reste un pilier, mais avec un recentrage :
- Les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable à compter de 2026.
- En contrepartie, le report des plafonds de déduction non utilisés passe de 3 à 5 ans, ce qui aide notamment les indépendants aux revenus irréguliers à utiliser à plein ce dispositif de défiscalisation, ainsi que les primo épargnants en PER souhaitant réaliser un versement important.
Sur le plan de la CSG, une distinction apparaît :
- Les PER assurantiels (tels que le PER Retraite+ de Yomoni) sont exclus de la hausse de CSG, comme l’assurance‑vie.
- Les PER bancaires, sous forme de compte‑titres, pourraient y être soumis, même si ce point reste à clarifier par l’administration.
4. Autres mesures pour les particuliers : logement, dons, vie quotidienne
Nouveau statut de bailleur privé et rénovation énergétique
La loi crée un nouveau statut de bailleur privé, appelé à remplacer progressivement plusieurs dispositifs d’investissement locatif (Pinel, LMNP…).
Il s’applique notamment :
- Aux logements neufs ou en VEFA.
- Aux logements anciens faisant l’objet de travaux représentant au moins 30% du prix d’acquisition.
Les conditions principales sont les suivantes :
- Engagement de location nue au moins 9 ans
- Le logement doit être la résidence principale du locataire
- Un plafond de loyer qui détermine le taux d’amortissement
En contrepartie, le propriétaire bénéficie d’un amortissement d’une partie du coût d’acquisition, imputable sur les revenus fonciers (8 000 à 12 000 € par an selon le cas).
Cela signifie qu’une partie de la valeur d’acquisition s’imputera sur les loyers, permettent une importante défiscalisation des revenus.
En outre, le plafond majoré de 21 400 € pour l’imputation des déficits fonciers liés à la rénovation énergétique des logements énergivores est prolongé jusqu’au 31 décembre 2027.
Dons : plafond « Coluche » doublé
Le plafond de la réduction d’impôt dite « Coluche » passe de 1 000 € à 2 000 €, avec maintien du taux de 75% pour les dons aux organismes d’aide aux personnes en difficulté.
Taxe sur les petits colis importés
Une taxe de 2 € par colis est créée pour les achats de moins de 150 € importés hors Union européenne, afin de soutenir le commerce local. Cette taxe est susceptible d’être répercutée sur les prix payés par les consommateurs.
Néanmoins, cette taxe étant française et non européenne, les importateurs se contentent pour l’instant de faire livrer leurs colis dans un pays frontalier (Belgique, Pays-Bas) et de franchir la frontière française en camion afin d’éviter la taxe.
5. Indépendants, micro‑entrepreneurs : seuils, TVA, et arbitrages de rémunération
Seuils du régime micro revalorisés
Pour 2026, les plafonds du régime micro entrepreneur sont relevés :
Pour être éligible au régime fiscal de la micro-entreprise, le chiffre d’affaires ne doit pas dépasser :
- 203 100 € pour une activité de vente de marchandises, d’objets, de denrées à emporter ou à consommer sur place,
- 83 600 € pour les prestations de services.
Pour mémoire, la sortie du statut n’est effective qu’après deux années consécutives de dépassement.
TVA, facturation électronique, ACRE
La généralisation de la facturation électronique se poursuit avec un calendrier ajusté mais pas supprimé.
La loi de finances 2026 n’instaure finalement pas le seuil unique de franchise en base de TVA à 37 500 € initialement envisagé, ce qui laisse en place les seuils différenciés par type d’activité.
Les indépendants n’ont aucune obligation nouvelle en 2026, ils doivent simplement se préparer à recevoir à partir de l’automne des factures électroniques émises par les très grandes entreprises.
Rémunération : dividendes vs revenu professionnel
Pour les indépendants qui se versent des dividendes via une société (SASU, SARL, etc.), la hausse de la flat tax à 31,4% renchérit la rémunération par le capital par rapport à la rémunération sous forme de salaire ou de BNC/BIC.
Un gérant qui se verse 20 000 € de dividendes subit désormais 6 280 € de PFU (31,4%), contre 6 000 € auparavant, soit 280 € de fiscalité en plus, alors que la rémunération via un salaire suit les barèmes de l’IR en bénéficiant de la revalorisation de 0,9% du barème.
6. Taxe sur les holdings patrimoniales
La loi de finances 2026 introduit une taxe spécifique visant les holdings patrimoniales, avec un périmètre finalement plus limité que celui envisagé dans le projet initial mais un taux bien plus élevé.
Alors qu’il était prévu d’appliquer un taux de 2 % sur l’ensemble des actifs non affectés à une activité économique, le dispositif a été recentré sur certains biens considérés comme « somptuaires », détenus hors cadre professionnel.
Sont notamment visés : yachts, véhicules de collection, chevaux de course, bijoux…
À l’inverse, plusieurs catégories d’actifs sont explicitement exclues de l’assiette :
- trésorerie,
- titres financiers,
- participations actives,
- œuvres d’art.
La taxe concerne les holdings contrôlées par des personnes physiques, dès lors que la valeur de leur patrimoine atteint au moins 5 millions d’euros.
Le taux retenu est de 20 %, applicable aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026. Ainsi, si la taxe épargne désormais les actifs financiers, elle pénalise très durement les biens réellement somptuaires, ce qui dissuade totalement de les conserver dans une holding.
7. Épargner en 2026 : quelles optimisations fiscales ?
Pour un épargnant qui investit principalement en assurance‑vie, PEA, PER et éventuellement compte‑titres, les principaux messages de la loi de finances 2026 sont :
- L’assurance‑vie sort renforcée, en particulier pour les stratégies de long terme et de transmission, sa fiscalité étant inchangée et protégée de la hausse de CSG.
- Le compte‑titres ordinaire et les revenus de certains placements taxés au PFU deviennent légèrement moins attractifs, ce qui milite pour un rééquilibrage vers des enveloppes fiscalement protégées (assurance‑vie, PEA, PER).
- Le PER reste un outil puissant de préparation de la retraite, surtout pour les indépendants aux revenus fluctuants grâce à l’extension du report de plafond sur 5 ans.
La clé est d’utiliser pleinement les enveloppes les plus protectrices : assurance‑vie, PEA, PER / PER Pro, plutôt que de laisser une part importante de votre patrimoine sur un compte‑titres ou des placements taxés au PFU.
Rappel : investir comporte des risques, notamment de perte en capital.
Les optimisations fiscales à connaître
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Sources :
