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Perspectives & actualités : 25 au 29 mai 2026

Perspectives & actualités : 25 au 29 mai 2026

Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?

Source : @Bloombeg LP

Macroéconomie

  • Aux États-Unis, l’indicateur de confiance des consommateurs du Conference Board ressort en mai à 93,1, au-dessus du consensus (92,0) mais en repli de 0,7 point par rapport à avril (chiffre révisé à la hausse à 93,8, après une première publication à 92,8). Le recul provient intégralement de la composante « situation présente », les anticipations progressant légèrement.
  • Le Core PCE, mesure d’inflation privilégiée de la Fed, ressort à 3,3 % en rythme annuel en avril, comme attendu, contre 3,2 % en mars.
  • La croissance du premier trimestre aux États-Unis a été révisée à la baisse à 1,6 %, contre 2 % précédemment.
  • Le chiffre préliminaire des commandes de biens durables d’avril affiche un bond de 7,9 %, contre 3,5 % attendu, une progression toutefois largement tirée par les commandes d’aéronautique civile, par nature volatiles.
  • Les permis de construire d’avril ont été publiés à 1,423 million, contre 1,442 million attendus et 1,363 million en mars.
  • Les ventes de logements neufs d’avril ressortent à 622 000, contre 661 000 attendus et 663 000 en mars.
  • Le chiffre prévisionnel du GDPNow de la Fed d’Atlanta ressort à 3,8 %, contre 4,3 % précédemment.
  • En France, la croissance du premier trimestre a été actualisée à −0,1 %, contre 0 % précédemment annoncé, et l’estimation provisoire d’inflation a été révisée à la baisse à 2,4 % (indice national), contre 2,5 % attendu. L’agence de notation américaine S&P Global a maintenu le 29 mai la note A+ de la dette française, assortie d’une perspective stable. C’est ce qui était globalement attendu par les économistes, mais le ralentissement de la croissance et l’impact de la hausse des carburants auraient pu faire craindre une dégradation de l’appréciation de l’agence. Bercy maintient l’objectif d’un déficit ramené à 5 % du PIB en 2026, après un déficit 2025 établi à 5,1 % (meilleur que la prévision initiale de 5,4 %).
  • En Allemagne, le taux de chômage diminue, passant de 6,4 % à 6,3 %. L’estimation provisoire d’inflation de mai a été révisée à 2,6 %, contre 2,9 % précédemment.

Banque centrale

  • En zone euro, la BCE a livré deux signaux cette quinzaine. Le compte rendu de la dernière réunion de politique monétaire a montré, comme on pouvait s’y attendre, à quel point les gouverneurs sont très attentifs aux développements au Moyen-Orient et à leur transmission aux prix de l’énergie. Cette préoccupation se retrouve donc logiquement dans les Minutes, mais également dans la Revue de stabilité financière publiée le 27 mai, dans laquelle le vice-président Luis de Guindos résume le dilemme : le choc énergétique fait peser « des risques à la hausse sur l’inflation et à la baisse sur la croissance », tout en menaçant les capacités de service de la dette à mesure que les coûts de financement augmentent.
    La BCE souligne que les banques de la zone euro demeurent solides, grâce aux coussins de capital constitués et à des profits robustes, mais pointe une vulnérabilité accrue d’autres segments, notamment l’exposition croissante au crédit privé et l’écart persistant entre la montée des défaillances d’entreprises et la faiblesse apparente des créances douteuses bancaires.
  • Les probabilités implicites de marché sont désormais à 92 % pour une hausse des taux de 0,25 % lors de la réunion du 11 juin. D’après les marchés, la hausse des taux suivante serait de 0,25 % lors de la réunion du 10 septembre, avec une probabilité de 49,5 %.
  • Du côté de la Fed, le premier petit-déjeuner de travail entre le secrétaire au Trésor Scott Bessent, le 28 mai, et Kevin Warsh n’a, selon Bloomberg, pas placé les baisses de taux à l’ordre du jour.
  • Le 29 mai, Michelle Bowman, vice-présidente de la Fed chargée de la supervision et membre votant permanent du Comité de politique monétaire, a estimé qu’il était approprié de « regarder au-delà » de la flambée actuelle des prix, qu’elle attribue à des chocs temporaires liés à l’énergie et aux droits de douane. Selon elle, réagir à une inflation énergétique temporairement élevée ajouterait une restriction injustifiée, pesant inutilement sur l’activité et le marché du travail. Cette position tranche néanmoins avec celle d’un nombre croissant de membres qui jugent qu’une hausse de taux pourrait devenir probable si le conflit au Moyen-Orient continue d’alimenter l’inflation.
  • La probabilité d’un maintien des taux par la Fed est de 99,6 % pour la réunion du 17 juin, et la probabilité majoritaire pour une hausse de taux s’éloigne désormais à la réunion de mars 2027, avec 40 % de probabilité contre 37 % pour un statu quo.

 Performances de la semaine

  • Nouvelle semaine de hausse pour les actions internationales, qui progressent de +1,1 % en euros (et +1,7 % en devises locales). Les actions sont une nouvelle fois tirées par les marchés émergents (+3,4 %), puis par les actions japonaises (+1,3 %). Les actions américaines progressent quant à elles de +0,9 % sur la semaine, et les actions de la zone euro terminent le palmarès avec une hausse limitée à +0,6 %.
  • Sur le plan sectoriel (performances en euros), les trois secteurs mondiaux les mieux orientés sont la technologie (+4 %), les matériaux (+2,4 %) et la consommation discrétionnaire (+1,4 %). À l’opposé, les services aux collectivités reculent de −2,2 %, la consommation courante de −2,9 %, et le secteur énergétique, pâtissant des nouveaux espoirs sur la fin du conflit et la libération du détroit d’Ormuz, baisse de −5,4 %.
  • Du côté des obligations, la détente est plus marquée cette semaine. Le 10 ans américain recule de 12 points de base, passant de 4,57 % à 4,45 %, et le 30 ans termine la semaine sous la barre des 5 %, à 4,99 %. Le 10 ans allemand se détend quant à lui de 10 points de base, passant de 3,03 % à 2,93 %. Le CMS 10 ans passe de 3,08 % à 2,99 %. Le spread OAT-Bund se détend également et est revenu aux alentours de 60 points de base.
  • Du côté des matières premières, le pétrole recule d’un peu plus de 8 % et l’or progresse d’un peu moins de 1 %.
  • Enfin, sur le marché des changes, le dollar a légèrement reculé et passe face à l’euro de 1,1603 à 1,1660.

À suivre cette semaine

  • Aux États-Unis, nous aurons les chiffres mensuels sur l’emploi : les créations d’emplois dans le secteur non agricole, avec 95 000 créations attendues, ainsi que le rapport JOLTS sur les nouvelles offres d’emploi du mois d’avril, attendues relativement stables à 6,87 millions. Le taux de chômage est attendu stable à 4,3 %. Nous suivrons également l’évolution du coût unitaire de la main-d’œuvre au cours du premier trimestre, l’indice PMI manufacturier de l’ISM de mai (attendu en hausse à 53,3, contre 52,7 en avril), l’indice PMI non manufacturier de l’ISM (attendu en légère hausse à 53,8) et les commandes à l’industrie d’avril.
  • En zone euro, nous aurons l’inflation prévisionnelle de mai, attendue en hausse à 3,3 %, contre 3 % en avril. L’inflation core prévisionnelle est également attendue en hausse, à 2,4 % en mai, contre 2,2 % en avril. Nous prendrons également connaissance de l’actualisation du PMI manufacturier et du taux de chômage d’avril (attendu à 6,2 %), de l’actualisation de la croissance du PIB annuel de la zone euro pour le premier trimestre, ainsi que de l’évolution des ventes au détail.

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