Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?
Source : @Bloombeg LP
Macroéconomie
- Aux Etats-Unis, le rapport Jolts indique plus de nouvelles offres d’emploi en mai qu’attendu avec 7,594 millions d’offres contre 7,28 millions d’offres attendues. En revanche, les créations d’emplois non agricoles de l’ADP montrent des créations d’emplois en juin qui ralentissent plus que prévu, passant de 122 000 à 98 000 contre 118 000 attendues. Les créations d’emplois dans le secteur non agricole, chiffres provenant du bureau du travail américain, montrent un chiffre ne faisant que la moitié des attentes avec 57 000 créations contre 114 000 prévues. Le chiffre du mois de mai a été fortement révisé à la baisse, passant de 172 000 précédemment annoncées à 129 000.
- Malgré cela, le taux de chômage aux Etats-Unis, qui était attendu stable, passe de 4,3% à 4,2%. La raison de la baisse du taux de chômage est due à une réduction de la population active alors que le nombre de chômeurs est resté stable. La population active diminue car des personnes découragées se retirent du marché du travail et ne recherchent plus d’emplois.
- La confiance des consommateurs du conference board a été publiée sous les attentes pour le mois de juin à 91,2 contre 94,4 attendu. Le chiffre de mai a été fortement révisé à la baisse, passant de 93,1 lors de la dernière publication du 26 mai à 90,6.
- L’indice PMI manufacturier de l’ISM du mois de juin baisse plus que les attentes en passant de 54 à 53,3 contre 53,8 attendu.
- Les commandes à l’industrie du mois de mai ralentissent un peu moins qu’anticipé, avec un rythme de -1,3% contre -1,7% attendu.
- Le GDP Now de la Fed d’Atlanta montre une croissance au deuxième trimestre qui passerait de 2,5% à 1,2%, en raison d’une révision à la baisse de la prévision de croissance de l’investissement privé et d’une contribution des exportations nettes devenue plus négative.
- En zone euro, les chiffres prévisionnels de l’inflation en juin montrent une inflation qui ralentit bien plus qu’anticipé passant de 3,2% en mai à 2,8% alors qu’elle était attendue à 3%. L’inflation sous-jacente prévisionnelle passe quant à elle de 2,6% à 2,4% contre 2,5% attendu.
- Précédemment, les chiffres prévisionnels de l’indice des prix en France traduisaient un ralentissement de l’inflation plus rapide qu’anticipé. Ainsi, en rythme annuel l’inflation prévisionnelle s’établit à 1,8% contre 2,1% attendu et 2,4% en mai. De même, les indices des prix allemands et italiens ralentissaient plus que prévu avec des taux annuels prévisionnels de respectivement 2,3% et 3%.
- Le PMI manufacturier en zone euro baisse moins que les attentes en passant de 51,6 à 51,4 contre 51,3 attendu. Le PMI des services, quant à lui, bondit et passe de 47,7 à 49,4 contre 48,9 attendu. Au global, l’indice PMI composite de S&P Global du mois de juin passe de 48,5 à la neutralité parfaite à 50 contre 49,5 attendu.
- En Allemagne, le nombre de chômeurs diminue légèrement en juin et le taux de chômage reste stable à 6,3%.
- Au Royaume-Uni, l’actualisation de la croissance du premier trimestre montre une croissance plus faible que prévue à 0,9% en rythme annuel contre 1,1% attendu.
- Au Japon, le taux de chômage a été confirmé stable comme attendu à 2,5%. Le chiffre prévisionnel de la croissance de la production industrielle ressort en revanche à 0,5% contre 0,6% attendu.
- Enfin, en Chine, le PMI composite du mois de juin a été publié en hausse à 50,6 contre 50,5 en mai. Les deux composantes ont été publiées au-dessus des attentes, avec le PMI manufacturier qui a été publié à 50,3 contre 50,1 attendu et 50 en mai. Le PMI non-manufacturier augmente quant à lui légèrement en passant de 50,1 en mai à 50,2 contre 49,9 attendu.
Banque Centrale
- L’élément central de la semaine concernant les banques centrales est la tenue du Forum de la BCE à Sintra qui s’est tenu du 29 juin au 1er juillet et qui réunit les gouverneurs des principales banques centrales. Le point central qui se dégage est un consensus sur l’abandon du “forward guidance” comme outil de communication. La forward guidance, c’est le fait de pré-annoncer progressivement les prochaines décisions de la banque centrale de manière à préparer les investisseurs et le marché. Kevin Warsh y est fortement opposé et adepte d’Alan Greenspan, il semble préférer surprendre le marché. Christine Lagarde, Andrew Bailey (Banque d’Angleterre) et Tiff Macklem (Banque du Canada) l’ont rejoint sur ce credo. L’outil de communication que constitue la forward guidance est effectivement jugé contre-productif une fois que la crédibilité de la banque centrale se retrouve liée à une trajectoire annoncée qu’il faut ensuite abandonner, comme l’a récemment montré en 2021-2022 l’épisode de l’inflation transitoire qui a finalement conduit à des mouvements très rapides de hausses de taux particulièrement importantes pour venir lutter contre une inflation devenue persistante.
- Du côté de la BCE, Christine Lagarde a annoncé la fin d’une période qui avait été dominée par les achats d’actifs et les prêts d’urgence et que la BCE pouvait s’appuyer de nouveau sur les taux d'intérêt comme outil principal.
- Kevin Warsh, président de la Fed, de son côté a soufflé le chaud et le froid, rappelant d’un côté que la lutte contre l’inflation restait l’objectif primordial de la Fed, tout en étant de plus en plus optimiste sur les gains de productivité qu’allait permettre l’intelligence artificielle.
- Du côté des prévisions par le marché de l’évolution des taux, les outils CME FedWatch et ECB Watch, nous donnent les informations suivantes : le ralentissement du marché de l’emploi a tendance a décaler la probabilité d’une hausse des taux de la Fed au 28 octobre 2026 puis un statu-quo pour 2027.
- Du côté de la BCE, les probabilités s’équilibrent entre un statu-quo et une hausse des taux en septembre mais le marché penche plutôt pour la réunion du 29 octobre 2026.
- Le Statu-quo pour les deux pour les réunions du mois de juillet (23 juillet pour la BCE et 29 juillet pour la Fed) semblent en tout cas largement acquis pour les investisseurs.
Performances de la semaine
- Les marchés américains étaient fermés vendredi pour cause de fête nationale. Cela n’a pas empêché les actions internationales d’être en hausse sur la semaine avec une performance de +1,5% en euros (+2% en devises locales).
- Les actions de la zone euro et les actions japonaises en euros ont surperformé les indices mondiaux en affichant une hausse respective de +2,7% et +1,9%. Les actions américaines sont en ligne avec l’indice ACWI avec une performance de +1,5% en euros et les actions émergentes ferment la marche avec +0,6% de hausse.
- Sur le plan sectoriel (performances en euros), les trois secteurs mondiaux les mieux orientés sont les télécom (+4,1%), les financières (+3,1%) et l’industrie (+2,3%). À l’opposé, les services aux collectivités (-0,3%), l’énergie (-0,9%) et l’immobilier (-1,2%) sont les trois secteurs mondiaux ayant le plus souffert dans cette semaine faisant la transition entre les deux semestres.
- Du côté des obligations, les taux longs repartent à la hausse : le 10 ans américain refait le mouvement inverse de la semaine précédente et repasse ainsi de 4,37% à 4,49%. Le 10 ans allemand a une hausse plus modérée et repasse de 2,85% à 2,93%. Le CMS 10 ans passe de 2,91% à 2,99%. Le spread OAT-Bund reste élevé aux alentours de 80 points de base.
- Du côté des matières premières, le pétrole reste relativement stable sur la semaine autour de 72 dollars le baril et l’or reprend environ 2%.
- Enfin, sur le marché des changes, le dollar marque une légère pause dans sa progression récente face à l’euro et l’euro contre dollar passe de 1,1384 à 1,1437.
À suivre cette semaine
- Semaine relativement calme sur le front des publications macro-économiques. Les publications de résultats trimestriels débutent réellement le mardi 14 juillet avec les grandes banques américaines ce qui fera naître une séquence plus micro-économique sur les marchés.
- Aux Etats-Unis, nous prendrons néanmoins connaissance de l’indice PMI non manufacturier de l’ISM attendu en légère baisse à 54,2 et l’indice PMI composite de S&P Global attendu stable à 52,2 et nous aurons l’actualisation comme chaque semaine de l’estimation en temps réel de la croissance américaine au deuxième trimestre.
- En zone euro, nous suivrons essentiellement les ventes au détail en zone euro, attendues en hausse de 0,2% et en fin de semaine la confirmation des indices des prix en Allemagne et en France alors que l’inflation prévisionnelle était annoncée en fort ralentissement.
- Nous prendrons également connaissance de l’inflation en Chine.
- Enfin, il ne faut pas oublier la publication des “minutes”, les comptes rendus de réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine et de la banque centrale européenne.
