"Le CAC 40 a clôturé en hausse de 1,2 %." Vous avez entendu cette phrase mille fois, à la radio le matin ou au journal du soir. Vous hochez la tête, vous passez à autre chose. Mais si on vous arrêtait pour demander ce qu'est vraiment le CAC 40, vous seriez sans doute un peu embêté.
Rassurez-vous, c'est le cas de la plupart des gens. Un indice boursier est l'un de ces mots qu'on croise partout sans jamais nous l'expliquer. La bonne nouvelle : le concept est simple, et une fois qu'on l'a compris, une bonne partie de l'actualité économique devient limpide. Prenons cinq minutes.
Un indice, c'est le thermomètre d'un groupe d'entreprises
Commençons par l'image la plus utile. Un indice boursier, c'est un thermomètre. Il ne fabrique rien, il ne décide rien : il mesure. Plus précisément, il résume en un seul chiffre la santé d'un groupe d'entreprises choisi à l'avance.
Le CAC 40, par exemple, suit les 40 plus grandes entreprises cotées à la bourse de Paris. Quand, en moyenne, leurs actions montent sur la journée, le chiffre du CAC 40 monte. Quand elles baissent, il baisse. Le "+1,2 %" que vous entendez, c'est simplement la température du jour pour ces 40 sociétés réunies.
Un point important : on ne possède pas un indice, pas plus qu'on ne possède la météo. Un indice est une mesure, un repère. Il existe pour vous renseigner, pas pour être acheté tel quel.
À quoi sert un indice : mesurer, comparer, se repérer
Un thermomètre, ça sert à prendre une décision : mettre un pull ou pas. Un indice rend trois services du même genre.
Il prend la température d'un marché : en un coup d'œil au CAC 40, vous savez si la bourse de Paris a passé une bonne ou une mauvaise journée, sans regarder les 40 entreprises une par une. Il sert aussi de point de comparaison : si vous avez placé de l'argent en actions françaises, vous pouvez confronter votre résultat à celui du CAC 40 pour voir si vous avez fait mieux ou moins bien que la moyenne du marché. Enfin, il sert de référence partagée : quand deux personnes parlent de "la bourse américaine", elles peuvent se mettre d'accord en citant le même indice, le S&P 500.
Le calcul : une liste d'entreprises et une moyenne pondérée
Pas besoin d'être matheux pour comprendre le principe. Un indice, c'est une liste d'entreprises plus une règle pour résumer leur valeur en un seul nombre.
On prend les entreprises de la liste, on regarde combien chacune vaut en bourse, et on les combine en donnant en général plus de poids aux plus grosses. Une très grande entreprise pèse donc davantage dans l'indice qu'une plus petite. Quand l'ensemble grimpe en moyenne, l'indice grimpe. Quand l'ensemble recule, il recule. Voilà toute la mécanique.
À retenir : un indice, c'est une liste d'entreprises, plus une règle de calcul. Rien de plus mystérieux (pour de détails dans notre article complet sur les indices).
Il existe un indice pour (presque) tout
C'est ici que ça devient amusant. On parle toujours du CAC 40 et du S&P 500, mais ce ne sont que deux arbres dans une immense forêt. Il existe des milliers d'indices, parce qu'on peut découper le monde économique d'une infinité de façons.
Par zone géographique, d'abord. Le CAC 40 pour la France, le S&P 500 et le Nasdaq pour les États-Unis, le Nikkei pour le Japon, le FTSE 100 pour le Royaume-Uni, l'Euro Stoxx 50 pour la zone euro. Et des indices plus larges encore, comme le MSCI World, qui suit de grandes entreprises de nombreux pays développés à la fois, ou le MSCI Emerging Markets, centré sur les pays émergents.
Par secteur d'activité ensuite. Vous voulez suivre uniquement la santé des entreprises technologiques ? Il y a un indice pour ça. La pharmacie, l'énergie, les banques, l'immobilier, le luxe : chaque grand secteur a le sien.
Par taille d'entreprise. Certains indices ne suivent que les géants, d'autres se concentrent sur les petites sociétés, qu'on appelle les "small caps".
Par type d'actif, aussi. Les indices ne mesurent pas que des actions. Il en existe sur les obligations (la dette des États et des entreprises), sur les matières premières comme l'or ou le pétrole, ou encore sur l'immobilier.
Et c'est là que ça devient surprenant : on peut presque construire un indice sur n'importe quel critère. Il existe des indices qui ne retiennent que les entreprises jugées responsables sur le plan environnemental et social. D'autres sélectionnent les sociétés comptant une forte proportion de femmes à leur conseil d'administration. On en trouve même bâtis sur des critères de gouvernance plus inattendus. Le principe reste toujours le même : on choisit une liste selon une règle, et on mesure.
Investir en suivant un indice : le rôle de l'ETF
Vous vous demandez peut-être comment on "investit dans un indice", puisqu'on ne peut pas l'acheter directement. La réponse tient en un mot : l'ETF.
Un ETF, parfois appelé tracker, est un produit financier conçu pour suivre un indice donné. Au lieu d'acheter une à une les 40 actions du CAC 40, vous achetez un ETF qui les regroupe et reproduit le mouvement de l'indice. C'est le pont entre la mesure (l'indice) et l'investissement réel. Ces ETF se logent dans des enveloppes comme le PEA, et c'est d'ailleurs ce que nous utilisons chez Yomoni pour investir. Nous n'irons pas plus loin ici : ce qui compte, c'est de savoir que ce pont existe.
Vous savez lire le thermomètre
Un bulletin météo ne fait pas la pluie et le beau temps : il les mesure pour que vous sortiez couvert. Un indice, c'est pareil. Il ne crée pas la bourse, il en prend la température, zone par zone, secteur par secteur, du CAC 40 français au S&P 500 américain.
Vous avez maintenant la grille de lecture. La prochaine fois qu'un chiffre défile en bas de l'écran, vous ne hocherez plus la tête poliment : vous saurez quelle part du monde il mesure, et comment ce chiffre s'est formé.
Investir en actions, via un ETF ou autrement, comporte un risque de perte en capital.
