Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?
Source : @Bloombeg LP
Macroéconomie
- Aux Etats-Unis, grosse déception sur le front des chiffres de l’emploi. En juillet, l’économie américaine a détruit des emplois, 23 000 d’après les chiffres du Bureau of Labor Statistics. On attendait pourtant une création de 83 000 emplois. 50 000 emplois ont ainsi été détruits dans l’éducation publique locale. Le chiffre de juin a également été révisé à la baisse passant de 57 000 emplois créés à 20 000 emplois uniquement, celui de mai passant de 129 000 à 63 000 emplois.
- En revanche, le taux de chômage, attendu stable, s’améliore et passe de 4,2 % à 4,1 % en raison de la baisse de la population en recherche de travail.
- Le rapport JOLTS sur les postes vacants du mois de juin déçoit avec 7,36 millions d’offres contre 7,44 millions attendus, en net repli par rapport aux 7,54 millions de mai (chiffre révisé à la baisse).
- Les créations d’emplois du secteur privé de l’ADP pour le mois de juillet déçoivent également avec 44 000 créations contre 70 000 attendus et 95 000 en juin (chiffre également révisé à la baisse).
- Du côté des bonnes nouvelles, l’indice manufacturier de l’ISM accélère encore plus que les attentes puisqu’il passe de 53,3 à 55,6 contre des attentes à 54, soit son plus haut niveau depuis mai 2022.
- L’indice non manufacturier de l’ISM déçoit quant à lui légèrement, passant de 54 en juin à 54,1 en juillet contre 54,5 attendu.
- Le GDPNow de la Fed d’Atlanta prévoit à ce stade une croissance pour le troisième trimestre à 5,8 %, contre 5 % encore le 30 juillet, après un pic à 6,2 % le 3 août.
- Le déficit de la balance commerciale américaine du mois de juin s’améliore légèrement, en passant de 77,6 milliards à 73,3 milliards contre 73 milliards attendus.
- Les chiffres préliminaires du coût unitaire de la main d’œuvre pour le deuxième trimestre montrent un coût qui augmente de 1,3 % contre 2,2 % attendu.
- Les chiffres préliminaires de la productivité du secteur non agricole pour le deuxième trimestre montrent une productivité qui progresse de 1,4 % contre 0,6 % attendu.
- En zone euro, le PMI manufacturier de juillet déçoit légèrement en étant révisé à 51,9 contre 52 annoncé précédemment, après 51,4 en juin.
- Si le PMI manufacturier allemand est resté conforme aux premières indications à 52,2, le français, lui déçoit et, attendu à 50, passe en zone de contraction à 49,8.
- En revanche, le PMI des services surprend positivement passant de 49,4 en juin à 51,7 en juillet contre 51,6 attendu.
- Au global, l’indice PMI composite de S&P Global du mois de juillet passe de 50 à 52 contre 51,9 attendu.
- En France également, le PMI des services augmente mais légèrement moins qu’attendu, passant de 46,8 à 49,6 contre 49,8 attendu. L’indice composite s’établit quant à lui à 49,4 contre 49,6 attendu et 47,2 en juin.
- Attendues en légère hausse de 0,1 %, les ventes au détail en zone euro sur le mois de juin se contractent de 0,3 %.
- Le taux de chômage en France passe de 8,1 % à 8,3 % au deuxième trimestre contre 8,2 % attendu.
- En Chine, l’excédent de la balance commerciale se réduit mais moins que les attentes. Il passe ainsi de 125,62 milliards de dollars en juin à 112,50 milliards de dollars en juillet contre 107 milliards attendus.
Point sur les résultats
- Au 7 août, 88 % des sociétés du S&P 500 avaient publié, dont 86 % au-dessus des attentes de BPA, soit le taux le plus élevé depuis le T2 2021.
- L’écart avec les États-Unis se resserre nettement, ce qui est rare. Avec 74 % du STOXX Europe 600 publié, FactSet relève une croissance du résultat net de 19,1 %, des attentes de saison complète désormais supérieures à 22 % soit la plus forte croissance depuis le T3 2022 et une croissance encore robuste de 11,5 à 12 % hors énergie. L’énergie est le contributeur dominant, avec une croissance de BPA publiée de 116 % pour des ventes en hausse de 36 %, ce qui est évidemment la conséquence directe du choc pétrolier lié au conflit avec l’Iran, ce qui pose la question de la récurrence de cette contribution.
- Parmi les nombreuses publications de la semaine, nous avons décidé de nous arrêter sur Palantir, AMD et SpaceX.
- Palantir a dépassé les attentes à la fois sur le chiffre d’affaires, sur le bénéfice par actions et sur les anticipations pour la suite. La réaction du marché à ces publications a été extrêmement positive. Il convient néanmoins de se rappeler que Palantir abordait cette publication en repli d’environ 30 % depuis le début de l’année et le titre avait reculé après chacune de ses quatre publications précédentes malgré des résultats plus que corrects. Le rebond globalement observé corrige donc autant un positionnement excessivement prudent qu’il ne récompense le trimestre lui-même.
- AMD a également publié de très bons résultats, que ce soit en termes de chiffres d’affaires, de résultats et de prévisions pour les prochains trimestres. Néanmoins le marché a sanctionné ces résultats par une baisse d’environ 8 %, notamment en raison de la hausse observée de près de 140 % du titre depuis le début de l’année avant les résultats. Le marché espérait également surement voir une extension de la marge de l’entreprise plus importante.
- Pour son premier exercice de publication depuis son introduction en bourse de juin, SpaceX a dépassé les attentes sur le chiffre d’affaires (7,8 milliards de dollars contre 6,9 milliards attendus) comme sur l’EBITDA ajusté, tout en restant déficitaire (-541 millions de dollars), sans que cela n’empêche le titre de baisser. La raison essentielle en est que les dépenses d’investissement ont largement dépassé les prévisions des analystes, à 18,4 milliards de dollars contre 13,2 milliards attendus. De plus, il est possible que le titre ait également été impacté par l’expiration de la première tranche de lock-up à partir du 6 août.
Banque Centrale
- Du côté de la Fed, les discours la semaine dernière semblaient aller vers une hausse des taux et la lutte contre l’inflation semble vouloir donner le la. Lisa Cook, gouverneure de la Fed, a ainsi déclaré devant le déjeuner économique de l’Anchorage Economic Development Corporation qu’elle était prête à monter les taux si nécessaire. Elle a indiqué que trois forces désinflationnistes pourraient toutefois ramener l’inflation vers la cible sans hausse de taux : l’extinction de l’effet des droits de douane, un reflux attendu du prix du pétrole et l’atténuation des tensions sur les prix liées à l’investissement dans l’IA. C’est pour ces trois raisons qu’elle avait opté pour le statu quo en juillet. Néanmoins, les chiffres de l’emploi de vendredi sont venus réduire les anticipations de hausse des taux directeurs de la banque centrale américaine.
- D’après l’outil CME FedWatch, la probabilité d’un statu quo sur les taux directeurs de la Fed lors de la prochaine réunion du 16 septembre est repassée majoritaire avec 56 % de probabilité. Il y a une semaine, le marché anticipait une hausse des taux à 67 % pour cette même réunion. Il faudrait potentiellement attendre la réunion du 28 octobre pour observer une politique effectivement plus restrictive du côté de la Fed.
- Le dernier bulletin économique de la BCE publié la semaine dernière montre que si les prix du pétrole sont 30 % au-dessus de leur niveau d’avant conflit, ceux du gaz ont pratiquement doublé en raison de stocks européens historiquement bas notamment. Pour l’heure, toujours d’après ce bulletin, la pression sur les salaires ne se traduit pas dans les chiffres économiques, ce qui laisse des arguments à ceux qui ne souhaitent plus voir les taux monter. La BCE souligne néanmoins que les risques entourant les perspectives d’inflation restent orientés à la hausse et que le choc énergétique n’a pas encore produit tous ses effets. Pour le moment, le marché anticipe toujours une dernière hausse des taux de 0,25 % pour cette année lors de la réunion du 10 septembre.
Performances de la semaine
- Sur la semaine, les actions internationales progressent de +2,5 % en euros (+2,9 % en devises locales). Les actions américaines progressent de 3,3 % en euros, suivies par les actions japonaises (+2,6 % en euros) et les actions de la zone euro (+2,5 %). Les actions émergentes quant à elles reculent de -0,8 % en euros.
- Sur le plan sectoriel (performances en euros), les trois secteurs mondiaux les mieux orientés sont la technologie (+6,8 %), les matériaux (+6,3 %) et l’industrie (+2,8 %). À l’opposé, les actions liées à l’immobilier (-0,5 %), les services aux collectivités (-1,3 %) et l’énergie (-3,7 %) sont en recul sur la semaine.
- Du côté des obligations, les taux longs baissent légèrement sur la semaine : le 10 ans américain passe ainsi de 4,75 % à 4,66 %. Le 10 ans allemand se détend également et passe de 3,20 % à 3,13 %. Le spread OAT-Bund reste élevé aux alentours de 80 points de base.
- Du côté des matières premières, le pétrole baisse d’environ 7 % sur la semaine et l’or progresse quant à lui de 7 %.
- Enfin, sur le marché des changes, l’euro progresse légèrement sur la semaine face au dollar et passe de 1,1528 à 1,1559.
À suivre cette semaine
- Cette semaine, plusieurs indicateurs macro-économiques seront à surveiller.
- En particulier aux Etats-Unis, nous prendrons connaissance de l’inflation du mois de juillet avec une inflation attendue en léger repli à 3,4 % pour l’inflation globale et 2,5 % pour l’inflation sous-jacente. Nous surveillerons également les prix à la production ainsi que les ventes au détail. En fin de semaine, nous aurons les chiffres de l’indice du Michigan avec notamment la confiance des consommateurs et les anticipations d’inflation.
- En Europe, nous surveillerons particulièrement les chiffres de la croissance au Royaume-Uni, la production industrielle en zone euro ainsi que la balance commerciale de la zone euro. Pour mémoire, la croissance de la zone euro au deuxième trimestre est ressortie à +0,4 % en estimation préliminaire le 30 juillet.
