Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir ?
Source : @Bloombeg LP
Macroéconomie
- Aux Etats-Unis, les ventes au détail en août progressent de +1,2% contre 0,8% attendues après une contraction de -0,5% en juillet (chiffre révisé à la hausse). Les ventes au détail principales en août progressent de 1,4% contre 0,6% attendues et -0,2% en juillet.
- La production industrielle en août reste stable alors qu'elle était attendue en hausse de 0,3%.
- L'indice manufacturier de l'Empire State de la Fed de New York de septembre déçoit fortement en passant de 20,6 à 7,6 contre 14,8 attendu.
- En revanche, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie baisse moins que prévu en passant de 47,4 à 37,8 contre 31,3 attendu.
- Du côté du marché immobilier, les mises en chantier du mois d'août reculent plus qu'attendu et passent de 1,309 million à 1,275 million contre 1,32 million attendu. De même, les chiffres prévisionnels des permis de construire pour le mois d'août passent de 1,433 million en juillet à 1,394 million contre 1,4 million attendu. Seul élément favorable concernant l'immobilier, les promesses de ventes de logements en août progressent de 0,3% alors qu'elles étaient attendues en repli de 0,2%.
- Les chiffres prévisionnels du GDP Now de la Fed d'Atlanta passent de 4,4% à 5,1%.
- En zone euro, l'inflation du mois d'août est révisée à la baisse à 3,2% contre 3,3% en estimation flash, après 2,9% en juillet. L'inflation sous-jacente, quant à elle, a été confirmée en légère baisse à 2,4% contre 2,5% en juillet.
- L'indice ZEW du sentiment économique déçoit à la fois en zone euro et en Allemagne. Attendu en progression par rapport au 31,4 en août à 39,2, il s'établit finalement à 25,8 pour la zone euro. En Allemagne, l'indice s'améliore mais moins qu'attendu puisqu'il passe de 34,2 à 34,7 contre 39,8 attendu.
- Au deuxième trimestre, les salaires dans la zone euro ont progressé de 3% après 3,4% au cours du premier trimestre. Attendue en repli de 0,2%, la production industrielle se contracte de 0,1%.
- En France, l'indice des prix à la consommation augmente, comme attendu, de 0,7% en août après 0,6% en juillet. Sur un an, l'indice progresse de 2,4% en août, après +2,1% en juillet, sous l'effet de l'accélération des prix de l'énergie (+16,7%).
- Au Royaume-Uni, le taux de chômage en juillet qui était attendu en hausse à 5% reste finalement stable à 4,9%. Le salaire moyen, bonus compris, progresse comme attendu de 3,9% en juillet. L'indice des prix à la consommation s'établit comme attendu à 3,1% en août après 2,9% en juillet. Les ventes au détail progressent de 2,4% en août contre 1,9% attendu et les ventes hors carburants de 2,7% sur un an. Sur un mois, les ventes au détail progressent de 0,5% contre un repli de 0,2% attendu.
- Au Japon, l'inflation reste stable à 1,9% alors que l'inflation sous-jacente s'établit à 1,7% en août contre 1,8% attendu.
- En Chine, les nouveaux prêts bancaires qui étaient attendus en hausse de 480 milliards de CNY, ont été publiés en hausse uniquement de 60 milliards. Le taux de chômage qui était attendu stable à 5,2% augmente finalement et s'établit à 5,3%. La production industrielle attendue en août en hausse de 4,8% en rythme annuel progresse finalement de 5,2%. En revanche, les ventes au détail en août ne progressent que de 0,4% contre 0,7% attendu.
Banques centrales
- La Fed a voté à l’unanimité une hausse de 25 pb de ses taux directeurs les portant dans une fourchette comprise entre 3,75 % et 4 %. Concernant les projections, les dot plots, Kevin Warsh continue de refuser de participer mais sur les 18 participants restants, 16 anticipent une nouvelle hausse des taux d'ici la fin de l'année, dont 4 qui en anticipent deux. Les nouvelles projections sont nettement plus restrictives que celles de juin sur la trajectoire de taux. La croissance 2026 est relevée de 2,2 % à 2,3 %, le chômage attendu en fin d'année est abaissé de 4,3 % à 4,1 %, tandis que l'inflation PCE passe de 3,6 % à 3,7 % et le core PCE de 3,3 % à 3,4 %. Surtout, le taux directeur médian attendu fin 2026 remonte de 3,8 % à 4,1 %. La Fed ne voit l'inflation revenir à sa cible de 2% qu'en 2029.
- D'après l'outil CME FedWatch, les marchés donnent désormais une probabilité de près de 57,6% pour une hausse des taux lors de la réunion du 28 octobre, malgré le fait que celle-ci se tienne à quelques jours des élections américaines. Ils anticipent ensuite une stabilité pour décembre, la prochaine hausse semble plus se dérouler en janvier selon les probabilités calculées par l'outil.
- La Banque d'Angleterre a maintenu ses taux d'intérêt directeurs stables à 3,75% par 6 voix contre 3 qui souhaitaient une hausse des taux. Le message d'Andrew Bailey est que jusqu'ici, la hausse des coûts énergétiques a peu affecté les prix et les salaires britanniques. En revanche, plus cette volatilité durera, plus il deviendra probable que la Banque doive relever son taux.
- La Banque du Japon a relevé son taux de 25 pb à 1,25 % par 7 voix contre 2. C'est le plus haut niveau depuis avril 1995. Les raisons évoquées sont que l'inflation sous-jacente se rapproche de 2 % et que les conditions financières restent accommodantes. Ueda voit un risque de dépassement de la cible d'inflation, car les entreprises fixent salaires et prix de façon plus agressive et les anticipations remontent. Ueda n'a toutefois pris aucun engagement sur le rythme des prochaines hausses.
- Du côté de la BCE, dont le taux de dépôt a été porté à 2,50 % le 10 septembre, Christine Lagarde a indiqué que la croissance était un peu plus prometteuse que prévu. À ce stade, les effets de second tour ne se matérialisent pas. Les décisions se prendront réunion par réunion.
- Concernant les prévisions pour les prochaines réunions de politique monétaire de la BCE, les marchés estiment que la BCE relèvera ses taux lors des deux prochaines réunions, de 0,25% le 29 octobre avec une probabilité de 67% et une nouvelle fois le 17 décembre avec une probabilité de 60,3%.
Performances de la semaine
- En décidant de monter ses taux directeurs, la Fed a regagné en crédibilité, ce qui a partiellement rassuré les marchés. Les actions internationales progressent ainsi de +0,6% en euros sur la semaine et reculent de -0,5% en devises locales. Les actions américaines font mieux que l'indice mondial en progressant de 1% en euros. Les actions émergentes et japonaises sont toutes deux en territoire positif avec des performances respectives de +0,5% et +0,4% en euros. Enfin, les actions de la zone euro reculent de -1,2% sur la semaine.
- Sur le plan sectoriel, en performances en euros, les trois secteurs mondiaux les mieux orientés sont la santé (+2,9%), le secteur technologique (+2%) et les télécoms (+1,7%). À l'opposé, les performances sont légèrement négatives avec les actions liées à l'immobilier (-1%), les services aux collectivités (-1%) et les financières (-1,2%).
- Du côté des obligations, les taux longs restent très élevés mais ont stoppé leur remontée après la décision de la Fed. Ainsi, le taux à 10 ans américain passe de 4,98% à 5% sur la semaine avec un plus haut à 5,04%. Le 10 ans allemand de 3,50% à 3,52% avec un plus haut à 3,57%. Le spread OAT-Bund termine la semaine à 105 points de base.
- Du côté des matières premières : le pétrole a perdu environ 1% et termine la semaine sous les 105 dollars le baril après un plus haut aux alentours de 110 dollars et l'or a progressé de moins de 0,5%.
- Enfin, sur le marché des changes, le dollar progresse fortement et l'euro-dollar passe de 1,16 à 1,1484 sur la semaine.
À suivre cette semaine
- Nous surveillerons tout particulièrement les chiffres PMI, notamment aux Etats-Unis et en zone euro, avec des chiffres en légère baisse de part et d'autre de l'Atlantique.
- Aux Etats-Unis, nous aurons une confirmation des chiffres liés à l'immobilier, à savoir l'évolution des permis de construire en août et des ventes de logements neufs. Nous aurons également en fin de semaine des chiffres prévisionnels de l'évolution des commandes de biens durables aux Etats-Unis en août et la confirmation des chiffres de l'indice du Michigan, et en particulier les anticipations d'inflation et l'indice de confiance des consommateurs. Pour mémoire, l'estimation préliminaire de septembre était ressortie à 47,8, deuxième plus bas niveau de l'histoire de l'enquête, avec des anticipations d'inflation à un an à 4,6%. À noter que le PCE d'août et la troisième estimation du PIB du deuxième trimestre ne seront publiés que le 30 septembre.
- En zone euro, nous prendrons connaissance de l'indice IFO du climat des affaires en Allemagne en septembre, avec un climat des affaires attendu en très légère amélioration.
