Il est 22h, les enfants dorment enfin, vous ouvrez votre ordinateur en vous disant que ce soir, c'est promis, vous allez "vous occuper de votre épargne". Dix minutes plus tard, vous avez ouvert quatre onglets, lu trois avis contradictoires, et refermé le tout. Demain, peut-être. Sauf que demain ressemble à aujourd'hui, et ça fait deux ans que ça dure.
Si vous vous reconnaissez, voici une bonne nouvelle : votre manque de temps n'est pas un obstacle à l'épargne. C'est même le meilleur argument pour l'automatiser une fois pour toutes.
La promesse de cet article est simple : un système qui se règle en quinze minutes, puis qui tourne sans vous. Pas un hobby de plus à caser dans un agenda déjà plein.
Votre problème n'est pas l'argent, c'est l'attention
Posons le vrai diagnostic. Si vous n'épargnez pas autant que vous le voudriez, ce n'est presque jamais une question de moyens. C'est une question d'attention disponible. Chaque mois, épargner demande une décision : combien je mets de côté, quand, où. Et une décision qui revient tous les mois finit par être repoussée tous les mois.
Les chercheurs en finance comportementale ont un nom pour ça : l'inertie. Face à une action qui demande un effort répété, même minime, nous procrastinons, indéfiniment. Rien à voir avec un défaut de volonté : c'est le fonctionnement normal d'un cerveau débordé. La bonne approche ne consiste donc pas à se motiver davantage, mais à supprimer la décision elle-même.
La règle d'or : se payer en premier, automatiquement
Voici le principe qui change tout. La plupart des gens épargnent ce qu'il reste à la fin du mois. Le problème, c'est qu'il ne reste presque jamais rien. L'approche inverse fonctionne bien mieux : on prélève l'épargne en début de mois, avant de dépenser le reste.
Pensez à votre loyer ou à votre crédit immobilier. Vous ne vous demandez pas, chaque mois, si vous allez le payer : c'est prélevé automatiquement, et vous organisez le reste de votre budget autour. Traitez votre épargne exactement pareil. Un virement programmé, daté juste après la paie, qui part tout seul. Vous ne le voyez plus, vous ne le décidez plus, et au bout de quelques semaines vous avez oublié son existence. C'est précisément le but.
Automatiser le versement ne suffit pas : il faut automatiser la gestion
C'est ici que la plupart des articles s'arrêtent, et c'est là qu'ils vous laissent à mi-chemin. Programmer un virement vers un Livret A, c'est bien, mais ça ne fait que la moitié du travail. Votre argent arrive bien tout seul, puis il dort. Sur un livret, son rendement peine à suivre l'inflation : en pouvoir d'achat réel, il s'érode lentement pendant qu'il "dort tranquille".
L'alternative serait d'investir vous-même cet argent sur les marchés. Mais on revient au problème de départ : ça demande du temps, des décisions, et ça vous expose à une erreur classique. Quand les marchés baissent, on panique et on vend. Quand ils montent depuis des mois, on achète au plus haut, rassuré. Ce mauvais timing a un coût mesuré : selon les études de Morningstar sur le comportement des investisseurs, il ampute le rendement de 1 à 1,7 % par an en moyenne. La vraie automatisation couvre donc les deux étages : le versement et la gestion. C'est la logique de la gestion pilotée, qui investit votre argent à votre place selon un profil de risque défini une seule fois.
Ce que dit la science : l'automatique gagne toujours
Si vous doutez encore que l'automatisation soit la clé, un exemple le démontre de façon spectaculaire. L'économiste Richard Thaler, prix Nobel 2017, a étudié l'épargne retraite des salariés américains. Tant qu'il fallait remplir un formulaire pour adhérer, peu de gens le faisaient. Le jour où l'adhésion est devenue automatique, avec la liberté de se retirer, les taux de participation ont bondi.
La leçon est limpide : l'automatique bat la volonté, à tous les coups. Non parce que les gens sont paresseux, mais parce que rendre une bonne décision automatique, c'est s'assurer qu'elle se produise vraiment, mois après mois, sans dépendre de votre énergie du moment.
Le double bénéfice quand on est débordé
Pour quelqu'un d'occupé, automatiser épargne et gestion produit deux gains en un.
Le premier est évident : du temps. Zéro arbitrage à surveiller, zéro virement à penser, zéro soirée perdue sur des comparatifs.
Le second est plus subtil mais tout aussi précieux : la protection contre vous-même. Comme vous ne touchez plus à rien, vous ne vendez pas dans la panique d'un krach, vous n'oubliez pas de rééquilibrer votre portefeuille, vous ne cédez pas à la tentation de "tenter un coup".
Votre pire ennemi en investissement, ce sont souvent vos propres réflexes... et l'automatisation les met hors circuit.
Le système concret, en trois réglages
Voilà à quoi ressemble la mise en place, une seule fois.
- Le montant mensuel. Choisissez une somme tenable, qui ne vous oblige pas à y repenser. Mieux vaut 150 € qui tiennent dix ans que 500 € abandonnés au bout de trois mois (la somme reste modifiable à tout moment, évidemment)
- Le profil de risque. Vous le définissez une fois, en fonction de votre horizon et de votre tolérance aux variations. La gestion s'occupe ensuite de l'allocation et des arbitrages (ici aussi, c'est modifiable)
- La date de prélèvement. Calez-la juste après votre salaire. L'argent part avant que vous n'ayez le temps de le dépenser.
Chez Yomoni, l'assurance-vie en gestion pilotée s'ouvre à partir de 1 000 €, et la mise en place des versements programmés prend une quinzaine de minutes. Une fois ces trois réglages faits, vous n'avez plus rien à faire.
Vous recevrez des relevés mensuels, mais un point une fois par an suffit largement.
Ce que vous pouvez lancer dès ce soir
La meilleure stratégie d'épargne pour quelqu'un de débordé n'est pas la plus sophistiquée, c'est celle qui tourne sans vous. Voici la séquence, du plus simple au plus structurant.
- Dans les 24 heures : décidez d'un montant mensuel, même modeste, et notez-le. C'est la seule vraie décision à prendre.
- Dans les 7 jours : ouvrez une enveloppe d'investissement et programmez le virement automatique juste après votre paie. Comptez quinze minutes.
- Dans les 6 mois : ne faites rien, justement. Laissez le système travailler, et observez qu'épargner ne vous a rien coûté en temps. Le jour où vous y repenserez, vous aurez déjà commencé.
Investir comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
