Le plafond du Livret A, bloqué à 22 950 € depuis 2013, va augmenter. Le Premier ministre l'a annoncé le 3 novembre : il sera porté entre 25 000 € et 30 000 € en février 2027. Une bonne nouvelle en apparence, mais qui risque surtout d'inciter les épargnants à laisser davantage d'argent sur un placement qui n'est pas fait pour le long terme.
Ce que le gouvernement a annoncé
Le 3 novembre 2026, lors des questions au gouvernement, Sébastien Lecornu a tranché : « Nous allons relever le plafond du livret A. » Le nouveau plafond s'appliquera à partir de février 2027, à un niveau compris entre 25 000 € et 30 000 €. Pour un épargnant dont le livret est déjà plein, cela représente entre 2 050 € et 7 050 € de versements supplémentaires possibles.
Le montant exact sera fixé dans les prochaines semaines par le ministre de l'Économie, Roland Lescure, après une dernière concertation avec les banques et la Caisse des Dépôts. Le plafond du Livret A étant fixé par décret, cette hausse ne nécessite pas de vote du Parlement.
Le Premier ministre a également annoncé une hausse du taux du Livret A, aujourd'hui de 1,7 %, sans en préciser le niveau. D'ici février, rien ne change : le plafond reste de 22 950 €.
Pourquoi le plafond du Livret A augmente
Le relèvement du plafond n'a pas été pensé pour les épargnants, mais pour financer des besoins publics. L'épargne du Livret A est en grande partie centralisée à la Caisse des Dépôts, qui la transforme en prêts de long terme. Le gouvernement veut orienter ces sommes supplémentaires vers trois priorités : le logement social, le nouveau programme nucléaire et l'adaptation au changement climatique.
L'idée avait été lancée en septembre par la ministre de la Transition écologique, puis portée par un amendement au budget 2027, rejeté par les députés le 16 octobre, avant que le gouvernement ne la reprenne à son compte. Nous en avions retracé les étapes dans un précédent article : Vers un relèvement du plafond du Livret A ?
Une fausse bonne nouvelle ?
À première vue, pouvoir verser davantage sur un placement sans risque et sans impôt ressemble à une bonne nouvelle. Le Livret A reste d'ailleurs un excellent outil pour l'épargne de précaution : l'argent est disponible à tout moment, garanti et défiscalisé.
Mais il n'est pas fait pour l'épargne de long terme. Il rapporte trop peu, et il peine à protéger l'argent contre la hausse des prix.
En octobre 2026, les prix ont augmenté de 3,4 % sur un an, selon l'estimation provisoire de l'Insee. Le Livret A, lui, rapporte 1,7 %. Concrètement, 10 000 € placés pendant un an rapportent 170 € d'intérêts, quand la hausse des prix représente environ 340 €. Le rendement réel est donc aujourd'hui négatif.
Le taux devrait certes augmenter en février. Le gouvernement l'a annoncé, et la formule de calcul du taux tient compte de l'inflation. Mais sur la durée, le Livret A se contente au mieux de suivre la hausse des prix, sans permettre de faire fructifier son épargne.
Relever le plafond revient donc à inciter les Français à laisser davantage d'argent sur un placement qui n'est pas conçu pour le long terme.
D'autant que les plafonds actuels suffisent largement pour l'épargne de précaution, c'est-à-dire la réserve destinée à faire face aux imprévus. On l'estime en général à trois à six mois de dépenses. Or un épargnant peut déjà déposer 22 950 € sur son Livret A et 12 000 € sur son Livret de développement durable et solidaire (LDDS), qui offre le même taux et la même fiscalité. Soit 34 950 € disponibles à tout moment, et près de 70 000 € pour un couple.
C'est d'ailleurs l'argument qu'avançait le gouvernement lui-même en octobre, avant de changer d'avis : l'encours moyen d'un Livret A n'est que de 7 554 €, très loin du plafond.
La vraie question est donc ailleurs : que faire de l'argent dont on n'a pas besoin à court terme ?
Pour cette épargne, d'autres enveloppes sont plus adaptées, à commencer par l'assurance-vie.
Son fonds en euros offre une sécurité proche de celle d'un livret (capital garanti hors frais), avec un rendement généralement supérieur. En 2025, les fonds en euros ont servi en moyenne 2,63 % nets de frais de gestion, avant prélèvements sociaux, selon l'ACPR. Chez Yomoni, le fonds euros Suravenir Opportunités 2 a servi 3 % net* de frais de gestion en 2025. Pour 2026 et 2027, ce rendement peut être bonifié de 1,50 point selon le pack fonds euros boosté choisi, soit un objectif de 4,50 % net** de frais de gestion, hors prélèvements fiscaux et sociaux.
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- l'épargne de long terme sécurisée, placée en fonds euros pour viser un rendement supérieur au livret A tout en conservant la garantie du capital;
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