Yomoni, gestion éclairée

Les Français toujours pas réconciliés avec leur argent

Ce n'est une surprise pour personne : le rapport à l'argent en France est assez complexe. Par tabou, par pudeur, par peur d'être amalgamées à des fraudeurs richissimes qui dissimulent leur fortune au Panama, certaines personnes ont honte de s'intéresser à leurs finances.

Parfois, c'est une véritable diabolisation qui se met en place : s'occuper sérieusement de son épargne et chercher une meilleure rémunération devient une honte. Au lieu d'être perçue comme un acte responsable, la gestion des finances personnelles est considérée comme une activité de radin, de grippe-sou, d'égoïste et de profiteur...

Cassons ces préjugés ! Même si vous vous estimez non matérialiste, vous avez intérêt à vous occuper sérieusement de votre argent. Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, un petit test...

Vous reconnaissez-vous dans un ou plusieurs de ces trois symptômes ?

Symptôme #1 : Vos liquidités traînent sur votre compte courant ou un livret car vous ne vous en occupez quasiment jamais. Vous avez par exemple plus de six mois de dépenses sur votre livret A sans avoir de projet précis à court terme. Pour chaque tranche de  1 000 euros déposés sur un livret, vous toucherez 7,50 euros en fin d'année. La belle affaire ! Pas étonnant que vous estimiez que l'épargne ne sert à rien.

Symptôme #2 : Vous avez fait quelques efforts et ouvert des produits d'épargne à plus long terme mais vos investissements ne sont pas optimisés. Par exemple, vous êtes investi à 100% sur des produits sans risque alors que votre horizon de gestion s'élève à plusieurs années. Vous laissez sur la table plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d'euros par an en échange de cette sécurité du capital au quotidien.

Symptôme #3 : Par paresse docile, vous signez là où votre conseiller clientèle bancaire vous dit de signer. Vous payez en frais plusieurs centaines d'euros par an. Vos frais bancaires, directs et indirects, visibles et cachés, sont trop importants. Certes, votre banquier vous offre le café et un agenda aux couleurs de la banque une fois par an mais vous avez sans doute matière à optimiser votre relation bancaire.

La conséquence commune à ces trois symptômes, c'est que votre épargne pourrait vous rapporter davantage.

Même si vous n'êtes pas vénal, quatre bonnes raisons de s'y intéresser plus

Vous avez sans doute été élevé dans un contexte où l'argent était tabou, ou le concept de « faire de l'argent avec de l'argent » était le mal absolu. Cependant, même si vous n'êtes pas vénal, voici quatre raisons de chercher de meilleures rémunérations pour votre épargne.

1. L'économie n'a pas besoin de capitaux inactifs

Les capitaux inactifs sont une telle plaie que la BCE est obligée d'inventer des mécanismes de plus en plus sophistiqués pour les inciter à revenir dans le circuit productif. Mais pour cela, il faut que les acteurs économiques, entreprises comme ménages, investissent intelligemment. Les livrets sans risque ne génèrent aucune activité économique, aucun emploi, aucun impôt.

Le livret A par exemple, est censé financer les HLM. Investissement utile ? Aujourd'hui, les organismes HLM peuvent se financer à taux quasi-nul et n'ont pas besoin de financements à 0,75%. Ils sont donc déjà correctement financés et ne veulent pas des financements par Livret A. L'argent part donc à la Caisse des Dépôts et Consignations. Autant dire qu'il ne sert à rien.

2. Consommez plus responsable

Vous aimeriez vivre dans un monde avec des services publics de qualité et davantage d'emplois locaux porteurs de sens. Réinjectez donc vos meilleurs rendements et vos économies de frais en consommant dans des entreprises au projet social et écologique qui vous convient !

Préférez-vous financer une agence bancaire ou un projet qui vous tient à cœur ? Même si vos idéaux sont axés décroissance, vous pouvez faire quelque chose de votre argent !

3. Evitez l'opacité financière

Si vous craignez l'opacité financière, investissez directement au capital de TPE, ou sur des projets ciblés en financement participatif. Les investissements en direct sont en général plus risqués (car non diversifiés) mais si l'on part du principe que c'est de l'argent que vous auriez de toutes façons perdu en frais ou en sous-optimisation, le choix est vite vu...

4. Protégez votre famille, vos amis, aidez des inconnus

Disposer d'une bonne culture financière, c'est pouvoir protéger son entourage en cas de coup dur. C'est également un moyen de dégager des ressources financières pour aider vos parents, vos enfants ou vos amis, voire des inconnus en donnant à des associations caritatives. C'est aussi l'occasion de penser à vous grâce à un congé sabbatique.

Prenez le contrôle de votre épargne ! Personne n'oserait clamer ne pas savoir lire mais l'inculture financière semble être devenue une fierté, au même titre que le fait d'être « nul en maths » au moment de répartir l'addition au restaurant ! Préférez-vous être inculte ou responsable ?

Si vous pensiez, par préjugé, que s'occuper de son argent n'est qu'un loisir de radin qui ne consiste qu'à faire grossir un chiffre sur un compte, essayez de considérer les usages plutôt que le moyen, la destination plutôt que le carburant. Un dicton dit que l'argent est un mauvais maître mais un bon serviteur : faites les choix qui correspondent à vos convictions et construisez le monde que vous souhaitez. Surtout, ne restez pas passif, l'économie a besoin de vous !    

Prendre en main mon épargne