‘Une suite de petites volontés fait un gros résultat “ Charles Baudelaire
Quelle information essentielle retenir du mois de mai ? Alors que la situation en Iran a oscillé entre espoir d'un cessez-le-feu durable et de réouverture du détroit d'Ormuz, et nouvelle escalade, le mois s'est distingué positivement par la publication des résultats trimestriels. Pour paraphraser Charles Baudelaire : "Une suite de petites volontés fait un gros résultat". Et ces résultats ont justement été très bons. Tout du moins aux États-Unis : plus de 80 % des entreprises ont battu les estimations des analystes. Tirés par les investissements dans l'IA, de tels résultats globaux n'avaient pas été vus depuis le deuxième trimestre 2021. En Europe, la saison a aussi semblé très bonne, avec une croissance des bénéfices supérieure à 10 %. Mais hors secteur de l'énergie, qui a profité en mars de la flambée des prix liée au conflit iranien, la progression tombe à 1,5 %.
Concernant les indicateurs macro-économiques, mai s'inscrit dans la continuité de ce que l'on redoute depuis le début du conflit à savoir une hausse de l'inflation, notamment aux États-Unis (3,8 % en avril) et un indice de confiance des consommateurs à son plus bas historique. En zone euro, la crainte porte sur l'inflation mais aussi sur la faiblesse de la croissance : celle de la France au premier trimestre ayant par exemple été révisée à -0,1 %.
Du côté des banques centrales, pas de changement sur les taux directeurs en mai, mais l'affaire semble entendue pour la BCE : une hausse de 0,25 %, jugée probable à 95 % par les marchés pour la réunion du 11 juin, puis une deuxième attendue en septembre. Du côté de la Fed, on anticipe encore plusieurs mois de stabilité avant une hausse dont la date se déplace au gré des espoirs de réouverture d'Ormuz, oscillant entre décembre 2026 et mars 2027.
Dans ce contexte, les actions internationales restent très bien orientées en mai : +5,7 % en euros (+5,2 % en devises locales). Les actions émergentes signent une nouvelle performance à deux chiffres (+10,2 %), suivies des américaines (+5,7 %) et japonaises (+5,3 %). La zone euro ferme la marche (+4,1 %). Côté obligataire, la hausse des taux est restée contenue, permettant aux obligations mondiales d'afficher +0,7 %.
Positionnement
Nous avons légèrement modifié nos allocations au cours du mois de mai. Tout en restant en positionnement défensif dans nos profils diversifiés avec, dans un profil équilibré (P6), une poche actions maintenue à 45 %, nous supprimons la poche monétaire, dont le poids est réintégré dans la poche obligataire, désormais portée à 55 %.
Pour ce renforcement obligataire, nous avons privilégié les obligations souveraines de la zone euro. Si nous anticipons une poursuite du resserrement de la BCE sur les taux directeurs, nous pensons que le ralentissement économique sera plus marqué qu'attendu et qu'il pèsera, sur la partie longue de la courbe, davantage que l'effet inflationniste : nous nous positionnons donc sur un aplatissement de la courbe, porteur d'une détente des taux longs.
En revanche, nous restons sous-exposés aux actions. Après les publications de résultats et le rebond des valeurs technologiques qui s'en est suivi, les catalyseurs de court terme apparaissent peu nombreux. Nous abordons par ailleurs une période de saisonnalité historiquement moins favorable aux actions.
Pour rappel, nos profils les plus dynamiques, à savoir le P10 en assurance-vie et le PEA, sont exposés à 100 % aux actions, par construction comme par conviction.Au sein de la poche actions, nous conservons notre sous-pondération européenne, l'allocation correspondante étant redirigée exclusivement vers les actions américaines.
