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Perspectives & actualités : 20 au 24 avril 2026

Perspectives & actualités : 20 au 24 avril 2026

Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?

Source : @Bloombeg LP

Macroéconomie 🔎

  • Aux Etats-Unis, l’indice PMI composite prévisionnel de S&P Global rebondit nettement, passant de 50,3 à 52,0 (consensus 50,6). La progression est tirée par les deux composantes : le PMI manufacturier accélère de 52,3 à 54,0 (consensus 52,5), au plus haut depuis quatre ans, tandis que le PMI des services repasse au-dessus de la barre des 50 à 51,3 contre 49,8 en mars (consensus 50,0).
  • Les ventes au détail du mois de mars ressortent en forte hausse, à +1,7 % sur le mois (consensus +1,4 %, février révisé à +0,7 %)
  • Les promesses de ventes de logements en mars, attendues stables, ressortent en hausse de 1,5 %. 
  • À l’inverse, l’estimation de la croissance américaine donnée par le GDPNow de la Fed d’Atlanta pour le premier trimestre fléchit légèrement à 1,2 %, contre 1,3 % précédemment.
  • L’indice du Michigan de confiance des consommateurs ressort en lecture finale à 49,8 (vs 47,6 en estimation préliminaire et 53,3 en mars), au plus bas historique sur la série. Sa composante anticipations recule à 48,1 (vs 51,7 en mars, consensus 46,1). Surtout, les anticipations d’inflation se dégradent fortement : l’horizon 1 an bondit de 3,8 % en mars à 4,7 % en avril (lecture finale, après 4,8 % en préliminaire), soit la plus forte hausse mensuelle depuis avril 2025. Les anticipations à 5 ans suivent le même mouvement haussier, passant de 3,2 % à 3,5 % (vs 3,4 % en préliminaire), au plus haut depuis octobre 2025.
  • L’indice PMI composite prévisionnel de S&P Global pour la zone euro s’effondre à 48,6 contre 50,7 en mars (consensus 50,2), au plus bas depuis 17 mois et en territoire de contraction pour la première fois en plus d’un an. La divergence sectorielle est spectaculaire : le PMI manufacturier, attendu en baisse à 50,9, bondit au contraire à 52,2 (plus haut depuis 47 mois), tandis que le PMI des services s’effondre de 50,2 à 47,4 (consensus 49,8), au plus bas depuis 62 mois.
  • Le ZEW du sentiment économique de la zone euro plonge à -20,4 en avril contre -8,5 en mars (consensus -3,6), au plus bas depuis décembre 2022. La version allemande recule de -0,5 à -17,2 (consensus -5,0). La confiance prévisionnelle des consommateurs pour la zone euro confirme cette tendance, à -20,6 contre -16,4 en mars (consensus -18).
  • En Allemagne, les prix à la production s’envolent de 2,5 % sur le mois en mars (consensus +1,4 %), plus forte hausse mensuelle depuis août 2022.
  • L’indice Ifo du climat des affaires recule à 84,4 en avril contre 86,3 en mars (consensus 85,5), au plus bas depuis mai 2020. Clemens Fuest, président de l’Ifo, parle sans détour d’une économie allemande « durement frappée par la crise iranienne ».
  • Au Royaume-Uni, e taux de chômage en février, attendu stable à 5,2 %, baisse à 4,9 %. Cette amélioration apparente est trompeuse : elle ne reflète pas une création nette d’emplois, mais une hausse de l’inactivité et donc à la sortie des statistiques de personnes qui cessent de rechercher un emploi. Dans le même temps, le salaire moyen bonus compris progresse de 3,8 % sur trois mois, légèrement au-dessus des attentes (3,6 %).
  • L’inflation accélère comme attendu en mars à 3,3 % en glissement annuel (vs 3,0 % en février), poussée par les carburants dans le sillage du conflit iranien. L’inflation sous-jacente, attendue stable, ralentit légèrement à 3,1 % (vs 3,2 %).
  • Les ventes au détail en volumes progressent de 0,7 % sur le mois en mars battant le consensus qui était à +0,1 %.
  • La saison des résultats américains démarre mieux qu’attendu. Près de 30 % des sociétés du S&P 500 ont publié à ce stade, et environ 84 % battent les attentes des analystes.
  • Intel a publié des résultats nettement supérieurs aux attentes, avec un chiffre d’affaires de 13,6 milliards de dollars (+7 % sur un an, consensus 12,3 Md$) et un BPA non-GAAP de 0,29 $ contre 0,01 $ attendu. Le pôle Data Center & AI bondit de 22 % à 5,1 Md$, illustrant la traction croissante des CPU dans les charges de travail d’IA agentique.
  • Boeing publie des résultats également bien meilleurs qu’anticipé : perte ajustée par action de -0,20 $ contre -0,66 $ attendu (consensus FactSet), pour un chiffre d’affaires de 22,2 Md$ (+14 % sur un an) reflétant 143 livraisons commerciales. Le groupe reste en perte mais montre des signes tangibles de redressement opérationnel.
  • Tesla publie un chiffre d’affaires de 22,4 Md$, légèrement supérieur aux attentes (+16 % sur un an), et un BPA ajusté de 0,41 $ (vs 0,36 $ attendu). Le titre, initialement en hausse de près de 4 % en après-Bourse, a sensiblement reculé après l’annonce d’un capex 2026 relevé à plus de 25 milliards de dollars (contre une guidance de « plus de 20 milliards » en janvier), soit près du triple des 8,5 Md$ dépensés en 2025. Cette enveloppe doit financer l’infrastructure d’IA, la production en série du robot Optimus, le programme Robotaxi/Cybercab et un nouveau centre de R&D semi-conducteurs au Texas.
  • En Europe, L’Oréal publie un chiffre d’affaires de 12,15 Md€ au T1, en progression de 6,7 % en organique ajusté (consensus Bloomberg ~3,5 %), et le titre a signé sa plus forte séance depuis novembre 2008 (+9 %). Au-delà de la résilience confirmée du secteur de la beauté, le fait marquant est la reprise de la division Luxe (+5,6 %) portée par la Chine.

Banques centrales 💰

  • La Fed était en période de blackout précédant sa réunion de politique monétaire des 28 et 29 avril : aucun gouverneur n’a pu s’exprimer sur la trajectoire des taux. La semaine a néanmoins été marquée par l’audition au Sénat de Kevin Warsh, candidat de Donald Trump à la présidence de l’institution. Devant la commission bancaire, Warsh a réaffirmé sa volonté d’indépendance tout en jugeant non problématique que le Président s’exprime publiquement sur la politique monétaire. Sur le fond, il a plaidé pour un « regime change » à la Fed : réduction du bilan, abandon du forward guidance, communication moins fréquente. Surtout, il s’est dit ouvert à des baisses de taux, considérant que les gains de productivité liés à l’IA augmenteraient le potentiel de croissance non inflationniste, un infléchissement notable pour celui qui était considéré comme l’un des « hawks » historiques de la Fed.
  • Du côté de la BCE, Christine Lagarde a prononcé le 20 avril à Berlin un discours dans lequel elle a décrit le choc énergétique en cours comme « l’un des plus importants chocs d’offre pétrolière de l’histoire », tout en soulignant que les prix n’étaient pas encore montés suffisamment pour faire basculer la zone euro dans le scénario le plus sévère de la BCE. Elle a alerté qu’un conflit prolongé entraînerait non seulement une inflation plus élevée par le canal des prix énergétiques, mais aussi des pénuries dans des industries clés comme les semi-conducteurs, agriculture, chimie. Sur le volet budgétaire, elle a martelé que toute réponse fiscale devait être « temporaire, ciblée et préservant le signal-prix » : des mesures trop généreuses ou non ciblées risqueraient d’alimenter l’inflation et de compliquer la tâche de la BCE. Le message global éloigne le risque d’une hausse de taux dès la réunion du 30 avril, le statu quo apparaissant désormais comme le scénario central

Performances 📊

  • Le marché actions a marqué une pause après plusieurs semaines de fort rebond. En euros, les actions internationales progressent de +0,5 % (-0,2 % en devises locales). Les actions émergentes confirment leur bonne dynamique (+1,6 %), suivies des actions américaines (+1,3 %). Les actions japonaises reculent de -0,8 % et les actions de la zone euro souffrent à nouveau (-1,6 %), pénalisées par la dégradation des indicateurs avancés.
  • Sur le plan sectoriel (performances en euros), les trois secteurs mondiaux les mieux orientés sont l’énergie (+3,8 %), la technologie (+3,6 %) et la consommation courante (+1,5 %). À l’opposé, les matériaux (-1,6 %), les financières (-2,1 %) et surtout la santé (-3,2 %) terminent en territoire négatif.
  • Du côté des obligations, les taux ont repris le chemin de la hausse : le 10 ans américain remonte de 4,24 % à 4,31 % et le 10 ans allemand de 2,97 % à 3,00 %. Le CMS 10 ans passe de 3,00 % à 3,03 %. Le spread OAT-Bund s’élargit également, à 65 points de base.
  • Du côté des matières premières, le pétrole rebondit de plus de 16 % sur la semaine et repasse la barre des 105 dollars le baril pour le Brent (105,3 $ à la clôture de vendredi), sur fond de blocage persistant du détroit d’Ormuz et de blocus naval américain des ports iraniens. L’or recule de près de 3 %, la hausse des anticipations d’inflation et la perspective d’un biais plus restrictif des banques centrales pesant sur les actifs sans rendement.
  • Enfin,  sur le marché des changes, le dollar rebondit légèrement face à l’euro, la paire EUR/USD passant de 1,1764 à 1,1722.

À suivre cette semaine

  • La semaine s’annonce particulièrement chargée, notamment sur le front des banques centrales avec quatre réunions majeures : la Banque du Japon, la Fed (28-29 avril), la Banque d’Angleterre et la BCE (30 avril). Si le statu quo est attendu sur les quatre, les discours et perspectives seront scrutés avec une attention toute particulière compte tenu du choc énergétique en cours.
  • Aux États-Unis, nous prendrons connaissance du chiffre prévisionnel de la croissance pour le premier trimestre, attendue autour de 2,2 %, ainsi que du chiffre d’inflation Core PCE.
    L’indicateur de confiance du Conference Board est attendu en baisse à 89,4 en avril contre 91,8 en mars. L’ISM manufacturier est attendu en hausse à 53,2 (vs 52,7).
    Nous suivrons également les mises en chantier et permis de construire de mars, ainsi que les commandes de biens durables.
  • En zone euro, l’inflation prévisionnelle pour le mois d’avril est attendue en hausse à 3,0 % contre 2,6 % en mars, l’inflation sous-jacente reculant légèrement de 2,3 % à 2,2 %. Le taux de chômage est attendu stable à 6,2 %. Au Japon seront publiés le taux de chômage et l’inflation. En Chine, ce sont les PMI manufacturier et non-manufacturier qui retiendront l’attention.
  • Côté résultats, le calendrier est particulièrement dense avec mercredi les publications d’Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta, suivis d’Apple jeudi. TotalEnergies publie également mercredi, dans un contexte de tensions énergétiques où ses résultats seront tout particulièrement scrutés.

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