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Perspectives & actualités : 19 au 23 octobre 2026

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Perspectives & actualités : 19 au 23 octobre 2026


Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir ?

Source : @Bloombeg LP

1. Le mot de la semaine : Divergences !

Après les inquiétudes sur le financement de CoreWeave la semaine précédente, c'est au tour de Meta de rappeler aux investisseurs que l'intelligence artificielle a un coût. La question n'est plus seulement de savoir jusqu'où cette technologie peut se développer, mais combien il faudra investir pour y parvenir et à quel moment ces dépenses commenceront à porter leurs fruits.

L’entreprise dirigée par Mark Zuckerberg publie pourtant des résultats solides, avec un chiffre d'affaires trimestriel de 64,6 milliards de dollars, en hausse de 26 %, contre 63,3 milliards attendus. La publicité continue de bénéficier des progrès de l'IA, qui améliore notamment le ciblage et l'efficacité des annonces. Mais les investisseurs retiennent surtout le montant des investissements, désormais attendus entre 135 et 145 milliards de dollars pour 2026, ainsi qu'un flux de trésorerie disponible négatif de 2,1 milliards au troisième trimestre. Le titre chute de 7 % le lendemain.

Ces préoccupations contrastent avec l'ampleur de la demande. SpaceX, qui développe désormais une activité importante dans les infrastructures et les applications d'IA aux côtés de Starlink, affiche pour son 3ème trimestre une croissance spectaculaire de son chiffre d'affaires de 161 %, à 14,6 milliards de dollars. L'IA reste un puissant moteur économique, même si son développement nécessite des capitaux considérables.

Cette dynamique se retrouve d'ailleurs dans l'économie américaine. La hausse des investissements dans les équipements informatiques et les centres de données est devenue l'un des principaux moteurs des dépenses d'investissement des entreprises. Une partie importante de ces équipements étant importée, cette dynamique stimule l'investissement sur le territoire américain, mais contribue également à creuser le déficit commercial. La croissance reste ainsi très concentrée sur les secteurs liés à l'IA, tandis que d'autres pans de l'économie, notamment l'immobilier, souffrent davantage du niveau élevé des taux d'intérêt.

Mais les investissements dans l'IA ne sont pas les seuls à renchérir le coût de la croissance. Le conflit au Moyen-Orient continue de perturber les approvisionnements énergétiques. Les attaques contre les navires commerciaux se multiplient dans le détroit d'Ormuz, tandis que l'Arabie saoudite fait face à de nouvelles offensives des Houthis contre ses infrastructures. Le 22 octobre, Saudi Aramco ordonne l'évacuation de son siège de Dhahran. Ces événements ravivent les craintes de perturbations durables de l'offre pétrolière. Le Brent termine la semaine à 116,72 dollars le baril.

Cette pression énergétique entretient l'inflation et complique la tâche des banques centrales, déjà confrontées au ralentissement de certaines économies.

La France en offre une illustration particulièrement préoccupante. Le rendement de l'OAT à dix ans franchit les 5 % au cours de la semaine, une première depuis 2002, tandis que son écart avec le Bund allemand dépasse 170 points de base. Les incertitudes politiques et budgétaires françaises alimentent une hausse de la prime de risque demandée par les investisseurs. L’agence de notation Moody's a finalement maintenu la note souveraine française à Aa3, tout en conservant sa perspective négative.

Le point commun entre ces événements ? Le financement redevient une question centrale. Qu'il s'agisse de construire les infrastructures de l'IA, d'absorber un choc énergétique ou de financer les déficits publics, la hausse du coût du capital impose davantage de discipline. Une évolution à laquelle les marchés financiers semblent désormais particulièrement sensibles.

2. Les chiffres essentiels de la semaine

Les enquêtes d'activité publiées mettent en évidence une divergence croissante entre les économies américaines et européennes, mais également au sein même de la zone euro.

Aux États-Unis, l'indice PMI composite recule légèrement de 58,4 à 57,6 en octobre, mais reste à un niveau compatible avec une croissance soutenue. L'activité résiste, notamment grâce aux investissements, même si la confiance des ménages demeure déprimée. L'indice de l'Université du Michigan ressort à 48,0 points, pratiquement inchangé par rapport à septembre. Les entreprises signalent également une nouvelle accélération de leurs prix de vente, ce qui suggère que les pressions inflationnistes restent importantes.

En zone euro, le PMI composite ralentit de 53,1 à 51,9 points, tout en restant en territoire d'expansion. La dégradation est particulièrement marquée en France, où l'indice chute de 51,1 à 48,4 points, sous le seuil de 50 qui sépare expansion et contraction. Les entreprises évoquent des reports de projets et un climat d'incertitude politique qui pèse sur leurs décisions d'investissement.

À l'inverse, l'industrie allemande montre des signes de redressement. Son PMI manufacturier progresse de 53,9 à 54,2 points, soutenu notamment par les commandes à l'exportation, ainsi que par les dépenses publiques dans la défense et les infrastructures.

La situation illustre la difficulté de la BCE : l'activité ralentit dans plusieurs pays, tandis que le choc énergétique continue de peser sur les coûts des entreprises. Les enquêtes montrent néanmoins que les hausses des coûts de production ne sont pas encore intégralement répercutées sur les prix de vente, ce qui pourrait limiter, pour le moment, les effets inflationnistes de second tour.

Enfin, en Chine, la croissance du PIB accélère légèrement au troisième trimestre, à 4,5 % sur un an, contre 4,4 % attendu et 4,3 % au trimestre précédent. La production industrielle progresse de 5,5 % en septembre, mais les ventes au détail, en hausse de seulement 1,1 %, soulignent la fragilité persistante de la consommation intérieure.

3. Les performances de la semaine

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4. Le coin des banques centrales

Du côté de la Fed, la semaine s'est déroulée sans intervention majeure de ses responsables, entrés dans leur période de réserve avant la réunion des 27 et 28 octobre. Les investisseurs continuent d'arbitrer entre la résistance de l'activité économique et la persistance des pressions inflationnistes.

Le marché du travail ne montre pas de dégradation brutale. Les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage reculent à 194 000, contre 199 000 la semaine précédente.

Malgré ces pressions, les investisseurs anticipent majoritairement un statu quo à court terme. Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un maintien des taux directeurs dans leur fourchette actuelle de 3,75 % à 4 % atteint environ 89 % pour la réunion du 28 octobre.

En zone euro, la BCE fait face à une équation encore plus délicate. L'inflation reste élevée, à 3,8 % en septembre, mais les récentes tensions sur la dette française et le ralentissement de l'activité durcissent déjà les conditions de financement.

La hausse des rendements souverains, notamment français, renchérit le financement de l'économie et pourrait contribuer à freiner l'activité sans nouvelle intervention de la BCE. Mais un assouplissement trop rapide de son discours risquerait à l'inverse de détendre les conditions financières alors que les perspectives d'inflation restent préoccupantes.

Dans ce contexte, l'outil ECB Watch attribue une probabilité de 98,1 % à un maintien du taux de dépôt à 2,50 % lors de la réunion du 29 octobre.

Le 23 octobre, l'enquête de la BCE auprès des consommateurs révèle par ailleurs une légère remontée des anticipations d'inflation à un an, de 3 % à 3,1 %. Un élément supplémentaire qui devrait inciter Christine Lagarde à maintenir un discours prudent.

Au Royaume-Uni, l'inflation de septembre accélère à 3,5 % sur un an, contre 3,1 % en août et 3,4 % attendu. Dans une intervention du 20 octobre, Megan Greene, membre du comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre, souligne que le ralentissement de l'emploi ne suffit pas nécessairement à empêcher les hausses des prix de l'énergie de se transmettre aux salaires. Selon elle, plusieurs indicateurs suggèrent que la modération des rémunérations pourrait marquer le pas, renforçant le risque d'une inflation durablement élevée.

5. Et cette semaine ?

La semaine du 26 au 30 octobre sera particulièrement dense, avec les décisions de trois grandes banques centrales.

La Fed communiquera mercredi 28 octobre, suivie de la BCE jeudi 29 octobre et de la Banque du Japon vendredi 30 octobre. Au-delà des décisions elles-mêmes, les investisseurs surveilleront surtout les indications sur la trajectoire des taux dans les prochains mois.

Nous disposerons également des premières estimations de croissance du troisième trimestre aux États-Unis et en zone euro. Ces publications permettront de mesurer la résistance de la consommation et des investissements américains, ainsi que l'ampleur du ralentissement de l'activité européenne.

Aux États-Unis, les chiffres de consommation et d'inflation PCE de septembre seront particulièrement surveillés par la Fed, tout comme l'indice du coût de l'emploi prévu vendredi. En Europe, les premières estimations d'inflation d'octobre, ainsi que les indicateurs de confiance et les statistiques de croissance, permettront d'évaluer les conséquences économiques du choc énergétique.

Enfin, la saison des résultats se poursuivra avec les publications de grands groupes technologiques, notamment Microsoft, Alphabet et Amazon. Après les réactions aux résultats de Meta, les marchés examineront attentivement leurs investissements dans l'IA et les revenus qu'ils commencent à générer.

6. Plus de données pour aller plus loin

Aux États-Unis, le secteur immobilier continue de souffrir du niveau élevé des taux d'intérêt. Les mises en chantier de logements diminuent à 1,221 million en rythme annualisé en septembre, contre 1,288 million en août. Les promesses de ventes de logements anciens chutent également de 7,3 % sur le mois, confirmant l'effet des coûts de financement sur les transactions. Cette faiblesse contraste avec la résistance de la consommation et des investissements technologiques.

La saison des résultats révèle également des dynamiques contrastées. Netflix publie le 20 octobre un chiffre d'affaires de 12,87 milliards de dollars, en hausse de 12 % et conforme aux attentes. Son bénéfice par action dépasse le consensus, à 0,87 dollar contre 0,82 attendu. Mais la révision à la baisse de ses perspectives publicitaires et des prévisions de croissance du trimestre suivant provoque une réaction négative du titre.

Tesla dépasse également les attentes le 21 octobre avec 28,05 milliards de dollars de chiffre d'affaires, contre 27,92 milliards attendus, et un bénéfice ajusté par action de 0,48 dollar contre 0,45 attendu. Le groupe reste néanmoins confronté à des pressions sur les marges de son activité automobile, tandis que les investissements dans l'autonomie, la robotique et les infrastructures informatiques continuent de peser sur ses besoins de financement.

L'industrie aéronautique affiche une dynamique plus favorable. GE Aerospace annonce le 20 octobre des revenus ajustés en hausse de 18 % à 13,3 milliards de dollars, avec des commandes en progression de 49 %. RTX publie également des ventes en hausse de 11 %, à 25 milliards de dollars, et porte son carnet de commandes à un record de 340 milliards. Les deux groupes relèvent leurs perspectives annuelles, témoignant d'une demande encore soutenue dans l'aéronautique et la défense.

En Europe, EssilorLuxottica publie une croissance de 7,2 % à taux de change constants au troisième trimestre, avec des revenus de 7,49 milliards d'euros. L'Oréal annonce de son côté une accélération de ses ventes au troisième trimestre, en hausse de 7,7 % à données comparables ajustées, soutenue notamment par le luxe et le commerce en ligne.

Ces résultats montrent que la croissance des entreprises reste bien présente, mais qu'elle ne se traduit plus systématiquement par un accueil favorable en Bourse. La capacité à transformer les investissements en bénéfices et en trésorerie semble désormais aussi importante que la progression du chiffre d'affaires.

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