Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?
Source : @Bloombeg LP
Macroéconomie
- Aux Etats-Unis, pas de surprise concernant l’inflation avec un core PCE, l’indice des prix à la consommation des ménages hors alimentation et énergie, en légère hausse au mois de mai et publié à 3,4% en rythme annuel contre 3,3% en avril.
- En revanche, la croissance au premier trimestre a été révisée à 2,1% contre 1,6% précédemment, en raison principalement d’une révision à la baisse des importations, qui se soustraient au calcul du PIB, partiellement compensée par une consommation revue elle aussi en baisse. La hausse ne traduit donc pas un regain de dynamisme intérieur.
- Le chiffre prévisionnel du GDP Now de la Fed d’Atlanta a été mis à jour, quant à lui, à 2,5% contre 3% précédemment.
- De plus, l’indice PMI prévisionnel composite progresse en passant de 51,5 à 52,2. Les deux composantes des services et manufacturier augmentent plus que les attentes. Ainsi, le PMI prévisionnel des services passe de 50,7 à 51,3 contre 51,1 attendu alors que le PMI manufacturier attendu en baisse à 54,6 contre 55,1 en mai ressort finalement à 55,7.
- Le marché de l’immobilier ralentit avec des permis de construire en mai à 1,413 million, en léger recul par rapport à 1,423 million en avril (chiffre révisé), et des ventes de logements neufs à 580 000 contre 626 000 en avril (révisé à la hausse), soit une baisse de 7,3%.
- Enfin, l’indice Michigan de confiance des consommateurs du mois de juin est finalement publié au-dessus de l’indice préliminaire à 49,5 contre 48,9 pour l’indice préliminaire et 44,8 en mai. L’anticipation d’inflation à 1 an est confirmée à 4,6% contre 4,8% en mai, et l’anticipation à 5 ans recule nettement à 3,3% contre 3,9% en mai.
- En zone euro, l’indice PMI prévisionnel composite rebondit plus qu’attendu mais reste en zone de contraction. Ainsi, il passe de 48,5 en mai à 49,5 en juin contre des attentes à 49,1. Si la partie manufacturière déçoit un peu puisqu’elle a été publiée en légère baisse à 51,3 contre une stabilité attendue à 51,6, la partie des services a été publiée à 48,9 contre 48,6 attendu et 47,7 en mai. Si en Allemagne l’indice composite prévisionnel qui était attendu en hausse passe finalement de 48,8 en mai à 48, impacté par une très forte baisse des services qui passent de 48,1 à 46,8, la France rebondit plus qu’attendu. En effet, l’indice composite prévisionnel a été publié à 49,5 après 48,5 en mai et des attentes à 49,1, essentiellement tiré par les services.
- Pas de surprise concernant l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne qui ressort comme attendu à 85,6 contre 85 en mai (chiffre légèrement révisé à la hausse puisqu’initialement publié à 84,9).
- Au Royaume-Uni, attendu en hausse, le PMI prévisionnel composite de juin diminue également en passant de 49,7 à 49,4. Les services basculent en contraction tandis que le manufacturier recule tout en restant nettement en zone d’expansion.
- Au Japon, l’inflation a été publiée à 1,5% en rythme annuel en mai contre 1,4% en avril, les baisses des prix de l’électricité et du gaz s’atténuant avec l’expiration des subventions. L’inflation sous-jacente (hors aliments frais) est quant à elle restée stable à 1,4% comme attendu, sous la cible de 2% de la banque centrale pour le quatrième mois consécutif.
- Enfin, comme attendu, les taux préférentiels de la banque centrale chinoise sont restés stables à respectivement 3% et 3,5%.
Banque Centrale
- La banque centrale américaine, la Fed, a publié les résultats des stress tests qu’elle a fait subir à 32 grandes banques. Celles-ci ont montré qu’elles pourraient résister à un scénario de récession sévère et continuer de prêter. Le scénario de stress consistait notamment en un taux de chômage grimpant à 10 %, une chute de 39 % des prix de l’immobilier commercial et une baisse de 30 % des prix des logements. Les 32 banques sont toutes restées au-dessus de leurs exigences minimales.
- Pour mémoire, lors de sa première réunion de politique monétaire les 16-17 juin, Kevin Warsh a maintenu les taux inchangés tout en adoptant un ton résolument restrictif : statement fortement raccourci, abandon assumé de la forward guidance, dot plot médian basculant désormais vers une hausse de taux d’ici fin 2026, et projection d’inflation PCE 2026 relevée à 3,6%.
- Du côté des estimations de l’évolution des taux sur les marchés, même si la probabilité a légèrement diminué par rapport à la semaine dernière, le scénario le plus probable estimé par les marchés est celui d’une hausse des taux directeurs de 0,25% lors de la réunion du 16 septembre 2026, puis des taux directeurs qui resteraient à ce niveau au moins jusqu’au 15 septembre 2027.
- Pour rappel, la BCE a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base le 11 juin. Si Christine Lagarde et Philip Lane ont insisté sur le besoin d’une réponse mesurée face au risque inflationniste, Isabel Schnabel a tenu un discours nettement plus dur, plaidant pour de nouvelles hausses afin de ramener l’inflation à 2%. On ne voit pas encore de désancrage évident des anticipations d’inflation suite au choc énergétique lié au Moyen-Orient.
- Concernant les mises à jour des projections économiques, qui ont été faites avant la signature du protocole de paix par les Américains et les Iraniens, elles se traduisent par une hausse de l’inflation et une baisse de la croissance. Le scénario de référence anticipe une inflation moyenne de 3,0 % en 2026, 2,3 % en 2027 et 2,0 % en 2028. L’inflation 2026 et 2027 a été révisée à la hausse par rapport à mars. Côté activité : le scénario de base table sur une croissance de 0,8 % en 2026, 1,2 % en 2027 et 1,5 % en 2028, soit une révision à la baisse pour 2026 et 2027.
- Du côté des estimations de l’évolution des taux sur les marchés, le scénario le plus probable est celui d’une nouvelle hausse des taux de 0,25% en septembre 2026.
Performances de la semaine
- Semaine de repli pour les actions internationales, avec une performance de -1,4% en euros (-2,1% en devises locales). Les actions de la zone euro et les actions américaines en euros affichent la même performance de -1,3% sur la semaine, suivies par les actions japonaises et émergentes qui ont subi des performances respectives de -2,4% et -3,8%.
- Sur le plan sectoriel (performances en euros), les trois secteurs mondiaux les mieux orientés sont la santé qui fait un bond de 7,6%, l’immobilier (+3,9%) et les services aux collectivités (+3,6%). À l’opposé, la consommation discrétionnaire recule de -1,4%, les valeurs technologiques de -4,6% et les télécom de -5,3%.
- Du côté des obligations, les taux longs continuent leur détente : le 10 ans américain passe ainsi de 4,49% à 4,37%, le 10 ans allemand de 2,98% à 2,85%. Le CMS 10 ans passe de 3,04% à 2,91%. Le spread OAT-Bund reste élevé à 78 points de base.
- Du côté des matières premières, le pétrole baisse de nouveau d’environ 9% et revient à 73 dollars, et l’or recule d’environ 1,8%.
- Enfin, sur le marché des changes, le dollar continue de progresser sur la semaine face à l’euro et passe de 1,1469 à 1,1384 au plus haut depuis un an.
À suivre cette semaine
- Première semaine du mois oblige, la semaine sera marquée aux Etats-Unis par les chiffres de l’emploi avec le rapport Jolts des nouvelles offres d’emploi mardi, les créations d’emplois non agricoles de l’ADP mercredi et les créations d’emplois ainsi que le taux de chômage avancés à jeudi, vendredi étant férié aux Etats-Unis pour la fête de l’indépendance.
- Nous prendrons également connaissance mardi aux Etats-Unis de la confiance des consommateurs du Conference Board avec une confiance attendue en hausse ainsi que l’indice PMI manufacturier de l’ISM aux Etats-Unis attendu en légère baisse en juin.
- En zone euro, tous les regards seront tournés vers les chiffres de l’inflation avec une inflation globale attendue à 3% pour juin après 3,2% en mai et une inflation sous-jacente attendue stable à 2,6%. Nous prendrons également connaissance des PMI pour le mois de juin en zone euro, ainsi que de la croissance au premier trimestre du Royaume-Uni.
