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Perspectives & actualités : 26 au 30 octobre 2026

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Perspectives & actualités : 26 au 30 octobre 2026


Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir ?

Source : @Bloombeg LP

 1. Le mot de la semaine : Halloween

 
Et Halloween a été fêté sur les marchés un peu en avance.

La semaine peut effectivement être résumée par les traits de Dr Jekyll et Mr Hyde.

Côté Jekyll, l’économie américaine affiche une santé éclatante : 3,4 % de croissance annualisée au troisième trimestre, portée notamment par l’investissement en équipements, que chacun associe au déploiement de l’intelligence artificielle. C’est l’aspect positif de l’IA.

Mais côté Hyde, ce même élan inquiète : les géants de la tech engloutissent des centaines de milliards dans leurs centres de données, Alphabet a presque triplé sa dette à long terme en moins d’un an, et les investisseurs commencent à se demander quand viendra le retour sur investissement.
Le reste des publications technologiques de la semaine dessine un paysage contrasté. Microsoft confirme la solidité de sa dynamique, avec une croissance de son résultat opérationnel supérieure à celle de son chiffre d’affaires. Chez Amazon, la vigueur du cloud et l’amélioration de la rentabilité s’accompagnent d’investissements qui absorbent une trésorerie considérable. Enfin, Intel illustre les limites d’une lecture centrée sur les résultats passés : le bénéfice ajusté dépasse les attentes, mais les perspectives déçoivent.

Et comme toute bonne nuit d’Halloween a son fantôme, jeudi soir, Binance a vu disparaître plus de 6 milliards de dollars en une vingtaine de minutes, le plus gros vol de l’histoire des cryptoactifs, attribué par le FBI à des pirates nord-coréens.

 

2. Les chiffres essentiels de la semaine

 
Attendue à 3,2 % en rythme annuel, la croissance américaine du 3e trimestre est ressortie à 3,4 % en première estimation.

Aux États-Unis, l’indice des prix des dépenses de consommation des ménages hors alimentation et énergie (core PCE), qui est le chiffre d’inflation préféré de la Fed, s’établit, comme attendu, à 3,1 % sur un an en septembre, contre 3 % en août.

 

3. Les performances de la semaine

 

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4. Le coin des banques centrales

 

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La dernière semaine d'octobre a été marquée par une séquence monétaire particulièrement dense, avec les réunions de la Fed, de la BCE et de la Banque du Japon. Les trois institutions ont choisi de maintenir leurs taux inchangés, mais ce statu quo ne doit pas masquer un message commun : le risque inflationniste demeure suffisamment élevé pour envisager de nouveaux resserrements.

Aux États-Unis, la Fed a maintenu sa fourchette de taux directeurs entre 3,75 % et 4,00 %. La solidité de la croissance, la résistance de la consommation et le dynamisme de l'investissement continuent de caractériser l'économie américaine. Mais l'inflation reste trop élevée. Deux membres du comité ont d'ailleurs voté en faveur d'une hausse immédiate des taux. La Fed peut donc se permettre de patienter, sans pour autant abandonner son biais restrictif.

En zone euro, la BCE a également fait une pause, maintenant son taux de dépôt à 2,50 %. Sa situation est toutefois plus délicate. Le choc énergétique a porté l'inflation à 3,8 % en septembre, tout en menaçant la croissance. À cette difficulté s'ajoute le durcissement des conditions financières, notamment sous l'effet de la remontée des taux obligataires et des tensions sur les dettes souveraines. La BCE doit ainsi éviter une inflation durablement élevée sans accentuer le ralentissement économique.

La réunion a également été marquée par l'annonce du départ anticipé de Christine Lagarde, prévu le 7 février 2027. Cette décision ouvre prématurément le débat sur sa succession, à quelques mois de l'élection présidentielle française. Si elle ne devrait pas modifier immédiatement l'orientation de la politique monétaire, elle introduit une dimension supplémentaire pour les investisseurs : la composition du futur directoire, les équilibres entre les pays membres et la sensibilité de la prochaine présidence aux risques inflationnistes et à la fragmentation financière.

Au Japon, le maintien du taux directeur à 1,25 % s'accompagne d'une évolution significative du discours monétaire. La Banque du Japon considère désormais que l'inflation sous-jacente a atteint un niveau globalement compatible avec son objectif de 2 %. Après plusieurs décennies de lutte contre la déflation, l'enjeu est désormais de maîtriser une inflation devenue structurelle. La poursuite de la normalisation monétaire semble donc engagée. La banque centrale a également annoncé une accélération de ses ventes d'ETF à partir de janvier 2027, autre illustration de son retrait progressif des politiques monétaires non conventionnelles.

5. Et cette semaine?


Cette semaine, nous surveillerons évidemment les élections de mi-mandat de mardi aux États-Unis et leur impact potentiel sur les marchés.

Du côté des chiffres macroéconomiques, première semaine du mois de novembre oblige, nous prendrons connaissance de la santé du marché de l’emploi aux États-Unis avec le rapport JOLTS, les créations d’emplois dans le secteur privé selon ADP et, vendredi, le rapport mensuel sur l’emploi, avec les créations d’emplois non agricoles et le taux de chômage, attendu stable à 4,2 %.
Nous aurons également une vue sur l’activité avec les indices PMI définitifs aux États-Unis et en zone euro, ainsi que les indices ISM aux États-Unis.
Aux États-Unis, nous suivrons aussi les commandes à l’industrie et la première estimation de l’indice de l’Université du Michigan, qui renseigne sur la confiance des consommateurs et leurs anticipations d’inflation.
En zone euro, nous découvrirons l’estimation rapide de l’inflation d’octobre, attendue en légère hausse autour de 3,9 % après 3,8 % en septembre, avec une inflation sous-jacente stable à 2,5 %.

Du côté des banques centrales, la banque d’Angleterre se réunira.

Enfin, les résultats trimestriels d’entreprise vont continuer et on surveillera en particulier Apple, Palantir, AMD, Novo Nordisk et Qualcomm.

 

6. Plus de données pour aller plus loin

 
Aux États-Unis, l’estimation préliminaire des commandes de biens durables au mois de septembre augmente un peu moins que prévu avec une hausse de 1,8 % contre 1,9 % attendu. De même, les commandes de biens durables sous-jacentes augmentent de 0,5 % contre 0,6 % attendu.
La confiance des consommateurs du Conference Board du mois d’octobre, qui était attendue en baisse, passant de 84,2 à 81,2, remonte finalement à 91,7.
Les permis de construire au mois de septembre se réduisent un peu plus que prévu et passent de 1,403 million à 1,398 million contre 1,4 million attendu. Les ventes de logements neufs du mois de septembre résistent mieux qu’attendu en passant de 680 000 à 676 000 contre 651 000 attendu.
Le GDPNow de la Fed d’Atlanta, estimation en temps réel de la croissance américaine, anticipe 3,2 % pour le quatrième trimestre dans sa première estimation.

La croissance s’accélère également en zone euro, avec une croissance annuelle estimée à 1,3 % contre 1,1 % attendu. En France, la croissance au troisième trimestre est estimée en recul de 0,1 %. Le taux de chômage de la zone euro, qui était attendu en légère baisse à 6,4 %, reste stable à 6,5 %.
L’indice IFO du climat des affaires en Allemagne s’améliore légèrement plus qu’attendu, en passant de 89,9 en septembre à 90,2 contre 90 attendu.
L’estimation provisoire de l’inflation en France s’établit à 3,4 % en octobre contre 3,1 % en septembre et 3,2 % attendu.

Enfin, l’agence Fitch a maintenu la note souveraine française à A+, mais a abaissé sa perspective de stable à négative, à l’occasion d’une révision exceptionnelle hors calendrier vendredi. L’agence souligne la dégradation de la dynamique de la dette, alimentée par une croissance plus faible, des déficits persistants et la forte remontée des coûts de financement. Fitch anticipe notamment un déficit public de 5,5 % du PIB en 2027 et une charge d’intérêts atteignant 3,3 % du PIB en 2028, contre 2,5 % en 2025. Cette décision intervient alors que le rendement de l’OAT à 10 ans avoisine 5 %, illustrant un risque d’auto-entretien entre hausse des taux et détérioration budgétaire. À quelques mois de l’élection présidentielle, la capacité des pouvoirs publics à présenter une trajectoire crédible de consolidation des finances publiques reste donc un enjeu majeur pour les investisseurs.

En Chine, les PMI officiels du mois d’octobre déçoivent. Le PMI manufacturier passe ainsi de 50,1 en septembre à 49,3 contre 49,9 attendu et le PMI non-manufacturier de 50,2 à 49,7 contre 50 attendu. Le PMI composite traduit une économie en contraction avec un indice qui passe de 50,7 à 49,7.

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