Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir ?
Source : @Bloombeg LP
Macroéconomie
- Aux Etats-Unis, la semaine a été marquée par les chiffres de l’emploi. Les créations d’emplois dans le secteur non agricole en septembre déçoivent avec 29 000 emplois créés contre 89 000 attendus. Le chiffre d’août a été révisé à la baisse de 162 000 créations à 133 000. Le taux de chômage en septembre remonte ainsi à 4,2% contre 4,1% en août. Le salaire horaire moyen augmente moins qu’attendu avec une progression de 0,1% en septembre contre 0,3% attendu.
- Le rapport JOLTS des offres d’emploi (postes vacants) du mois d’août a été publié sous les attentes à 7,079 millions d’offres contre 7,23 millions attendus et 7,335 millions en juillet.
- Les créations d’emplois privés mesurées par ADP en septembre sont meilleures qu’attendu avec 90 000 créations d’emplois contre 73 000 attendus.
- L’indice des prix core PCE a été publié sous les attentes pour le mois d’août à 3% sur un an (stable après révision annuelle des données) contre 3,3% attendu.
- La troisième estimation de la croissance du deuxième trimestre montre une économie américaine encore plus forte qu’attendu à 2,2% en rythme annualisé contre 1,5% précédemment et après 2,5% au premier trimestre (révisé de 2,1%).
- L’indice PMI manufacturier de l’ISM a été publié à 54,5 contre 55,0 attendu et 54,6 en août.
- La confiance des consommateurs du Conference Board a déçu fortement. Attendue à 89,2, elle a finalement été publiée à 81,9 pour le mois de septembre contre 88,6 en août (chiffre précédemment publié à 89,4 et donc révisé à la baisse).
- Le GDPNow de la Fed d’Atlanta pour le troisième trimestre ralentit et passe de 5% à 3,7%.
- En zone euro, d’après les chiffres prévisionnels, l’inflation augmente plus qu’attendu avec une publication à 3,8% contre 3,6% attendu et 3,2% en août. L’inflation sous-jacente augmente également mais reste conforme aux attentes à 2,5% contre 2,4% en août.
- Comme attendu, le taux de chômage dans la zone euro reste stable à 6,4%.
- Le PMI manufacturier en revanche est supérieur aux attentes à 52,9 contre 52,7 d’après les chiffres préliminaires.
- En Allemagne, les ventes au détail en août déçoivent un peu avec une hausse de 1,3% sur un mois contre 1,6% attendu et après une contraction de -3,2% en juillet (chiffre révisé à la hausse).
- Au Royaume-Uni, la croissance au deuxième trimestre a été actualisée à 0,5% après 0,4% de la dernière évaluation et 0,6% au premier trimestre.
- Au Japon, les chiffres prévisionnels de l’évolution de la production industrielle en août montrent une contraction de -1,7% sur un mois alors qu’on attendait une hausse de 1,3%. Les ventes au détail en août s’accroissent de 2,7% sur un an contre 3,3% attendu.
- En Chine, le PMI composite repasse en territoire d’expansion à 50,7 en septembre contre 49,5 en août. Si le PMI manufacturier du mois de septembre a été publié comme attendu à 50,1 après 49,8 en août, le PMI du secteur non manufacturier surprend positivement à 50,2 contre 49,2 attendu et 49 en août.
Banques centrales
- Lundi, devant le Parlement européen, Christine Lagarde a adopté un ton assez mesuré. Son raisonnement est important : l’accélération actuelle des prix provient avant tout de l’énergie, et non encore d’une spirale salaires-prix. La BCE ne veut donc pas réagir mécaniquement à chaque hausse du pétrole. Elle privilégie des mouvements « mesurés » et veut observer l’apparition éventuelle d’effets de second tour. Elle a aussi semblé contester les paris les plus agressifs du marché, qui envisageait jusqu’à quatre hausses supplémentaires sur un an.
- En revanche, Isabel Schnabel a tenu le message le plus restrictif de la semaine. Selon elle, les banques centrales ne peuvent pas attendre que ces effets se matérialisent. Attendre des hausses de prix visibles ou la fin des négociations salariales reviendrait à agir trop tard. Elle observe que les prix du pétrole et du gaz se sont rapprochés du scénario adverse depuis la date d’arrêt des projections, ce qui implique un écart plus important et plus durable à la cible de 2%.
- D’après l’outil ECB Watch, la probabilité d’observer un statu quo lors de la réunion du 29 octobre est de 87%. En revanche, les marchés prévoient une hausse de 0,25% lors de la réunion du 17 décembre avec une probabilité de 72%.
- Du côté de la Fed, les discours ont semblé s’infléchir au cours de la semaine.
- En début de semaine, le discours était encore assez hawkish. Lisa Cook a insisté lundi sur les pressions inflationnistes liées notamment à l’énergie et à la vigueur de l’investissement dans l’IA. Michael Barr, mardi, a été plus explicite : selon lui, des hausses supplémentaires seront probablement nécessaires, la Fed ayant été « déviée » de sa trajectoire de désinflation.
- Mais c’est surtout John Williams, président de la Fed de New York, qui a fait évoluer le marché mardi. Son message : après la hausse de septembre, « il n’y a pas d’urgence » à agir à nouveau. Dans son scénario central, une hausse supplémentaire pourrait être appropriée d’ici la fin de l’année. Le marché est immédiatement passé d’environ 70% de probabilité d’une hausse en octobre à environ 50%. Jeudi, Philip Jefferson, vice-président de la Fed, a renforcé ce message : la Fed peut prendre le temps d’observer les données avant de décider du prochain mouvement. Neel Kashkari reste convaincu que d’autres hausses seront nécessaires, mais lui aussi s’est montré indécis sur la nécessité d’agir dès octobre. Et vendredi, la déception concernant le chiffre de l’emploi a semblé confirmer la pause pour octobre.
- D’après l’outil FedWatch, la probabilité d’un statu quo lors de la réunion du 28 octobre est passée de 36% à 78% en l’espace d’une semaine. En revanche, la probabilité d’une hausse de 0,25% d’ici la réunion du 9 décembre est désormais de 68%.
Performances de la semaine
- Sur la semaine, les actions internationales progressent de +0,5% en euros et reculent de -0,7% en devises locales. Ce sont les actions japonaises qui tirent leur épingle du jeu avec une performance de +1,2% en euros, suivies par les actions américaines qui font également mieux que l’indice mondial en progressant de 0,9% en euros. Les actions émergentes reculent légèrement de -0,2% en euros et les actions de la zone euro marquent le pas en reculant de -1,1%.
- Sur le plan sectoriel, en performances en euros, les trois secteurs mondiaux les mieux orientés sont la technologie (+3%), l’énergie (+1,6%) et les services aux collectivités (+1,3%). À l’opposé, les performances les moins bonnes ont été obtenues par les secteurs de la consommation courante (-1%), la santé (-1,7%) et les financières (-1,9%).
- Du côté des obligations, les taux longs ont continué leur chemin vers la hausse, à l’exception du Bund qui a joué son rôle de valeur refuge. Le taux 10 ans américain est passé de 5,18% à 5,28% sur la semaine avec un plus haut à 5,35%. Le 10 ans allemand, quant à lui, a reculé en passant de 3,62% à 3,45% alors que le 10 ans français est passé de 4,73% à 4,86% et un plus haut vendredi à 5%. Le spread OAT-Bund termine donc la semaine à 141 points de base.
- Du côté des matières premières : le pétrole a progressé d’environ 3,5% sur la semaine et l’or a reculé de 3,7%.
- Enfin, sur le marché des changes, l’euro a fortement baissé face au dollar, l’euro-dollar passant de 1,1391 à 1,1258 sur la semaine.
À suivre cette semaine
- Cette semaine nous suivrons particulièrement les indicateurs avancés de l’activité : les indices PMI des directeurs d’achat des services en zone euro et l’indice ISM des services aux Etats-Unis.
- Nous suivrons également, outre-Atlantique, la balance commerciale américaine, les chiffres prévisionnels de l’indice du Michigan du mois d’octobre avec l’indice de confiance des consommateurs et les anticipations d’inflation à 1 an et à 5 ans ainsi que le GDPNow de la Fed d’Atlanta qui fournit une estimation de la croissance américaine du troisième trimestre.
- Du côté des banques centrales, nous prendrons connaissance des comptes rendus des dernières réunions de politique monétaire de la Fed (mercredi) et de la BCE (jeudi).
