Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?
Source : @Bloombeg LP
Macroéconomie
- Aux Etats-Unis, la production industrielle déçoit en mai avec une croissance de 0,1% contre 0,3% attendue et 0,9% en avril (chiffre révisé à la hausse). La production manufacturière, quant à elle, ressort stable (0%) en mai.
- Les ventes au détail augmentent de 0,9% en mai contre 0,5% attendu.
- Les chiffres des mises en chantier et des permis de construire déçoivent. Ainsi en mai, attendues au nombre de 1,43 million, les mises en chantier s’établissent à 1,177 million. L’écart est beaucoup plus faible concernant les chiffres prévisionnels des permis de construire qui s’établissent à 1,413 million contre 1,42 million attendu.
- Le chiffre prévisionnel du GDP Now de la Fed d’Atlanta, estimation de la croissance américaine au deuxième trimestre, passe sur la semaine de 3,3% à 3%.
- En zone euro, si l’inflation du mois de mai a été confirmée à 3,2% comme attendu et contre 3% en avril, l’inflation sous-jacente s’établit à 2,6% contre une estimation précédente à 2,5% et 2,2% en avril.
- La balance commerciale de la zone euro fait apparaître un déficit inattendu de 1 milliard d’euros sur le mois d’avril, alors que le mois de mars affichait un excédent de 4,9 milliards d’euros. Cela s’explique par la hausse de l’impact des importations liées à l’énergie et par la baisse des exportations de machines et véhicules, historiquement excédentaires pour l’Europe et qui se tassent notamment vers les Etats-Unis.
- En revanche, corrigée des variations saisonnières, la balance commerciale affiche un excédent de 1,3 milliard d’euros, excédent en hausse par rapport au mois de mars.
- Les indices ZEW du sentiment économique en juin s’améliorent beaucoup plus qu’attendu, que ce soit en Allemagne ou en zone euro. Ainsi en Allemagne, attendu à -6,0, il s’établit à 10,5. En zone euro, la différence est similaire puisque, attendu à -7,2, il passe de -9,1 à 9,5.
- Au Royaume-Uni, l’inflation du mois de mai qui était attendue en hausse reste finalement stable à 2,8%, en raison notamment de la baisse de l’inflation alimentaire et du logement. L’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie), quant à elle, augmente moins qu’attendu et passe de 2,5% à 2,6% contre 2,7% attendu.
- Les ventes au détail progressent beaucoup plus qu’anticipé avec une croissance de 1,2% en mai contre 0,5% attendu. De même, les ventes au détail principales progressent de 1,2% contre 0,4% attendu.
- Au Japon, l’inflation en mai s’établit à 1,5% contre 1,4% en avril. L’inflation sous-jacente en revanche reste, comme attendu, stable à 1,4%.
- En Chine, attendu stable, le taux de chômage baisse légèrement en mai et passe de 5,2% à 5,1%. En rythme annuel, la production industrielle augmente plus qu’attendu avec une croissance de 4,5% en mai contre 4,2% attendu et 4,1% en avril. En revanche, les ventes au détail se contractent plus qu’attendu avec une évolution en mai de -0,6% contre une stabilité attendue et une légère croissance de +0,2% en avril.
- Du côté des entreprises, SpaceX finit sa première semaine entière de cotation en hausse de 15% après deux journées de baisse. Cela représente une hausse d’un peu moins de 40% par rapport à son prix d’introduction.
Banques Centrales
- La semaine dernière, lors de la première réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine présidée par Kevin Warsh, les taux ont été maintenus inchangés dans la fourchette 3,5%-3,75%, décision prise à l’unanimité. Le communiqué insiste sur l’activité économique, qui continue de progresser à un rythme solide avec un marché du travail toujours très fort et une inflation qui reste largement supérieure à 2%. Le discours a été très clair et le comité a affirmé sa volonté de revenir à une stabilité des prix.
- Les dot plots, les prévisions de l’évolution des taux par les gouverneurs eux-mêmes, ont bien été publiés mais Kevin Warsh n’a pas soumis sa propre prévision. Il y a ainsi eu 18 projections de taux au lieu de 19. C’est la première modification dans la communication de la présidence de Kevin Warsh. Ces dot plots montrent qu’environ la moitié des responsables de la Fed anticipent une hausse des taux cette année et même six de ces responsables envisagent plusieurs hausses.
- Deuxième modification dans la communication, le communiqué comptait environ 130 mots, contre plus de 300 lors des réunions récentes, et il n’y a plus de “forward guidance”, la communication par laquelle la Fed indique à l’avance la trajectoire probable de ses taux, afin d’orienter les anticipations des marchés et de rendre sa politique plus prévisible.
- D’après l’”Outil CME FedWatch”, la probabilité d’une hausse des taux directeurs de 0,25% pour la réunion du 16 septembre est désormais de 51%.
- La Banque d’Angleterre a maintenu ses taux directeurs à 3,75% mais deux votes, contre un seul attendu, ont été en faveur d’une hausse des taux. Si l’inflation CPI est revenue à 2,8%, elle devrait remonter plus tard dans l’année avec la transmission du choc énergétique. Néanmoins, d’un autre côté, le marché du travail se détend et l’économie faiblit, ce qui pourrait limiter les pressions inflationnistes. La BoE a donc conclu qu’il était approprié de maintenir les taux, tout en se disant prête à agir si nécessaire.
- Andrew Bailey a ensuite adopté un ton prudemment constructif : il s’est dit encouragé par la détente liée au Moyen-Orient, mais a rappelé que les prix de l’énergie restent plus élevés qu’avant le conflit et que l’inflation était plus forte que prévu.
- Du côté de la BCE, Christine Lagarde a également salué l’accord préliminaire autour de l’Iran comme une bonne nouvelle, tout en soulignant que les risques d’inflation ne disparaissent pas immédiatement. De plus, les infrastructures énergétiques endommagées et les chaînes d’approvisionnement peuvent prolonger les pressions sur les prix.
- Joachim Nagel a même été plus dur : même si le détroit d’Ormuz rouvre, il estime qu’il faudra des mois pour normaliser l’offre pétrolière, donc pas de soulagement inflationniste immédiat.
- Philip Lane, chef économiste de la BCE, quant à lui parle d’un choc inflationniste de taille intermédiaire, qui appelle une réponse “mesurée”. Il estime que l’inflation pourrait rester au-dessus de 3% sur le reste de 2026 et que les pressions accumulées sur les coûts et les salaires continueront à peser en 2027.
Performances de la semaine
- Semaine de hausse pour les actions internationales, avec une performance de +2,2% en euros (+1,3% en devises locales). Les actions japonaises rebondissent de 5,5% en euros, suivies par les actions émergentes qui s’adjugent 5,1% en euros également. Les actions américaines progressent de 1,9% en euros, suivies par les actions de la zone euro avec une performance de +1,5%.
- Sur le plan sectoriel (performances en euros), les trois secteurs mondiaux les mieux orientés sont la technologie (+4,3%), l’industrie (+3,6%) et les financières (+2,1%). À l’opposé, la consommation courante recule de -1,9%, l’immobilier de -2,1% et l’énergie de -5,7%.
- Du côté des obligations, les taux finissent la semaine relativement stables : le 10 ans américain passe ainsi de 4,48% à 4,49%, le 10 ans allemand baisse légèrement, passant de 3% à 2,98%. Le CMS 10 ans passe de 3,05% à 3,04%. Le spread OAT-Bund monte à 76 points de base.
- Du côté des matières premières, le pétrole baisse d’environ 8% et revient à 80 dollars, et l’or recule d’environ 1,5%.
- Enfin, sur le marché des changes, le dollar rebondit sur la semaine et passe face à l’euro de 1,1569 à 1,1469.
À suivre cette semaine
- Cette semaine, nous aurons la confirmation des PMI et nous les surveillerons évidemment aux Etats-Unis, où le manufacturier est attendu en baisse et les services en hausse, et en zone euro où le manufacturier est attendu stable et les services en hausse.
- Aux Etats-Unis, la semaine sera chargée puisque nous prendrons également connaissance de l’indice des prix à la consommation des ménages, le core PCE du mois de mai, et que nous aurons la confirmation de la croissance américaine au premier trimestre précédemment annoncée à 1,6%.
- Nous observerons également l’actualisation du GDP Now de la Fed d’Atlanta, estimation de la croissance au deuxième trimestre annoncée à 3%, ainsi que la confirmation des chiffres des permis de construire et des ventes de logements neufs en mai.
- Enfin, vendredi nous aurons également la confirmation des chiffres de l’indice du Michigan avec notamment les anticipations d’inflation à 1 an et à 5 ans, ainsi que l’indice de confiance des consommateurs.
- Élément à ne pas oublier côté banque centrale américaine, nous aurons également les résultats des tests de résistance de la Fed.
- En zone euro, en plus des PMI, nous aurons en Allemagne l’indice IFO du climat des affaires en juin, attendu en hausse à 85,6 contre 84,9 en mai, ainsi que le bulletin économique de la BCE.
- Au Japon, les chiffres seront centrés sur l’inflation avec l’inflation sous-jacente de la Banque du Japon attendue en fort recul, ainsi que l’indice des prix à la consommation au Japon.
- Enfin en Chine, nous connaitrons les taux préférentiels de la PBoC attendus stables à respectivement 3% et 3,5%.
