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Comment les marchés vont réagir au choc des midterms ?

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Comment les marchés vont réagir au choc des midterms ?

Les démocrates ont remporté la Chambre des représentants et le Sénat, jusque dans des bastions républicains. Pour les marchés, ce n'est pas une panique, mais un nouveau rapport de force à intégrer : budget, défense, intelligence artificielle, taux et dollar. Olivier Malteste, directeur des investissements chez Yomoni, analyse les conséquences de ce scrutin pour les marchés et pour votre épargne.

Une première réaction mesurée

La nuit électorale a commencé par un frisson. Les contrats à terme sur le Nasdaq ont perdu plus de 2 %, avant de ramener leur baisse autour de 0,5 % au petit matin. Puis le mouvement s’est inversé.

À l’ouverture de Wall Street, mercredi 4 novembre, les indices américains se sont nettement redressés. Vers midi à New York, le S&P 500 gagnait près de 1,8 %, le Nasdaq près de 1,9 % et le Dow Jones près de 2,9 %. Le rendement américain à dix ans reculait à 4,92 %, contre 4,95 % la veille. Les investisseurs apprécient souvent un pouvoir partagé entre la Maison-Blanche et le Congrès, et le recul du pétrole a aussi soutenu les marchés.

En Europe, le STOXX 600 progressait d’environ 0,9 % en matinée, porté par les banques. Le dollar s’affaiblissait d’environ 0,6 % face à l’euro, qui valait 1,1258 dollar.

Ce rebond d’ensemble masque toutefois de fortes différences entre secteurs. Les valeurs de la défense ont reculé des deux côtés de l’Atlantique : Lockheed Martin perdait environ 4 % avant l’ouverture de Wall Street, et BAE Systems autant à Londres. Certaines valeurs liées aux data centers ont aussi décroché, comme CoreWeave, en baisse d’environ 6 %.

Ces chiffres correspondent à des séances encore en cours : ce ne sont pas des cours de clôture, et ils peuvent encore évoluer.

Si les investisseurs ont été rassurés, c’est d’abord par la netteté du résultat. Olivier Malteste le soulignait dès le matin : « Les résultats sont sans grande surprise et surtout ne laissent pas de place au doute. Les marchés n’aimant pas l’incertitude, c’est une bonne nouvelle. »

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Trump, The art of the defeat

Donald Trump vient de perdre le Congrès, et il félicite les démocrates pour leur « bon travail ». Ce n'est pas de l'élégance : c'est de la stratégie. L'auteur de The Art of the Deal prépare déjà la seconde moitié de son mandat, et elle sera une longue négociation.

Donald Trump reste président. Les nouveaux élus siégeront à partir du 3 janvier 2027 ; d'ici là, le Congrès sortant conserve ses prérogatives. Ensuite, les démocrates pourront bloquer des projets, négocier des contreparties et renforcer le contrôle de l'administration. Le Sénat leur donnera aussi un levier sur les nominations présidentielles. Ils ne pourront pas pour autant imposer leur programme. Surmonter un veto présidentiel exige les deux tiers des votants dans chaque chambre, et de nombreux textes nécessitent 60 voix au Sénat pour mettre fin aux débats.

« Il faut donc éviter deux conclusions symétriques : considérer que Donald Trump ne peut plus agir, ou imaginer que les démocrates disposent désormais de tous les pouvoirs, prévient Olivier Malteste. Le résultat change les conditions de la négociation. Il ne remet pas à zéro les lois et les investissements déjà engagés. »

Le budget, premier test pour les obligations

C'est par le budget que l'élection pèsera le plus sur l'économie. Toute nouvelle baisse d'impôts et toute dépense supplémentaire devront trouver un terrain d'entente entre la Maison-Blanche et le Congrès. Cela pourrait limiter un nouveau soutien budgétaire, sans pour autant garantir une baisse du déficit.

« Un désaccord peut empêcher de nouvelles dépenses, mais aussi bloquer les réformes nécessaires pour maîtriser celles qui existent, souligne Olivier Malteste. Le partage du pouvoir ne constitue donc pas une garantie de discipline budgétaire. »

Les besoins de financement restent considérables. Avant le scrutin, le Trésor américain prévoyait d'emprunter 618 milliards de dollars nets au quatrième trimestre 2026, puis 800 milliards au premier trimestre 2027. Premier rendez-vous : le financement provisoire de l'administration court jusqu'au 11 décembre, et ce sont encore les élus sortants qui le négocieront.

Pour les obligations, l'enjeu est direct. Des déficits plus élevés pourraient faire monter les taux longs et peser sur leur valeur. À l'inverse, des besoins de financement moins importants que prévu les soutiendraient. Dans les premiers échanges après le scrutin, les taux longs américains se sont légèrement détendus.

La Réserve fédérale, elle, suivra sa propre logique. Le 28 octobre, elle a maintenu ses taux entre 3,75 % et 4 %. « L'inflation, l'activité et l'emploi resteront déterminants, indépendamment du résultat électoral », rappelle Olivier Malteste.

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La défense, un secteur déjà sous pression

Les valeurs de la défense n'ont pas attendu le scrutin pour reculer. Entre début juillet et mi-octobre, le secteur, qui inclut aussi l'aéronautique civile, avait perdu environ 15 %, contre une hausse de 3,5 % pour le S&P 500. Il avait souffert des doutes sur la hausse du budget militaire voulue par Donald Trump, mais aussi de valorisations élevées et du niveau des taux.

« Le sujet dépasse une éventuelle baisse des dépenses, explique Olivier Malteste. Une progression moins forte qu'espéré peut suffire à pénaliser les actions, même lorsque l'activité reste soutenue. » Le Congrès pèsera sur les nouvelles commandes, le choix des programmes et leur financement.

Pour autant, « les besoins de dissuasion, de renouvellement des équipements et de reconstitution des stocks ne disparaissent pas avec une alternance ». Le débat portera sur les priorités et le calendrier. Pour les industriels européens, il faudra distinguer ce qui dépend des commandes américaines de ce qui dépend des budgets européens.

Intelligence artificielle : freiner n'est pas arrêter

Pour l'intelligence artificielle, le danger ne vient pas de Washington, mais du Texas, de la Géorgie et de l'Ohio. Les nouveaux gouverneurs démocrates de ces États ont défendu des pauses ou des restrictions sur les data centers. Les préoccupations sont concrètes : l'eau, le prix de l'électricité, le raccordement au réseau et l'usage des terrains. Elles dépassent les clivages partisans : au Texas, la contestation mobilise aussi des électeurs ruraux républicains.

Chaque chantier retardé peut décaler les commandes de puces, de systèmes de refroidissement et d'équipements électriques, puis les revenus des opérateurs. « Mais un projet annulé, reporté ou déplacé vers un autre État n'a pas les mêmes conséquences », nuance Olivier Malteste.

La marge de manœuvre de ces gouverneurs dépendra du droit local. Ils devront aussi peser ce que leurs choix coûtent en investissements, en emplois et en recettes fiscales, face aux aides accordées et aux coûts supportés par les réseaux et les habitants. La bataille portera donc probablement sur les conditions plus que sur l'interdiction : financement des raccordements par les opérateurs, approvisionnement électrique supplémentaire, limites à la consommation d'eau.

Surtout, démocrate ou républicain, Washington ne lâchera pas l'IA. C'est un enjeu de puissance industrielle et militaire face à la Chine, et les deux partis veulent préserver l'avance américaine, même s'ils divergent sur les moyens. Joe Biden l'a prouvé. Il a conservé les droits de douane instaurés par Donald Trump contre Pékin et en a relevé certains : 100 % sur les voitures électriques chinoises en 2024, puis un passage prévu à 50 % sur les semi-conducteurs en 2025. Il a aussi durci les restrictions sur les puces avancées et les équipements de fabrication. En janvier 2025, il a même signé un décret pour faciliter les infrastructures d'IA sur des terrains fédéraux. « Ce précédent montre que l'ambition technologique américaine dépasse le seul Parti républicain », relève Olivier Malteste.

Sa conclusion est sans ambiguïté : « Cette convergence ne garantit pas l'autorisation de chaque data center. Mais elle rend trop simpliste l'idée qu'une victoire démocrate signifierait un net ralentissement sur l'IA. »

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Ce que cela change pour votre épargne

Pour un épargnant français, l'élection américaine se fait sentir de trois façons : par les entreprises exposées aux États-Unis, par les taux et par le dollar.

Une détente des taux américains peut profiter aux obligations européennes, mais elle ne règle pas les difficultés budgétaires propres à la France. « Le niveau général des taux et l'écart entre l'OAT et le Bund restent deux sujets distincts », précise Olivier Malteste.

Côté change, le dollar reculait d'environ 0,6 % face à l'euro dans la matinée du 4 novembre. Un dollar plus faible réduit la valeur en euros des placements américains non couverts contre le risque de change. Il peut en revanche alléger la facture énergétique européenne, l'énergie importée étant facturée en dollars. Une hausse du dollar aurait l'effet inverse, et alimenterait l'inflation.

Budget, taux, dollar, secteurs exposés : autant de paramètres que l'équipe de gestion de Yomoni suit au quotidien, pour que vous n'ayez pas à le faire.

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Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.

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