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Perspectives & actualités : 4 au 8 mai 2026

Perspectives & actualités : 4 au 8 mai 2026

Chaque lundi, notre équipe de Gestion analyse et commente les marchés financiers. Quelle est la situation sur la semaine passée ? Quelles actualités faut-il retenir?

Source : @Bloombeg LP

Macroéconomie 🔎

  • Aux États-Unis, les chiffres de l’emploi sont une nouvelle fois très bons avec 115 000 créations d’emplois dans le secteur non agricole au mois d’avril contre 65 000 attendues. Les créations du mois de mars ont été révisées à la hausse avec 185 000 créations contre 178 000 précédemment annoncées. Le taux de chômage reste stable à 4,3 %.
  • En revanche, le rapport JOLTS sur les nouvelles offres d’emplois en mars traduit un ralentissement globalement en ligne avec les attentes, avec 6,866 millions de nouvelles offres contre 6,86 millions attendues et 6,922 millions en février.
  • Les commandes à l’industrie en mars progressent plus qu’attendu à +1,5 % contre +0,5 % attendu et +0,3 % en février.
  • Le déficit de la balance commerciale en mars augmente, mais moins que prévu, à 60,3 milliards de dollars contre 61 attendu et 57,8 en février. En cumul depuis le début de l’année, le déficit s’est réduit de 211,2 milliards de dollars, soit -55 % par rapport à la même période de 2025. À noter également que la Chine, autrefois premier exportateur vers les États-Unis, est passée au quatrième rang derrière Taïwan, le Vietnam et le Mexique.
  • Les permis de construire en mars ralentissent plus qu’attendu, avec 1,363 million de permis (chiffre révisé, première estimation à 1,372 million) contre 1,390 million attendus et 1,538 million en février. En revanche, les ventes de logements neufs en mars s’améliorent plus qu’attendu, avec 682 000 logements neufs vendus contre 652 000 attendus et 635 000 en février. Les dépenses de construction sur le mois de mars augmentent de +0,6 % contre +0,3 % attendu et -0,2 % en février (la chute de -1,9 % concernait janvier, en révision). L’indice PMI non manufacturier de l’ISM en avril ralentit légèrement plus qu’attendu à 53,6 contre 53,7 attendu et 54 en mars.
  • Le GDPNow prévisionnel de la Fed d’Atlanta s’améliore pour le deuxième trimestre et passe d’une croissance de 3,5 % à 3,7 %. Les chiffres prévisionnels de la productivité du secteur non agricole du premier trimestre sont légèrement meilleurs qu’attendus, avec une productivité en hausse de 0,8 % contre 0,7 % attendu, mais en ralentissement par rapport aux 1,6 % du dernier trimestre 2025. En revanche, la progression du coût unitaire de la main-d’œuvre ralentit nettement, avec une progression de 2,3 % contre 2,6 % attendu et 4,6 % au dernier trimestre 2025. Les chiffres prévisionnels de l’indice du Michigan montrent une confiance qui baisse de nouveau à 48,2 (plus bas historique) contre 49,7 attendu et 49,8 en avril. Néanmoins, les anticipations d’inflation à 1 an baissent à 4,5 % contre 4,8 % attendu et 4,7 % le mois dernier, et celles à 5 ans à 3,4 % contre 3,5 %.
  • Comme attendu, le PMI manufacturier en zone euro a progressé et s’établit à 52,2 en avril contre 51,6 en mars. Le PMI des services, quant à lui, a ralenti un peu moins qu’attendu à 47,6 contre 47,4 attendu et 50,2 en mars. Ainsi, au global, l’indice PMI composite de S&P Global pour le mois d’avril s’établit en zone de contraction, passant de 50,7 à 48,8, mais ressort au final légèrement mieux que les attentes à 48,6.
  • Les prix à la production en zone euro en mars augmentent légèrement plus qu’attendu, à +3,4 % en glissement mensuel contre +3,3 % attendu (la hausse en glissement annuel ressort à +2,1 %). Les ventes au détail du mois de mars se contractent légèrement et moins qu’attendu (-0,1 % contre -0,3 % attendu et -0,3 % en février).
  • Concernant les résultats d’entreprise, d’après les données FactSet, 89 % des sociétés du S&P 500 ont publié leurs résultats du premier trimestre et 84 % ont battu les attentes au niveau du bénéfice par action. C’est au-dessus de la moyenne 5 ans de 78 % et de la moyenne 10 ans de 76 %. C’est le 6e trimestre consécutif de croissance à deux chiffres pour le S&P 500. En Europe, les résultats sont moins spectaculaires et la croissance bénéficiaire reste atone.
  • La semaine dernière, Palantir a publié les meilleurs résultats trimestriels de son histoire. Ces excellentes publications, pour cette entreprise liée au traitement des données très utiles pour le renseignement, ont néanmoins laissé place à des prises de profit, les investisseurs s’interrogeant sur la durabilité de la croissance et de la valorisation.
  • AMD a également publié des résultats très forts (chiffre d’affaires de 10,3 Md$ contre 9,9 Md$ attendus, segment Data Center à 5,8 Md$ en hausse de +57 %) et cela acte la rotation du groupe vers les activités liées au data center. Les excellents résultats semblent valider la thèse d’une diffusion de la dépense en investissement IA vers d’autres acteurs que Nvidia.
  • Shell a publié des résultats supérieurs aux attentes, porté par la flambée des prix du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient, malgré une baisse de production d’environ 4 % liée aux perturbations au Qatar ; le groupe a néanmoins légèrement réduit son programme de rachats d’actions, signal de prudence.
  • Engie, de son côté, a publié un EBIT hors nucléaire en ligne avec le consensus à 3,4 Md€, le repli s’expliquant principalement par un hiver plus doux que la normale en France ayant réduit la consommation et les livraisons de gaz, et non par le conflit au Moyen-Orient.  Le groupe a par ailleurs indiqué n’avoir constaté aucune perturbation pour ses clients gaz, grâce à un portefeuille d’approvisionnement diversifié.

Banques centrales 💰

  • Du côté de la Fed, John Williams, président de la Fed de New York, a livré un discours au cours duquel il a adopté un ton globalement neutre et prudent, sans signal de pivot. Il faut garder en tête que, lors de la réunion de politique monétaire des 28-29 avril, trois présidents de Fed régionales (Beth Hammack à Cleveland, Neel Kashkari à Minneapolis et Lorie Logan à Dallas) avaient voté contre l’inclusion d’un biais accommodant dans le communiqué, tandis que le gouverneur Stephen Miran dissentait dans l’autre sens en faveur d’une baisse de 25 pb  ce qui porte à quatre le nombre de dissidents, le plus élevé depuis octobre 1992. Le scénario central de la Fed est celui d’une inflation à environ 3 % cette année, qui retombe à la cible de 2 % en 2027, une fois les effets des droits de douane et des prix de l’énergie passés. La croissance du PIB réel devrait être comprise, d’après les prévisions de Williams, entre 2 % et 2,25 % cette année et l’année prochaine, et le chômage devrait rester dans sa fourchette récente de 4,25 %-4,5 %.
  • Beth Hammack, de son côté, qui fait partie des trois présidents ayant voté contre le biais accommodant, s’inquiète des inquiétudes inflationnistes qui s’installent dans l’esprit des chefs d’entreprise et qui pourraient modifier leurs décisions.
  • L’élément important de la semaine concernant la BCE était la conférence « Climat, Nature et Politique Monétaire » du 5 mai, organisée conjointement par la BCE, la Frankfurt School et le CETEX (Centre for Economic Transition Expertise). Philip Lane a souligné que la recherche de la BCE estimait que le déploiement de l’ETS2, qui étend la tarification carbone aux bâtiments et au transport routier, ajouterait environ 0,2 point de pourcentage à l’inflation en zone euro en 2028. Christine Lagarde, de son côté, a mis en avant une collaboration BCE–London School of Economics–Université d’Oxford qui a montré qu’un épisode extrême de pénurie d’eau pourrait mettre en risque jusqu’à près de 24 % du PIB de la zone euro.
  • Christine Lagarde a par ailleurs exprimé, lors d’un discours au forum économique LatAm de la Banco de España le 8 mai, des doutes quant à la nécessité de stablecoins adossés à l’euro, alors que plusieurs grandes banques de la zone euro travaillent sur ces crypto-actifs. La présidente de la BCE redoute les effets que pourraient avoir ces actifs, qui pourraient subir des retraits massifs en période de crise et affaiblir l’efficacité de la BCE à impacter l’économie par sa politique monétaire.
  • Les minutes de la Banque du Japon traduisent une discussion nuancée parmi les membres du Conseil. De nombreux membres ont considéré que, si les chocs d’offre liés au Moyen-Orient étaient temporaires, il faudrait mieux les ignorer, mais ces mêmes membres ont également souligné la nécessité de relever les taux si le choc énergétique se prolonge et fait peser des risques d’effets de second tour sur l’inflation.

Performances 📊

  • Les marchés actions ont une nouvelle fois progressé, avec une performance sur la semaine de +2,2 % en euros (+2,4 % en devises locales). Ce sont les actions émergentes qui progressent le plus, avec un bond de +6,6 %, tirées par la zone asiatique, suivies par les actions japonaises qui s’adjugent une performance de +2,7 % en euros. Les actions américaines progressent de +1,9 % en euros et la zone euro ferme la marche avec une évolution positive de +1,1 %.
  • Sur le plan sectoriel (performances en euros), les trois secteurs mondiaux les mieux orientés sont la technologie (+6,4 %), les matériaux (qui rebondissent de +2,2 %) et les télécoms (+1,6 %). À l’opposé, la santé recule de -1,5 %, les services aux collectivités de -3,6 % et l’énergie de -5,4 %.
  • Du côté des obligations, les taux ont très légèrement baissé : le 10 ans américain passe ainsi de 4,38 % à 4,36 % et le 10 ans allemand revient à 3 %. Le CMS 10 ans passe de 3,08 % à 3,02 %. Le spread OAT-Bund reste globalement stable, à 63 points de base. À noter, le taux 30 ans américain s’est également légèrement détendu et finit la semaine à 4,95 %.
  • Du côté des matières premières, le pétrole recule de plus de 6 % sur la semaine et l’or rebondit d’un peu moins de 2 %.
  • Enfin, sur le marché des changes, le dollar recule légèrement sur la semaine par rapport à l’euro et finit la semaine à 1,1786 environ.

À suivre cette semaine

  • Aux États-Unis, le chiffre de la semaine sera celui de l’inflation américaine, attendue à 3,7 % pour le mois d’avril contre 3,3 % en mars. Nous prendrons également connaissance des prix à la production, attendus en hausse de +0,5 % en avril, soit la même hausse qu’en mars ; les ventes au détail sont attendues en hausse de +0,6 % en avril contre +1,7 % en mars (même chiffre pour les ventes au détail principales contre +1,9 % en mars), ainsi que l’évolution de la production industrielle en avril. Nous surveillerons également les ventes de logements existants en avril.
  • En zone euro, nous surveillerons les chiffres prévisionnels de la croissance, avec un PIB attendu en hausse de 0,8 % sur le premier trimestre en rythme annuel. Nous prendrons également connaissance de l’inflation allemande attendue à 2,9 % et de l’inflation française attendue à 2,2%, ainsi que de l’indice ZEW du sentiment économique. La production industrielle est, quant à elle, attendue en hausse de +0,3 % sur le mois de mars après une hausse de +0,4 % en février.
  • Au Royaume-Uni, les chiffres prévisionnels de la croissance au premier trimestre sont attendus à +0,6 % contre +0,1 % au dernier trimestre 2025.
  • Enfin, concernant les résultats d’entreprise, nous regarderons en particulier ceux de Tencent, Cisco et Alibaba.

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