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Préparer sa retraite à 35 ans : par où commencer quand on n'a pas encore démarré ?

Préparer sa retraite à 35 ans : par où commencer quand on n'a pas encore démarré ?

Vous savez qu'il faudrait s'y mettre. Vous le savez depuis quelques années, peut-être. Mais la retraite, c'est dans trente ans. Il y a l'apport pour l'appartement, les enfants, le crédit en cours, l'épargne de précaution qui n'est jamais tout à fait assez épaisse. La retraite peut attendre.

Le problème, c'est que c'est précisément ce que vous vous direz aussi dans cinq ans.

Cet article va vous montrer, en euros, ce que chaque année d'attente coûte, et vous donner une séquence d'actions claire adaptée à un budget limité.

Ce que la retraite par répartition ne couvrira probablement pas

Personne n'aime cette conversation. On préfère croire que le système tiendra, que les réformes à venir arrangeront les choses, qu'on verra bien le moment venu.

Le système tiendra probablement. Mais à quel niveau ? Le taux de remplacement moyen d'un cadre en France oscille autour de 50 à 60 % du dernier salaire net, selon les projections de la DREES. Si vous gagnez 4 000 € nets par mois en fin de carrière, vous toucherez entre 2 000 et 2 400 € de pension. Et ce ratio se dégrade structurellement, sous l'effet d'un rapport cotisants/retraités qui diminue depuis trente ans.

Le projet n'est pas de paniquer. Il est de ne pas compter exclusivement sur le régime public, et de construire à côté quelque chose qui vous appartient, à votre rythme, avec ce que vous pouvez.

Pourquoi 35 ans, c'est encore tôt : l'effet boule de neige en euros

L'argument des intérêts composés, vous l'avez déjà entendu. Il reste abstrait parce qu'on le formule toujours en pourcentages. Voici ce qu'il donne avec des chiffres que vous pouvez vérifier vous-même.

Supposons 200 € par mois, investis avec un rendement net annuel de 5 % (c’est une hypothèse de calcul : ni une promesse, ni une garantie).

Si vous commencez maintenant, à 35 ans : capital à 65 ans, environ 166 000 €, dont 72 000 € de versements et 94 000 € de rendement cumulé.

Si vous attendez 45 ans pour commencer les mêmes 200 €/mois : environ 82 000 €, dont 48 000 € de versements et 34 000 € de rendement.

Données fournies à titre indicatif, sans valeur contractuelle et ne constituant ni une promesse ni une garantie

Même effort mensuel, mais dix ans de moins. Résultat : un capital diminué de moitié. La différence ne vient pas de ce que vous faites, elle vient du temps que vous donnez à votre argent pour travailler. Et chaque année perdue ne se rattrape pas en versant plus ensuite. 

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Ce type d'investissement est exposé aux marchés financiers, avec les fluctuations que cela implique : une perte en capital est possible, surtout sur les horizons courts.

L'erreur que vous vous autorisez sans la nommer

Il y a un mot pour ce que vous faites en attendant. Richard Thaler, Prix Nobel d'économie 2017, l'appelle l'inertie comportementale : on sait qu'il faudrait agir, on ne le fait pas, et on trouve des raisons qui semblent bonnes sur le moment.

"Je commencerai quand j'aurai fini de rembourser le crédit." Ou : "Je mettrai 500 € par mois plutôt que 200 €, mais dans deux ans." 

Ces formules ne sont pas irrationnelles. Elles sont auto-validantes : les deux ans passent, les conditions changent un peu, et la décision reste devant vous, toujours reportée à plus tard.

L'autre piège est le "tout ou rien". On croit que 200 € par mois c'est trop peu pour que ça compte. Les chiffres ci-dessus montrent le contraire. Ce qui compte d'abord, ce n'est pas le montant. C'est que le compteur tourne : fiscal pour certaines enveloppes, comportemental pour l'habitude d'épargner.

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PER, assurance-vie, PEA : quelle enveloppe ouvrir en premier ?

À 35 ans, avec 200 à 500 € par mois disponibles, trois enveloppes s'offrent à vous. Elles ne s'excluent pas, mais votre situation fiscale décide laquelle ouvrir en premier.

Le PER, pour défiscaliser 

C'est souvent la première enveloppe à ouvrir si vous êtes dans la tranche à 30 % ou plus. Les versements sont déductibles de vos revenus imposables : pour quelqu'un à 30 % de TMI, 2 400 € versés sur un PER génèrent 720 € d'économie d'impôt dans l'année. Dans ce cas, si vous versez 200 € par mois, l'État contribue en quelque sorte 60 € tous les mois. C'est un rendement immédiat que les marchés ne garantissent pas. 

Il existe toutefois une contrepartie importante à cet avantage fiscal : les fonds sont bloqués jusqu'à la retraite, sauf exceptions limitées (achat de résidence principale, invalidité, décès du conjoint). C'est un engagement long terme. Mais pour construire un capital retraite, c'est précisément ce que vous cherchez. Et, une fois à la retraite, les sommes ayant servi à défiscaliser s’ajouteront à vos revenus imposables.

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L'assurance-vie, pour plus de souplesse

Les fonds restent disponibles à tout moment. La fiscalité s'améliore après 8 ans (abattement de 4 600 € par an sur les gains, puis taux réduit à 7,5 %, auxquels s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux). Elle fonctionne aussi bien comme enveloppe de long terme que comme complément plus liquide, puisqu’elle reste disponible à tout moment, sans attendre la retraite. Son point faible pour l'épargne retraite : pas de déductibilité fiscale à l'entrée.

Le PEA, si vous acceptez la volatilité

Le PEA (Plan d’Epargne en Actions) est si votre horizon dépasse 5 ans et que vous êtes à l'aise avec une exposition 100 % actions. Après 5 ans, vos gains échappent à l'impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux à 18,6 % s'appliquent. Son plafond de versements large (150 000 €) vous laisse largement le temps de l’exploiter jusqu’à votre retraite si vous avez 35 ans.

Le PER n'est pas toujours le meilleur point de départ

La plupart des articles sur la préparation de la retraite ne le disent pas franchement. Voici pourquoi c'est important pour vous.

L'avantage fiscal du PER repose sur la déductibilité. Si votre tranche marginale est faible aujourd'hui, vous déduisez peu, mais vous paierez des impôts à la sortie au taux qui s'appliquera à votre retraite. Dans certains cas, l'avantage s'efface, voire, dans de rares cas, s'inverse.

La règle pratique : si vous êtes à 30 % de TMI ou plus maintenant, et que vous anticipez une tranche plus basse à la retraite, le PER vous avantage clairement. 

Si vous êtes à 11 %, l'assurance-vie ou le PEA sont souvent plus adaptés, parce que vos gains en sortiront moins taxés.

Regardez donc votre dernier avis d'imposition. Cette réponse oriente presque tout le reste.

Combien mettre de côté : évitez la formule magique

Il n’existe pas de formule magique, mais un cadre aide : viser un pourcentage de votre revenu net plutôt qu'une somme fixe. 

Les recommandations courantes oscillent entre 10 et 15 % pour une retraite confortable. À 35 ans, l'enjeu n'est pas d'atteindre ce niveau dès le premier mois, il est simplement de commencer.

Verser 200 € par mois sur 3 500 € nets, c'est un taux d’épargne de 5,7 %. Ce ne sera pas forcément suffisant sur trente ans si vous ne faites rien d'autre, mais c’est le démarrage qui compte… vous pourrez toujours augmenter et ajuster par la suite.

Dans tous les cas, pensez au versement programmé !Un virement programmé le 5 du mois ne vous fait pas intervenir dans la décision, il enlève la friction, et l’inaction est souvent ce qui vous coûte le plus cher.

L'automatisation fait une différence concrète ici. Le programme "Save More Tomorrow" de Thaler et Benartzi a montré qu'un virement automatisé le jour du salaire multiplie par trois le taux d'adhésion à l'épargne retraite.

Par où commencer concrètement pour préparer sa retraite à 35 ans

Vous n'avez pas besoin de tout décider aujourd'hui. 

Voici trois étapes à suivre dans l'ordre pour préparer votre retraite .

Étape 1 : Regardez votre tranche marginale d'imposition sur votre dernier avis. Cette réponse oriente le choix de la première enveloppe : PER si vous êtes à 30 % ou plus, assurance-vie ou PEA si vous êtes en dessous.

Étape 2 : Ouvrez l’enveloppe avec un premier versement du minimum requis. Pour un PER Yomoni ou une assurance-vie Yomoni, c'est 1 000 €. Pour un PEA, 5 000 €. L'objectif n'est pas d'investir beaucoup tout de suite, c'est de figer la date d’ouverture pour faire démarrer le compteur des années et obtenir les avantages fiscaux plus tôt.

Étape 3 : Programmez un virement mensuel, même 100 €. Vous l'ajusterez au fil du temps. 

Dans cinq ans, réévaluez la répartition selon votre situation du moment. La stratégie n'a pas à être parfaite au départ, elle doit juste exister et démarrer, car ce que vous ne pourrez pas faire dans le futur, c'est récupérer les années où le compteur n'a pas tourné.


Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les chiffres illustratifs dans cet article sont basés sur des hypothèses de rendement qui ne constituent pas une promesse ou une garantie. Cet article est à caractère général et informatif ; il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Investir comporte un risque de perte en capital.

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CONTRIBUTEUR EXTERNE. Nicolas a passé 15 ans dans la gestion d'actifs et la finance d'entreprise. Il aime partager son expertise de façon pédagogique.

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Les supports d'investissement présentent un risque de perte en capital.

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