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Une vague bleue qui donne le blues?

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Une vague bleue qui donne le blues?

Mercredi, Wall Street saluait la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat. Jeudi, le S&P 500 reculait de 4,36 % et l’indice américain des semi-conducteurs chutait de 12,25 %, sa plus forte baisse depuis mars 2020. Comment expliquer un tel retournement en vingt-quatre heures ? Et quelles en sont les conséquences pour votre épargne ?

Sur la séance du jeudi 5 novembre, notre profil équilibré P6 a reculé d’environ 1 % et reste en hausse de 3,5 % depuis le début de l’année.

Notre profil le plus dynamique a reculé de 2,4 % sur la journée et conserve, depuis le début de l’année, une progression de 10,75 %, nette de tous frais.

Pourquoi les marchés ont-ils baissé ?


Pour comprendre la séance de jeudi, il faut revenir à celle de mercredi. Les démocrates avaient remporté une majorité à la Chambre des représentants comme au Sénat. L’ampleur de leur victoire avait rapidement dissipé l’incertitude sur l’issue du scrutin. Le S&P 500 avait alors gagné 1,58 %. Pourtant, dès cette première séance, l’indice des semi-conducteurs reculait déjà de 3,13 %. Derrière la hausse du marché américain, une inquiétude se dessinait sur les infrastructures nécessaires au développement de l’intelligence artificielle.

Le Texas en offre l’exemple le plus concret. Pendant sa campagne, la gouverneure nouvellement élue, Gina Hinojosa, s’était engagée à suspendre les nouvelles autorisations de centres de données en attendant que les élus de l’État adoptent des garanties pour les habitants, notamment sur le coût de l’électricité et l’utilisation de l’eau. Le gouverneur républicain sortant avait lui-même déjà gelé certains permis environnementaux et raccordements au réseau électrique. Pour les entreprises concernées, l’élection augmente donc le risque que cette pause se prolonge ou s’étende.

Jeudi, nous n’avons identifié aucune nouvelle décision politique qui expliquerait, à elle seule, l’ampleur de la baisse. Les inquiétudes sur les futurs chantiers ont toutefois gagné un secteur déjà fragilisé par les interrogations sur la rentabilité des investissements dans l’IA. La publication de Qualcomm mercredi soir a également pesé sur les semi-conducteurs. Ses ventes de puces pour smartphones ont déçu, alors même que l’entreprise confirmait son objectif de revenus dans les centres de données pour 2027.

Les écarts de performance donnent un indice sur ce que les investisseurs ont cherché à réduire jeudi. Micron, spécialiste de la mémoire, et AMD, fabricant de processeurs, ont tous deux perdu plus de 17 %, davantage que Vertiv (−14 %), pourtant directement exposé à la construction des centres de données. À l’inverse, Amazon et Microsoft, qui financent une grande partie de ces chantiers, ont mieux résisté que le marché américain.

Notre lecture est que les investisseurs ont surtout réduit leur exposition aux valeurs les plus sensibles à l’enthousiasme autour de l’IA, celles que l’on dit « à fort bêta ». Ces titres peuvent amplifier la hausse lorsque les perspectives s’améliorent, mais aussi la baisse lorsque la confiance se fragilise.

La séance de jeudi nous paraît donc davantage traduire une réduction du risque, probablement accompagnée de prises de bénéfices, qu’une conviction forte que ces élections vont radicalement changer les perspectives de l’intelligence artificielle.

La question est désormais de savoir si l’essentiel de la correction a déjà eu lieu ou si nous assistons au début d’un ajustement plus profond, voire d’un retournement de marché. Le pire nous paraît loin d’être certain à ce stade.

Qu’est-ce que cela change pour l’IA ?


Pour mesurer les conséquences d’un éventuel durcissement, une première question se pose. Où en sont les investissements ? Un centre déjà construit et raccordé peut prendre de la valeur si les capacités disponibles se raréfient. Un projet encore en attente d’autorisation peut, lui, être retardé. Pour son fournisseur, cela peut décaler une commande de puces ou d’équipements. Pour l’entreprise qui finance le projet, cela peut à la fois préserver de la trésorerie à court terme et repousser les revenus qu’elle espérait en tirer.

À l’échelle américaine, deux objectifs vont continuer de peser dans le débat.

Les élus locaux veulent protéger les ressources en eau et maîtriser la facture d’électricité de leurs administrés.

Mais à Washington, démocrates et républicains partagent largement l’objectif de préserver l’avance technologique américaine face à la Chine, même s’ils divergent sur les moyens.

Pour les investisseurs, la portée des mesures dépendra donc des règles adoptées dans chaque État et des projets auxquels elles s’appliqueront.

Comment sommes-nous positionnés ?

Au sein de la poche actions de nos portefeuilles, nous privilégions actuellement les États-Unis par rapport à l’Europe. Nous n’avons pas de pari tactique supplémentaire sur les valeurs technologiques. Dans les profils qui le permettent, nous surpondérons en revanche le secteur de l’énergie afin de protéger partiellement les portefeuilles contre les conséquences d’une éventuelle aggravation du conflit en Iran.

Dans les prochaines heures et jours, nous suivrons avec attention la situation. Si des signes montrent que toutes les difficultés ne sont pas encore anticipées par le marché, nous pourrons ajuster la place de la technologie dans nos portefeuilles. Si la dégradation touche plus largement l’économie, nous pourrons aussi réduire la part des actions dans nos profils diversifiés.

Nous vous tiendrons évidemment informés de l’évolution de notre analyse et de nos décisions.

Aujourd’hui, nous suivrons particulièrement l’évolution des marchés mais également les chiffres de l’emploi américain pour le mois d’octobre, attendus à 14 h 30, heure de Paris. Les créations d’emplois, le taux de chômage et l’évolution des salaires permettront de mieux apprécier la vigueur de l’économie américaine et pourraient faire évoluer les anticipations sur les prochaines décisions de la Réserve fédérale.

Le mardi 17 novembre, Nvidia, valeur emblématique de l’essor de l’IA, publiera ses résultats trimestriels après la clôture de Wall Street. Au-delà des ventes du trimestre écoulé, nous écouterons surtout ce que sa direction dira des commandes à venir et du calendrier de livraison de ses puces. Ce sera une occasion de voir si les inquiétudes des investisseurs se traduisent déjà dans les projections de l’entreprise.

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